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Belmokhtar et al-Qaida luttent pour capter l’attention
Publié le samedi 10 aout 2013  |  Magharebia


© Autre presse par DR
Le chef islmaiste Mokhtar Belmokhtar


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Après que l'intervention sous commandement africain ait chassé al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) du Nord-Mali, les militants extrémistes qui cherchent à semer le chaos au Sahel disposent de moins en moins de moyens.

Les militants au Mali ont été soit tués soit dispersés, et se sont enfuis vers l'Algérie, la Tunisie et la Libye. AQMI doit aujourd'hui affronter la concurrence de groupes dissidents tels que la "Brigade des Signataires par le sang" de Mokhtar Belmokhtar pour bénéficier de l'argent des rançons, de nouvelles recrues et de l'attention des médias.

La plupart des observateurs s'accordent à dire que l'organisation terroriste régionale, qui a causé de fortes préoccupations sécuritaires en Afrique du Nord ces dix dernières années, ne bénéficie plus aujourd'hui de la forte attention que lui portaient les médias.

Selon l'analyste Abou Bakr Othman, la débâcle malienne a fortement affaibli la coordination et la communication entre les éléments radicaux. Les récentes opérations lancées en Algérie et au Niger n'ont pas été le résultat d'une coordination soignée par les terroristes, explique-t-il, mais plutôt des tentatives désespérées pour montrer qu'ils existent encore.

Le groupe dissident de Belmokhtar a revendiqué l'évasion d'une prison nigérienne en juin, ainsi qu'un double attentat à la bombe qui a coûté la vie à au moins vingt Nigériens en mai dernier.

Avant ces attaques au Niger, Mokhtar Belmokhtar avait orchestré le siège du complexe de gaz naturel d'In Amenas en Algérie, tuant des dizaines de civils.

Mais il est toutefois improbable que des attaques d'une telle ampleur puissent se reproduire, "parce que leurs auteurs ont épuisé leur énergie lors de telles opérations", a estimé Othman.

D'autres experts reconnaissent que la capacité de Belmokhtar (alias Khaled Abou El Abbas ou Laaouar) à mener de nouvelles attaques s'affaiblit.

Ce militant de longue date, qui a laissé derrière lui une longue traînée de sang allant d'Afghanistan à son Algérie natale, a perdu un important soutien lorsqu'il a décidé de quitter AQMI il y a plusieurs mois. Il n'est plus en mesure de recevoir l'argent de rançons après l'échec de ses tentatives d'obtenir des fonds en échange de l'évacuation d'In Amenas.

Ce fut un rude coup porté à un homme habitué à recevoir de l'argent des trafiquants et de certains pays en échange de la libération de leurs otages, explique l'analyste Amakenass Ag Akal.

"Où son groupe va-t-il maintenant se procurer l'argent pour acheter des armes et recruter des partisans après avoir été confronté à la force qu'il avait l'habitude d'utiliser pour obtenir de l'argent ?", s'interroge-t-il.

Elhoussein Ould Gengine, expert en droit, a expliqué qu'il s'attendait au départ à voir les activités d'al-Qaida s'étendre dans la région au lendemain de l'intervention au Mali.

"Mais la guerre au Mali a changé la donne. Les activités d'al-Qaida ont été affaiblies, les Maliens ont en partie réussi à calmer les choses, et ils ont pu organiser des élections en dépit d'enjeux considérables", a expliqué ce spécialiste à Magharebia.

"De plus, la participation de certains Azaouadis à ces élections a pratiquement été un renoncement à leur soutien à al-Qaida au Sahel, et a affaibli l'organisation dans cette sous-région. Elle a également suscité des interrogations sur le point de savoir si al-Qaida dispose encore de quelconques soutiens", a ajouté Ould Gengine.

Pour le Dr Ahmed Mouloud Ould Eyda, professeur d'histoire à l'université de Nouakchott, al-Qaida a bien été affaiblie par la guerre au Mali. Cependant, met-il en garde, l'organisation n'en a pas pour autant été éliminée une fois pour toutes.

"Ses cellules sont disséminées et lorsque les circonstances le permettront, elles referont surface et réorganiseront leurs rangs en vue d'une confrontation sur un nouveau front ou un ancien", explique-t-il.

"Je crois que le danger tient à l'idéologie extrémiste, qui gagne de nouveaux partisans jour après jour, et que cela constitue une menace majeure pour nous tous", ajoute-t-il.

Mais quand bien même al-Qaida dispose-t-elle encore de cellules dormantes, ajoute ce professeur, la possibilité qu'elle frappe est faible par suite d'un manque de financement et de conflits internes entre les différentes branches.

"Quant à l'argent des rançons, c'est sans aucun doute l'un des aspects des rivalités internes entre les branches de l'organisation, dans la mesure où il constitue une importante source de revenu", ajoute-t-il. "Tout le monde sait que la prudence sécuritaire exercée par les Européens et la guerre au Mali ont asséché cette importante source de financement."

Tant que cette idéologie extrémiste persistera, elle sera inévitablement mise à profit pour influer sur l'équilibre des pouvoirs dans un avenir proche, explique le Dr Bakary Samba, directeur de l'Observatoire de l'extrémisme et des conflits religieux à l'Université Gaston Berger du Sénégal.

"Je ne connais pas la force réelle d'al-Qaida. Mais il est clair qu'après qu'elle ait été frappée, des divisions internes sont apparues", a-t-il expliqué à Magharebia. "Je crois qu'il existe des cellules dormantes, et que cette idéologie a survécu. Il convient par conséquent de rester prudent, parce qu'al-Qaida accorde toujours une grande attention à l'équilibre des pouvoirs pour atteindre ses objectifs."

"Nous sommes donc face à un grand paradoxe : pendant que nous parlons de l'élimination d'al-Qaida, nous assistons à des mouvements de la part de groupes proches de l'organisation en termes d'idéologie, et nous voyons des responsables politiques traiter avec eux", conclut-il. "Cela me pousse à conclure que si al-Qaida est morte militairement parlant, ellle est encore vivante moralement, et cela s'applique aussi en grande partie à Laaouar."

Les chiffres actuels montrent que le déclin d'AQMI n'est pas une exception au sein de la nébuleuse al-Qaidienne mondiale. L'organisation-mère enAfghanistan et les autres branches se sont vu porter des coups sévères, ce qui a affaibli le moral des autres affiliés.

Après la mort d'Oussama ben Laden au Pakistan, d'Anwar al-Awlaki au Yémenet d'Abdelhamid Abou Zeid au Mali, ce fut le mois dernier au tour du SaoudienSaid al-Sehri, commandant en second d'al-Qaida dans la Péninsule arabique(AQPA).

AQPA a confirmé le 17 juillet la mort d'al-Sehri lors d'une frappe aérienne au Yémen.

Le journaliste mauritanien Abdallah Ould al-Salek a expliqué que si al-Sehri a bien été tué, ce sera maintenant au tour des autres leaders d'AQMI si les pays où ils se déplacent, comme le Niger, le Mali ou la Libye, sont en mesure d'assurer une coordination renforcée et à grande échelle.

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