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Portrait-Mali-IBK : un cacique de la politique en passe d’être élu
Publié le mardi 13 aout 2013  |  Reuters


© aBamako.com par A S
Présidentielles 2013 : Le candidat IBK en campagne à Sikasso Niana Koumatou et Bougouni
Jeudi 18 juillet 2013


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Assuré de devenir le nouveau président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, alias "IBK", n'a pas failli à son statut de favori du scrutin. Il va devoir à présent s'atteler à sa promesse de "construire un nouveau Mali et lui donner un nouveau destin".
C'est à ce "poids lourd" de la politique malienne, âgé de 68 ans, que revient en effet la tâche de refermer la crise ouverte par le coup d'Etat militaire de mars 2012 contre Amadou Toumani Touré qui a eu pour effet de favoriser l'implantation des groupes islamistes armés dans la partie nord du pays.
Leur progression vers Bamako et le Sud malien n'a été stoppée qu'à la faveur de l'intervention des forces françaises de l'opération Serval déclenchée au début de l'année.
"IBK", qui a détenu plusieurs portefeuilles au sein de précédents gouvernements et occupé le poste de Premier ministre de 1994 à 2000, va devoir aussi négocier avec le mouvement touareg de l'Azawad, lutter contre la corruption et reconstruire un pays affaibli par la crise et par la guerre.
Pour ce faire, il pourra compter sur l'aide internationale: plus de trois milliards d'euros ont été promis par les partenaires de Bamako.
L'attitude de son rival est aussi un atout. Sans attendre la publication des résultats officiels, Soumaïla Cissé, qui avait pourtant dénoncé des fraudes électorales, a en effet reconnu sa défaite dès lundi soir et écarté de fait le risque d'un affaiblissement de la légitimité et de l'autorité du nouveau président.
Lors de sa campagne, Ibrahim Boubacar Keïta a promis de restaurer l'honneur et la dignité du Mali et a joué la fibre nationaliste, un message qui a trouvé un écho dans un pays contraint de faire appel à l'ancienne puissance coloniale pour déloger les islamistes armés.
La réputation de fermeté que le chef du Rassemblement pour le Mali (RPM) s'est taillé en tenant tête aux syndicats et aux étudiants lorsqu'il dirigeait le gouvernement a sans doute aussi joué en sa faveur, de nombreux Maliens jugeant cette qualité nécessaire pour rétablir l'état de droit dans le pays et endiguer la corruption, contre laquelle "IBK" a promis de mener une politique de "tolérance zéro".
Originaire du sud, où vivent 90% des 16 millions de Maliens, Ibrahim Boubacar Keïta a mené campagne vêtu le plus souvent d'une djellaba islamique blanche et a courtisé les religieux musulmans modérés. Lui qui s'était abstenu de critiquer ouvertement les putschistes du capitaine Amadou Sanogo au printemps 2012 a aussi gagné le soutien tacite de l'armée.
Une stratégie qui a payé, lui permettant de frôler les 40% de voix au premier tour, le 28 juillet dernier et de rallier les soutiens de 22 des 25 candidats éliminés au premier tour.
"JE N'ATTENDRAI PAS DEUX MOIS"
Né à Koutiala, dans le sud du Mali, issu du peuple bambara, l'ethnie majoritaire, Ibrahim Boubacar Keïta a étudié les sciences politiques et les relations internationales à l'université de la Sorbonne, à Paris.
Après avoir enseigné et travaillé pour des ONG en France, il rentre au Mali en 1986, rejoignant le mouvement démocratique clandestin en lutte contre la dictature de Moussa Traoré.
Membre fondateur de l'Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), son amitié avec Alpha Oumar Konaré, élu à la présidence après le renversement de Traoré en 1991, lui vaut de progresser rapidement dans la hiérarchie du pouvoir.
Ambassadeur en Côte d'Ivoire puis ministre des Affaires étrangères, il est finalement nommé Premier ministre, fonction qu'il assume de 1994 à 2000.
Il rompt alors avec l'Adema et forme son propre parti, mais échoue lors de l'élection présidentielle de 2002 qui porte Amadou Toumani Touré au pouvoir. En 2007, il est de nouveau battu par à "ATT" mais, avec 19% des voix, devient le premier de ses opposants.
Celui qui a aussi présidé l'Assemblée nationale pendant cinq ans s'élève contre l'accord de paix conclu en 2006 avec les séparatistes touaregs qui aboutit notamment à une démilitarisation partielle du Nord. Cet accord, affirment aujourd'hui ses détracteurs, a été l'un des facteurs de la crise actuelle.
"IBK" devra pourtant négocier une paix durable avec les séparatistes touaregs, aux termes du cessez-le-feu conclu en juin qui oblige le nouvel exécutif à ouvrir des discussions politiques dans les 60 jours suivant sa prise de fonctions.
"Je n'attendrai pas deux mois pour nous réconcilier avec le nord", a-t-il promis dimanche alors qu'il venait de voter.

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