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Siège de Farabougou par les djihadistes : les maliens entre colère et indignation
Publié le jeudi 22 octobre 2020  |  Le Canard Déchaîné
Prestation
© aBamako.com par AS
Prestation de serment du président et du vice président de la  transition 
Bamako, le 25 septembre 2020  le président et du vice président de la  transition  ont prêté serment au centre internationale de la conférence de Bamako 
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En acceptant que les putschistes du 18 août dernier dernier soient aux postes clés de la transition, les Maliens espéraient voir les choses changer sur les questions de défense et de sécurité.
Mais les attaques, perpétrées la semaine dernière à Bankass, et l’embargo imposé, plusieurs jours durant, par les terroristes sur les populations de Sokoura, en les privant de nourriture et d’eau, suscitent colère et indignation au sein de l’opinion publique.




Revendiquées, par le GSIM (Goupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans) d’Iyad Ag Ghali, les attaques perpétrées dans les régions de Mopti et de Ségou, ont fait des morts et des blessés.
Si, celles de Bandiagara-Bankass et de Sokoura du mardi 13 octobre, ont causé, officiellement, 11 morts du côté des forces armées et de sécurité et 12, côté civils, le siège du village de Farabougou, par les terroristes, qui ont privé, des jours durant, les populations d’eau et de nourriture, passe mal au sein de l’opinion publique nationale.

Une tragédie humaine, sans explication

Situé à 75 km de Niono, dans la région de Ségou, donc à moins de 300 km de la capitale, le village de Farabougou a fait l’objet d’une première attaque, qui s’est soldée par des morts et des enlèvements. Suite à la protestation des populations, les djihadistes décident de les punir en imposant un embargo aux villageois. Rien ne rentre, rien ne sort. Résultat : des vieillards, femmes et enfants sont morts de faim et de soif.
Comment une poignée de djihadistes à motos peuvent-ils se tailler le luxe de condamner à la diète noire tout un village, avec des morts à la clé, sans que nos « colonels au pouvoir » daignent les en déloger ?
Où sont dons passés nos hélicoptères de combat ?
Comment expliquer un tel drame, avec la présence au sein du gouvernement de transition d’un vice-président chargé, spécifiquement, des questions de défense et de sécurité ?
Autant de questions, sans réponses. Du moins, pour l’instant. Pire, les renforts dépêchés sur le terrain sont tombés, eux-aussi, dans une embuscade, faisant àson tour des morts et des blessés.
Au sein de l’opinion publique, la colère gronde.
Partis politiques, associations de la société civile, religieux… n’entendent plus se taire face à ces tragédies d’une autre époque.

Les populations sceptiques

« Même sous IBK, qui ignore tout des questions militaires, on n’a jamais enregistré pareilles choses », protestent-ils.
L’ex-Premier ministre et non moins leader du parti Fare Ankawili, hausse le ton.
« Aujourd’hui, nous pouvons dire que les Maliens doivent ressentir, déjà, les manœuvres des nouvelles autorités sur les questions de défense et de sécurité, vu l’urgence du moment…. C’est le moment ou jamais pour le colonel Assimi Goïta de montrer au monde de quoi il est capable, même si bon nombre de personnes restent, encore, sceptiques ».
Si rien n’est fait pour inverser cette tendance, les prochaines semaines risquent d’être difficiles pour les autorités de la transition. Qui perdent, chaque jour davantage, la confiance des populations.

Oumar Babi

Canard Dechaine
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