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Nominations dans l’armée : Le généreux et les généraux
Publié le lundi 19 aout 2013  |  Le Prétoire


© aBamako.com par A S
Cérémonie de réconciliation au sein de l’Armée
Bamako, le 26 juin 2013 à Koulouba. Lors de la cérémonie de réconciliation entre bérets rouges et bérets verts, le président de la République a annoncé la libération sans délai de toutes les personnes détenues dans le cadre de ce contentieux


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De nouvelles récompenses pour les putschistes du 22 mars 2012, le président par intérim Dioncounda Traoré ne perd pas une seule occasion de plaire à ceux dont les adeptes l’ont tabassé jusque dans son palais. Prime à l’impunité ou cadeau empoisonné à son successeur ?
Le mercredi dernier, le président de la République par intérim a pris une décision qui fera encore longtemps jaser et gloser. Dioncounda Traoré n’a rien trouvé de mieux que de donner du grade au capitaine Amadou Haya Sanogo et au colonel Moussa Sinko Coulibaly. Ces deux hommes ont été ainsi récompensés pour services rendus à la Nation. Pour la compréhension du citoyen lambda, il convient de rappeler ces hauts faits d’armes qui ont valu à ses hommes de mériter le grade de général.

Chef de la junte militaire de mars 2012, le capitaine Amadou Haya Sanogo, officier subalterne « sac à dos », et le colonel Moussa Sinko Coulibaly, alors directeur de l’instruction de l’école de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye, sont deux des principaux auteurs du coup d’Etat du 22 mars 2012 qui a débarrassé la démocratie malienne d’un président démocratiquement élu et réélu par le peuple malien. Après ce coup de force, les putschistes se sont rendus coupables de la confiscation du pouvoir, de la suspension de la Constitution, de la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée nationale. Le processus démocratique était compromis. Il a fallu la mobilisation de la communauté internationale et d’une partie de la communauté nationale pour leur faire entendre raison, et les faire renoncer à l’exercice flagrant du pouvoir. Mais entre temps, le mal était fait car, profitant de la rupture de la chaine de commandement militaire, des groupes armés rebelles, terroristes et jihadistes avaient occupé le nord du pays, consacrant de fait la partition du territoire national.

Cette occupation de leur nord n’a pourtant pas donné l’envie aux militaires d’aller se battre au front. Au contraire, c’est le sud, notamment Bamako, qu’ils ont choisi pour leur démonstration de force. Des personnalités politiques et économiques sont enlevées et séquestrées à Kati, QG des putschistes, des journalistes sont enlevés et passés à tabac, souvent laissés pour morts, par des individus lourdement armés et encagoulés, le président déchu a dû s’exiler à l’étranger, la Constitution, soi-disant rétablie, a été constamment violée pour permettre de nouvelles institutions comme une présidence de la République par intérim, un gouvernement de transition ou une Assemblée nationale prolongée. Le summum a été atteint lorsque le président par intérim a été agressé jusque dans son palais par une foule déchainée et en colère, une foule dont les idoles étaient justement le capitaine Amadou Haya Sanogo et le colonel Moussa Sinko Coulibaly.

Après avoir tout tenté en vain pour confisquer le pouvoir, les putschistes se sont vus imposer un nouveau processus démocratique dans lequel leurs chefs auront un rôle à jouer, soit en qualité de membres du gouvernement soit en qualité de président de la commission réformatrice des forces de défense et de sécurité. C’est sans doute la raison pour laquelle ils ont continué à bouder le nord du pays. Même lorsque le sud a été menacé d’envahissement jihadiste, ce sont des forces étrangères qui ont dû intervenir. Encore aujourd’hui, la majeure partie des forces armées opérant au Mali sont constituées de forces étrangères réunies sous la bannière de la Minusma avec comme force de frappe les troupes françaises de l’opération Serval.

Pour récompenser donc les putschistes d’avoir ouvert au Mali les portes du chaos, pour remercier la terreur de Kati de lui avoir fait goûter à la plus grande correction de sa vie, Dioncounda Traoré a donc décidé d’élever en grade certains d’entre eux. Interpellé à Ouagadougou, le président de la République par intérim a dit que ce sont des militaires maliens et qu’à ce titre et en raison de tous leurs faits d’armes, ils méritent bien de monter en grade. Le président a oublié de préciser que Moussa Sinko Coulibaly pouvait passer de colonel à général sans problème, c’est le passage normal. Mais à ce monsieur, le Malien lambda demande de n’être que simple ministre. Il lui reste encore à organiser les prochaines législatives (sans doute en décembre) et communales (en 2013) parce que si Dioncounda Traoré, qui a été tabassé par les adeptes et affidés du désormais ex-colonel, n’a pas pu le sortir du gouvernement, ce n’est certainement pas Ibrahim Boubacar Kéita qui le fera, lui que les mauvaises langues affirment avoir été aidé par la junte.

Concernant Amadou Haya Sanogo, sa nomination a été un saut spectaculaire puisque, de simple capitaine il passe directement à général, brûlant plusieurs étapes. Désormais, la terreur de Kati peut ne plus se contenter de la simple planète Mali puisqu’il s’est vu confier le commandement de quatre étoiles. A quelles distances de la terre se trouvent ces astres, quelles sont leur nature, composition et ascendance ? Quel est leur rôle exact dans l’équilibre du système solaire malien ?

Pour répondre à ces questions, le navigateur interplanétaire Cheick Modibo Diarra est appelé au secours, immédiatement, afin qu’il sorte les Maliens de ce nouveau trou noir concocté par Dioncounda et compagnie, et qu’il les guide vers le cosmos de la raison gardée, si chère à Ibrahim Boubacar Kéita à qui on vient d’offrir un véritable cadeau empoisonné.
Cheick TANDINA

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