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L’Indépendant N° 3327 du 26/8/2013

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Amadou Haya Sanogo à propos de sa promotion au grade de général : "Ce n’est pas le capitaine qui s’est attribué le grade de général comme certains l’ont fait"
Publié le lundi 26 aout 2013  |  L’Indépendant


© AFP
Amadou Sanogo


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C'est en grande pompe que la région de Ségou a célébré la promotion du Capitaine Amadou Haya Sanogo au grade de Général de corps d'armée. Organisée par les opérateurs économiques de Ségou, sous la houlette de Ibrahima Doucouré, Président directeur général de la Société Faso Jigi et vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie de Segou, la cérémonie qui s'est déroulée au stade municipal de la Cité des Balanzans, a enregistré la présence de plusieurs personnalités politiques, militaires, administratives et religieuses.

Au nombre de celles-ci, on peut retenir les ministres Abdoul Karim Konaté (Economie et Finances), Général Yamoussa Camara (Défense et anciens combattants), Colonel Koumaré (Equipement et infrastructures), Manga Dembélé (Communication), Me Mountaga Tall (Président du CNID-FYT), Djibril Tall (PDES) etc. A la fin de la cérémonie, le Général Amadou Haya Sanogo a accepté de répondre aux questions de L'Indépendant

L'Indépendant : Mon Général, on vous a vu en famille très décontracté, quels sentiments vous animent de voir votre promotion de Général célébrée par vos proches, vos amis et connaissances dans votre région natale, Ségou?

Amadou Haya Sanogo : Je vous remercie d'abord d'être venu, cet après midi. Effectivement, je suis comblé de joie. L'Etat malien m'a donné une promotion à travers son Excellence le président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré. Au delà de ça, la fête de Ségou aujourd'hui est grandiose pour moi, grandiose parce qu'à Ségou j'ai vécu, à Ségou je vis et à Ségou je vivrai. C'est une promotion pour toute l'armée. A Kati, la fête s'est tenue à l'initiative du commandant de la région militaire et si aujourd'hui, c'est toute une ville et beaucoup d'autres chefs-lieux de cercles qui se réunissent pour honorer mon humble personne, cela ne peut que me réjouir davantage. Je suis également heureux pour un aspect car lorsqu'on posait l'acte du 22 mars, on nous avait jugé d'assoiffés de pouvoir, de militaires venus de nulle part et qui veulent s'approprier de l'Etat, des institutions et des biens publics. Mais à cette période, nous avions dit que nous ne sommes pas venus pour cela.

Que les Maliens le savent ou pas, qu'ils s'en rendent compte ou pas, vous saviez très bien comme moi qu'il n'y avait pas d'Etat et c'est grâce à l'acte du 22 mars que le Mali a connu une élection présidentielle exemplaire, estimée et appréciée. Aujourd'hui, nous sommes à Kidal. Je ne peux réellement me sentir qu'en homme heureux. Voilà, le sentiment qui m'anime aujourd'hui.

Votre promotion a fait couler beaucoup d'encre, certains estiment que vous avez sauté des grades. D'autres vous assimilent même à un élève de 6ème année qui passe au Bac. Que répondez-vous à cela ?

Je sais que Dieu ne fait pas l'unanimité mais l'histoire retiendra qu'un homme et ses camarades ont en un moment donné mis un terme à la débâcle, au désordre et à la déliquescence de l'Etat.

Si l'Etat malien aujourd'hui à travers le président de la République a tenu à saluer cette action, on ne saurait le leur reprocher. Ce n'est pas le capitaine qui s'est attribué le grade comme certains l'ont fait. Je ne peux que me réjouir. Encore une fois, Dieu ne fait pas l'unanimité.

Le Mali vient de tourner une page de son histoire dans laquelle l'armée a pris une part active avec l'élection d'un nouveau président de la République. Quelle lecture faites-vous de cette élection ?

Le nouveau président de la République a été élu démocratiquement. Je l'ai dit dans d'autres circonstances et je le dirai encore, le Mali a connu des élections exemplaires au moment où personne ne s'y attendait.

C'est comme en matière de course de chevaux, on dira que c'est le gros outsider qui est arrivé en tête. Mais c'est un gros outsider qui est serein, républicain, mature et rassembleur que ce général n'a pas choisi, c'est le peuple malien qui l'a choisi lors d'une élection avec un taux de participation jamais égalé. J'en profite pour demander à l'ensemble du peuple malien, c'est une prière, à l'ensemble des forces armées et de sécurité de s'unir comme un seul homme pour soutenir le nouveau Président. Il en a besoin, le Mali en a besoin car on vient de loin.

Général Sanogo, d'aucuns vous accusent d'être très actif et de tirer toujours les ficelles du pouvoir, maintenant que le nouveau Président est élu, quels seront vos rapports avec lui ?
Je suis un soldat républicain, je n'ai pas de relation avec le nouveau pouvoir. Au contraire, en tant que soldat de ce pays, on se soumet au nouveau pouvoir. On se soumet comme tout autre soldat. Si le nouveau président de la République démocratiquement élu juge nécessaire de me mettre où que ce soit pour être encore utile à mon pays, je le ferais avec honneur et fidélité. S'il ne le juge pas nécessaire, je reste chez moi ou j'irai au champ en attendant que je sois appelé à d'autres fonctions.

Diakaridia Yossi à Ségou

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