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Info Matin N° 5125 du 16/8/2013

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Gouvernement TATAM : pourquoi les militaires sont-ils restés ?
Publié le jeudi 12 septembre 2013  |  Info Matin


© AFP par HABIBOU KOUYATE
Le président, Ibrahim Boubacar Keita préside le premier conseil des ministres
Lundi 9 septembre 2013. Koulouba Palace à Bamako. le président IBK a présidé son premier conseil des ministres


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Ils sont 3 officiers supérieurs à se mettre au garde-à-vous devant le Premier ministre Oumar LY, alors que le principe démocratique et républicain commande de renvoyer les soldats dans le camp pour « se soumettre à l’autorité civile » comme cela se doit dans un Etat de droit digne de ce nom.
Le colonel Sada SAMAKE, 6è en termes de préséance dans le gouvernement Oumar Tatam LY, est chargé de la Sécurité, un portefeuille ministériel qu’il avait déjà occupé sous le règne du président Alpha Oumar KONARE pendant que le nouveau locataire de Koulouba, Ibrahim Boubacar KEITA alias IBK, était Premier ministre en plus d’être le Roi des Abeilles, l’ADEMA-PASJ, le parti majoritaire à l’époque (1994-2000).
Le ministre de l’Administration territoriale, lui, échoit à Moussa Sinko COULIBALY, fraîchement promu général, même s’il est rétrogradé à la 8è position dans l’équipe Tatam.
Le 3è militaire dans le gouvernement OTL n’est autre que le colonel Abdoulaye KOUMARE, catapulté à la 14è position au ministère de l’Equipement et des transports.
Mais, contrairement au colonel SAMAKE, les deux derniers, à savoir le général Moussa Sinko COULIBALY et le colonel Abdoulaye KOUMARE, étaient membres de l’équipe de transition, sous Cheick Modibo DIARRA (avril 2012 à décembre 2012) comme avec Diango CISSOKO (décembre 2012 à septembre 2013), au même poste respectif.
La fin de la transition et l’élection du nouveau président de la république marquent, à coup sûr, le retour effectif à l’ordre républicain et constitutionnel, synonyme de retour de l’armée dans le camp, loin des projeteurs politiques, et de soumission subséquente de l’autorité militaire à celle civile comme c’est la norme dans toutes les démocraties réelles et non factices.
Aussi, le retour du colonel SAMAKE et le maintien du général COUIBALY et du colonel KOUMARE ont-ils intrigué plus d’un dans l’opinion publique nationale comme internationale.
Mais, comme nécessité, « opportunité fait souvent loi », en tout cas pour ce qui concerne le colonel SAMAKE et le général COULIBALY, au regard de l’agenda politique du président IBK.
« Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens. La vie du Malien vaudra désormais son prix inestimable. Aussi, voudrais-je ici, solennellement, engager tous ceux qui ont mission et vocation à protéger et sauvegarder notre peuple, à s’acquitter très consciencieusement de leurs missions », avait-il balisé dans son discours d’investiture, le 4 septembre 2013, au CICB, c’est-à-dire 24j avant la nomination du Premier ministre Oumar Tatal LY.
Cette profession de foi politique vaut son pesant d’or programmatique dans la balance sécuritaire après le cauchemar vécu par le peuple malien, neuf mois durant, avec l’occupation des 2/3 du territoire par des groupes armés non étatiques qui alliés aux djihadistes et autres trafiquants en tous genres.
« Un pays de gloire, de lumière, d’humanisme fécond au long des siècles, soudain plongé dans les ténèbres d’une nuit, d’une longue nuit noire peuplée des pires cauchemars, voilà ce dont nous émergeons », commentait IBK, à la faveur de son investiture, rendant grâce et louanges à Dieu sans Lequel, est-il convaincu, « aujourd’hui ne serait pas ».
D’autre part, même si la transition a atteint les deux objectifs qui lui avaient été fixés par la communauté nationale et internationale, avec la présence symbolique de l’armée nationale à Kidal et l’élection du nouveau président en la personne de IBK, il n’en demeure pas moins que le processus n’est pas arrivé à son terme à 100% parce que les députés, dont le mandat est fini depuis août 2012, ne sont pas encore remplacés par des élus « en bonne et due forme ».
Donc, ce n’est pas mal indiqué, encore moins superflu, si le général « achève » le travail qu’il a commencé sous la transition et grâce auquel, selon toute vraisemblance, il a même monté en grade puisqu’il était auparavant « colonel ».
En effet, tous les observateurs, nationaux comme internationaux, ont salué la bonne tenue de l’élection présidentiel en dépit de quelques couacs et dysfonctionnements qui ne sont pas de nature, ont-ils insisté, à ne entacher la régularité ni la sincérité des deux scrutins (le 28 juillet pour le 1er tour et le 11 août 2013 pour le 2è).
Mieux, comme le dit l’adage : «On ne change pas une équipe qui gagne ».
Comme quoi, le pays ne pourra renouer à 100% avec les normes démocratiques et républicaines qu’après les législatives initialement fixées à la fin de l’année 2013 même si tout indique cette date sera repoussée pour donner du temps au temps, mais aussi apporter des correctifs aux dysfonctionnements qui ont été signalés dans l’organisation des scrutins évoqués ci-dessus.
Mais, les USA ont été très clairs sur la reprise de leur coopération militaire avec notre pays, dans une déclaration rendue publique, la semaine dernière, pour annoncer la levée de l’embargo contre le Mali après le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 ayant renversé le régime « démocratique » du général ATT pour « incapacité à juguler » la grave crise sécuritaire au Nord du pays.
« Toute éventuelle reprise de l’aide à l’armée malienne accordera la priorité à la réforme du secteur de la sécurité, aux normes professionnelles, à la réaffirmation de l’autorité civile, aux mécanismes de responsabilité et à l’état de droit », énumère le communiqué diffusé à cet effet.
« Nous espérons travailler avec le Président KEITA alors qu’il commence à s’attaquer aux défis les plus pressants du Mali, notamment la réconciliation nationale, la réforme du secteur de la sécurité et le renforcement des institutions démocratiques du Mali », a souligné Marie HARF, porte-parole du département d’Etat, félicitant, a passage, au nom des Etats-Unis d’Amérique, Ibrahim Boubacar KEITA « à l’occasion de son investiture comme président de la République du Mali ».

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD

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