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L’Indicateur Renouveau N° 1577 du 17/9/2013

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MNLA et HCUA ont franchi le rubicon : Que va faire le régime ?
Publié le mardi 17 septembre 2013  |  L’Indicateur Renouveau


© AFP par HABIBOU KOUYATE
Le président, Ibrahim Boubacar Keita préside le premier conseil des ministres
Lundi 9 septembre 2013. Koulouba Palace à Bamako. le président IBK a présidé son premier conseil des ministres


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Pendant la campagne, IBK avait juré que pendant sa présidence, personne ne marchera sur le Mali, sur son honneur. Un serment qu’il va falloir honorer en donnant une punition à la hauteur de la gravité de l’affront fait par les deux mouvements terroristes MNLA et HCUA dont les partisans se sont attaqués dimanche à Kidal à trois ministres de la République dont le véhicule a été caillassé et menacent de passer à l’offensive face à ce qu’ils appellent des actes terroristes de l’armée malienne sur les populations Azawadiennes. 11 jours après sa prise de fonction, le nouveau président est déjà confronté à ses promesses électorales.

Quelle va être la première réaction du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, après avoir appris avec stupeur que le convoi de trois de ses ministres partis dimanche à Kidal a été caillassé par des jeunes manipulés par les bandits armés du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et du Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA) ? Les ministres de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, Cheick Oumar Diarrah, de l’Administration territoriale, Moussa Sinko Coulibaly, et de la Sécurité, Sada Samaké étaient arrivés dimanche matin pour parler de paix, et de sécurité dans le Nord du Mali.

A Leur arrivée, des jeunes encadrés par des éléments du MNLA ont empêché l’avion de se poser. Grâce aux efforts de la Minusma (force de l’Onu au Mali), l’avion s’est finalement posé. Des pierres ont été jetées sur le convoi officiel. Les vitres d’un véhicule transportant un ministre ont été brisées. Deux grenades ont été ensuite lancées en ville par des inconnus mais il n’y a pas eu de victime.
A cause de ces incidents, la délégation officielle n’a pas pu effectuer son programme initial à Kidal où elle devait organiser dimanche plusieurs rencontres sur la paix dans le Nord du Mali.

La question lancinante qui brûle les lèvres est de savoir où était notre armée ? Comment une délégation ministérielle d’une telle dimension peut-elle atterrir à Kidal où y a le gouverneur, des forces armées maliennes, des forces de la Minusma et celles de l’Opération Serval, et que de tels incidents puissent arriver ! Qu’est-ce qui a pu empêcher l’armée malienne de jouer convenablement son rôle sur son propre territoire ? Qu’en est-il de la Minusma ?

En tout cas, les Maliens attendent avec impatience la réponse du président Ibrahim Boubacar Kéita qui doit donner une réponse ferme à ces comportements délirants qui n’ont que trop duré. C’est d’ailleurs pourquoi a été élu. IBK est qualifié à tort ou à raison d’homme de poigne, de Kankélétigui. C’est maintenant qu’il doit le prouver.

Ces bandits armés, on le sait, ne représentent en réalité qu’eux-mêmes et n’ont derrière eux que leurs nuques et leurs ventres devant eux.

Voilà des gens qui doivent leur survie à l’Opération Serval et à ce titre, les Maliens ont l’impression que tous ces bandits du MNLA et HCUA ne vivent que du soutien de la France qui nous aurait libérés de tout sauf le diktat des hommes bleus.

IBK aura donc la belle occasion de dire ses vérités à Hollande le jeudi prochain lors de son investiture à laquelle le président français va prendre part si tant est si bien que l’homme n’accepte pas de marchander l’honneur de la République et tient à la souveraineté de notre pays comme à la prunelle de ses yeux. Surtout que les mêmes criminels menacent de passer à l’offensive contre l’armée malienne accusée d’avoir posé « d’actes terroristes contre les populations de l’Azawad ».
En effet, le Mouvement national pour la libération de l’ Azawad (MNLA) et le Haut conseil pour l’unicité de l’Azawad (HCUA) menacent de passer à des actions offensives afin d’arrêter les comportements de nature terroristes de l’armée malienne contre nos populations à l’intérieur de l’Azawad.
Les deux accusent une patrouille de l’armée malienne d’avoir expressément lancée, le 11 Septembre 2013, une offensive contre l’une de nos bases militaires située à Foyta (près de la frontière mauritanienne). Une « attaque délibérée est une énième provocation parmi tant d’autres comme les permanentes arrestations arbitraires de civils azawadiens».

Ils ajoutent dans un communiqué conjoint que le commandement Ouest de l’Azawad, prend à témoin l’opinion nationale et internationale contre ces graves violations des dispositions de l’accord préliminaire signé à Ouagadougou du 18 Juin 2013.

« Nous demandons à la communauté internationale de prendre les dispositions urgentes allant dans le sens de préserver les acquis du processus de règlement pacifique en cours. Dans le cas échéant, nous nous verrons dans l’obligation de passer à des actions offensives afin d’arrêter les comportements de nature terroristes de l’armée malienne contre nos populations à l’intérieur de l’Azawad », menacent-ils. C’est donc une défiance au nouveau président.

Abdoulaye Diakité

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