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Mr Moumouni SOUMANO, Directeur exécutif de la fondation CMDID : « Qu’il y ait des élections participatives, qu’il y ait des élections apaisées et c’est tout le sens de nos activités en rapport avec les élections. »
Publié le mercredi 9 octobre 2013  |  aBamako.com


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Moumouni SOUMANO, Directeur exécutif du Centre Malien pour le Dialogue Interpartis et la Démocratie (CMDID)


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Notre équipe de reportage est allée à la découverte du Centre Malien de Dialogue Interpartis et de la Démocratie pour éclairer le Malien aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur sur les raisons de l’existence de cette structure qui a déjà 10 ans de vie. Le Directeur exécutif du centre en la personne de Mr Moumouni SOUMANO, professeur consultant à l’université de Bamako, qui nous a reçus dans son bureau des locaux de la fondation sise à Hamdallaye ACI 2000, s’est bien prêté à nos questions. De l’historique du centre aux perspectives à court, moyen et long terme en passant par les attentes de la plateforme réunissant 52 partis politiques eu égard aux prochaines législatives, Mr SOUMANO a fait un brillant exposé. Lisez plutôt

abamako.com : Mr le Directeur, pouvez-vous éclairer le citoyen lambda sur la structure que vous dirigez ?

MS- Bien, le Centre Malien pour le Dialogue Interpartis et la Démocratie comme son nom l’indique est un centre mais à même temps une plateforme, une plateforme de dialogue politique, plateforme dans laquelle les acteurs politiques se retrouvent sans considération partisane pour échanger sur les perspectives d’approfondissement du processus démocratique malien. C’est une organisation qui fonctionne comme une association à but non lucratif et apolitique. Quand bien même nous travaillons dans le domaine de la politique mais il n’y a pas de considération partisane. En tant que plateforme, on recueille toutes les tendances politiques, toutes les propositions politiques pour pouvoir voir dans quelles mesures on peut interagir dans le cadre de l’approfondissement du processus démocratique. Globalement, nous avons 2 axes d’intervention ; un premier axe qui concerne le renforcement des capacités des partis politiques et l’autre axe est un axe transversal qui touche les thématiques en rapport avec le renforcement de la démocratie. Je veux parler par exemple des reformes en matière constitutionnelle, des reformes spécifiques, je veux dire par là la charte des partis, les questions électorales, les questions de décentralisation , toutes ces questions thématiques qui rentrent dans le champ d’un processus démocratique.

abamako.com : Quelles sont les raisons qui ont motivé la création du CMDID ?
MS : Bien vous savez que le processus démocratique, c’est un apprentissage généralement pour les pays comme les nôtres qui ont commencé ce processus en 91. Et après quelques années de pratique démocratique, on s’est vite rendu compte que le processus a besoin d’accompagnement, c’est vrai que l’accompagnement se faisait déjà au niveau macro avec l’Etat mais les acteurs étaient un peu livrés à eux-mêmes, spécifiquement les acteurs politiques , les partis politiques qui sont diabolisés à tord ou à raison parce qu’on est tout de suite taxé d ‘être d’un parti quand on veut travailler avec ce parti ; ou facilement il y a un peu, une peur des partis politiques. Et donc ceux-ci ont été pendant longtemps livrés à eux-mêmes sans moyen véritablement de pouvoir les rapprocher. C’est vrai que l’Etat a commencé à octroyer des fonds publics aux partis politiques à partir des années 2000 mais on a constaté que les partis politiques étaient laissés à eux-mêmes. Donc après des réflexions et des discussions, on a vu qu’il y avait une niche, une possibilité de renforcer les capacités des partis politiques sans véritablement rentrer dans des considérations partisanes. Et en plus de cette motivation, il y avait la nécessité aussi quelque part de faire en sorte que les acteurs politiques puissent se rencontrer pour parler parce que le danger d’un processus démocratique, c’est lorsque le mur de méfiance est trop élevé. Et comment baisser le mur de méfiance ? C’est amener les acteurs autour d’une même table de discussion. Et on a vu qu’il n’y avait pas cet espace-là d’échanges entre les acteurs politiques. Donc il fallait imaginer une formule, une plateforme qui pouvait faciliter les discussions, les échanges entre les acteurs politiques d’une part mais d’autre part aussi de pouvoir les aider à mieux jouer leur rôle d’acteurs du processus démocratique. C’est ce qui a justifié la création du centre. Je dois rappeler que d’abord le centre a fonctionné comme un projet, spécifiquement comme un projet avec une gestion purement technique mais progressivement les partis politiques se sont appropriés le centre ; ce qui a amené une mue institutionnelle pour devenir une fondation, et en tant que fondation, le centre fonctionne comme toute autre organisation avec un conseil d’administration composé des partis politiques et une direction exécutive.


abamako.com : Quels sont vos projets à court, à moyen et à long terme ?

MS : Bien, nos projets en fait… à moyen et long terme surtout sont relatifs ou sont attelés à la vision même de la fondation qui est de faire en sorte qu’il y ait un processus démocratique fonctionnel, apaisé au Mali. Pour cela, il faut qu’il y ait des acteurs politiques qui aient des capacités renforcées pour pouvoir jouer véritablement le jeu. Ce que nous voulons c’est qu’il y ait un contexte politique mieux structuré. C’est-à dire qu’on n’a pas besoin aujourd’hui par exemple de 160 partis politiques au Mali. Avec un travail de fond, la perspective d’évoluer vers la diminution du nombre des partis politiques peut contribuer à assainir le cadre politique. Ça c’est un de nos objectifs. Nous pensons que s’il y a un nombre raisonnable de partis politiques en rapport avec la taille de la population malienne, ce serait très intéressant. La consolidation de la paix par le dialogue, par des solutions nationales, par des solutions qui impliquent les acteurs politiques et les acteurs de la société civile font également partie de nos perspectives. Nous aspirons aussi à plus de représentations des jeunes et des femmes dans les instances de décision, instances électives et nominatives à même temps. Un dernier point que je voudrais soulever, il ne faut pas avoir peur de le dire, nous devons assainir le cadre politique ; l’interférence de l’argent, la corruption dans les milieux politiques ; un de nos objectifs est de la combattre en préparant les acteurs et en travaillant avec eux pour qu’ils adoptent des mesures.

abamako.com : Bientôt les élections législatives au Mali, le CMDID par rapport à ces élections, quelles sont vos attentes ?

MS : Je suis très à l’aise par rapport à cette question et ça me donne peut-être l’opportunité de parler brièvement de ce qu’on fait par rapport aux élections. A l’occasion des présidentielles, on a fait avec l’appui d’un certain nombre de bailleurs ici, on a formé des délégués des partis politiques pour l’observation partisane des élections, on a fait une vaste campagne de sensibilisation avec des concerts pour amener des gens à retirer leur carte NINA et pouvoir voter. On a parallèlement organisé pleins de débats télévisés pour amener les acteurs politiques à discuter des questions d ‘actualité et ces questions-là, on va les continuer ; donc on va continuer à sensibiliser, à informer, à former les populations parce que c’est des enjeux assez importants. Nos attentes spécifiquement par rapport à ces élections législatives pour revenir à votre question, c’est qu’il y ait des élections apaisées, qu’il y ait des élections participatives, qu’il y ait des élections apaisées et c’est tout le sens de nos activités en rapport avec les élections.

abamako.com : Avez-vous eu à rencontrer des difficultés vis-à-vis par exemple de l’Etat ou vis-à-vis des acteurs politiques, des embûches sur votre parcours ?

MS : Bien, spécifiquement par rapport à l’Etat, on n’a pas eu vraiment de difficulté, nous collaborons toujours très bien avec les structures de tutelle des partis politiques mais les difficultés c’était vraiment au début du programme. Vous savez il y avait plus de 100 partis politiques au début du programme et tous les partis politiques naturellement étaient volontaires pour bénéficier d’un appui, appui pas financier mais un appui de formation parce que les partis ont conscience qu’ils se forment ; les acteurs politiques ont conscience qu’ils doivent se faire former, l’appareil politique a conscience de mieux s’organiser , de mieux se structurer, donc tous les partis étaient volontaires mais compte tenu des limites budgétaires et des possibilités même en terme de ressources de la fondation, ça a posé beaucoup de difficultés, il y a eu beaucoup de débats autour de comment la fondation doit donner sur un certain nombre de questions. Et l’une des difficultés, l’une des craintes consistait à mettre la fondation d’une instrumentalisation parce que un critère indispensable de l’existence de la fondation, c’est la neutralité politique. Et vous savez, les partis par définition c’est le fait partisan, comment mettre alors la fondation à l’abri de l’envahissement partisan ? Donc ça c’était des difficultés qu’on a connues au début. Bon… maintenant avec l’évolution, on a moins de difficultés. Souvent quand nous réunissons 15 à 20 partis politiques autour d’une table, on est régulièrement confronté à des divergences de point de vue, c’est pas facile mais on arrive toujours à aplanir les oppositions pour déboucher sur des terrains d’entente.

abamako.com : Un dernier mot ou un message quelconque à l’endroit de nos lecteurs !

MS : Je dirai tout simplement que les élections en tant que processus font partie du processus démocratique. Pour éviter que le Mali ne redécouvre encore les affres de l’occupation ou d’autres préoccupations, je pense qu’il est très important que les Maliens s’impliquent dans les élections, de voter, de désigner les hommes et femmes qu’ils jugent capables de représenter le Mali.


Entretien réalisé par André SEGBEDJI

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