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Vœux de nouvel AN : La presse malienne à l’épreuve de la résilience
Publié le jeudi 7 mars 2024  |  Le Matin
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La presse malienne a présenté jeudi dernier (29 février 2024) ses vœux de nouvel An au président de la Transition, Colonel Assimi Goïta, dans la salle des banquets du palais de Koulouba. Une bonne occasion que les responsables de la faîtière de la presse et des structures de régulation (Maison de la presse, Haute Autorité de la Communication/HAC et Comité National de l’Égal Accès aux Médias d’État/CNEAME) ont saisie pour partager leurs préoccupations avec le chef de l’Etat.

Dans leurs vœux de nouvel An au président, les responsables de la faîtière de la presse et des structures de régulation ont accordé une «mention spéciale» aux difficultés et aux préoccupations relatives à leur fonctionnement. Dans le but de trouver des solutions durables à ces situations, plusieurs recommandations ont été adressées au Chef de l’État. «La page 2023 que nous venons de tourner a été celle de grands défis politiques, sécuritaires, économiques, sociaux, sanitaires… comme l’attestent les reportages, interviews, dossiers, documentaires…», a souligné Bandiougou Danté fraîchement réélu à la présidence de la Maison de la presse (MP) pour trois ans.

Mais en dépit de cette performance, a-t-il déploré, «la liberté de la presse dans notre pays a quelque peu reculé». Un constat également fait par des Organismes internationaux de soutien et de défense de la liberté des médias comme Reporter Sans Frontière (RSF) dont le classement annuel fait passer notre pays du 111e en 2022 au 113e rang en 2023. Et cela dans «un contexte où la tendance n’est plus aux emprisonnements, mais aux assassinats et enlèvements». En effet, de nombreux confrères ont perdu la vie, ont été blessés et enlevés lors d’attaques violentes. «L’atmosphère était viciée en 2023… Nous avons été mis au pain sec et à l’eau. L’aide à la presse malienne, qui a fait couler beaucoup de salives et d’encre, semble s’éloigner de plus en plus», a déploré le président de la MP.

«Pourtant, à bien des égards, elle permettait aux bénéficiaires d’assurer la formation continue de leurs agents ; l’achat d’intrants, des frais de déplacement pour la collecte des informations, les frais de tirage et d’électricité et occasionnellement le salaire minimum aux employés…», a expliqué M. Danté. Et de poursuivre, «nous ne sommes pas contre le pouvoir, mais nous sommes un contre-pouvoir. La démocratie ne saurait être sans une presse forte, une presse à la vitalité établie. Nous sommes contre-pouvoir et médiateurs de par notre rôle». Le paysage médiatique malien est resté dynamique en 2023 avec plus de 450 radios, plus de 40 télévisions, plus de 150 tabloïdes, 60 journaux en ligne qui sont «en contact direct avec les populations, offrant une information de proximité».

Le président Assimi Goïta partage cette vision de l’importance de la liberté de la presse dans «la construction d’une société juste et équitable». Il a toutefois encouragé les médias à comprendre et à intégrer dans leur analyse les nouveaux enjeux sociopolitiques, économiques et géopolitiques du Mali. Le Colonel Goïta s’est aussi appesanti sur «le rôle des médias dans la diffusion d’une version authentique de l’histoire du pays» en les appelant à la solidarité contre les attaques arbitraires dirigées contre le Mali.

Pour ce qui est des préoccupations financières et sécuritaires, il a mis en avant la nécessité de procéder au préalable à une évaluation attentive des propositions visant à garantir un bon fonctionnement en ce qui concerne les médias d’État. Et la presse privée ? Silence radio ! Elle doit sans doute continuer à faire preuve de résilience !

Naby

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