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L’Essor N° 17535 du 11/10/2013

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Fédération malienne de football : Les faiseurs de roi
Publié le vendredi 11 octobre 2013  |  L’Essor


© Autre presse par DR
Le nouveau président de la FEMAFOOT (droite) félicité ici par le représentant de la CAF et de la FIFA, Anjorin Moucharaf


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Boubacar Baba Diarra à l’élection du président de la Fédération malienne de football, mardi dernier à Mopti. Salaha Baby, Dr Sékou Diogo Keïta et Boukary Sidibé dit Kolon, puisqu’il s’agit de ces trois personnes, ont été sans conteste les grands artisans de la victoire du nouveau président du comité exécutif de la fédération. Dans ses premières déclarations, le nouveau patron du football malien le confessera lui-même, témoignant sa reconnaissance aux trois responsables sportifs et affirmant qu’il leur sera toujours reconnaissant. «Kolon a accepté de jouer le mauvais rôle, lancera Boubacar Baba Diarra au président du Stade malien et Salaha Baby et Sékouba Keïta ont effectué un travail extraordinaire pendant la campagne». Tous les membres des deux listes du Collectif du 11 juillet présents à Mopti ont également été unanimes pour rendre hommage aux trois hommes dont la stratégie de campagne n’a laissé aucune chance au président du comité exécutif sortant, Hammadoun Kollado Cissé. Certes, Salaha Baby, Sékou Diogo et Boukary Sidibé dit Kolon ont su exploiter à merveille les erreurs de communication commises ces derniers mois par l’ancien président de la FEMAFOOT et la fronde menée contre ce dernier dans son propre fief à Mopti par les représentants du Débo club et de l’AS Sabana qui ont décidé de donner leur voix au Collectif du 11 juillet. Mais plus que ces erreurs de communication et la division au sein de la ligue de la 5è Région, c’est surtout la stratégie du staff de campagne de ses deux opposants qui s’est révélée efficace et qui a poussé Hammadoun Kollado Cissé à la sortie. Contrairement à l’ancien président de la FEMAFOOT qui a concentré ses efforts sur les 9 ligues, le Collectif du 11 juillet, sous la houlette des trois hommes cités plus haut, a vite compris que les seules voix des ligues (27 à raison de 3 voix par ligue) ne suffisaient plus pour avoir la majorité (28) et qu’il pouvait même remporter l’élection sans le soutien de ces instances jadis faiseurs de roi. Ainsi, Salaha Baby, Sékou Diogo Keïta et Boukary Sidibé dit Kolon ont d’abord donné la priorité aux clubs de première Division (16) et aux formations de l’étage inférieur (9) et la première étape de leur campagne a été la conquête de ces équipes. Cette conquête sera d’autant plus facile pour le staff de campagne du Collectif du 11 juillet que Hammadoun Kollado Cissé était en conflit ouvert avec la majorité des clubs de D1 et de D2 et ne pouvait compter sur une quelconque alliance de ce côté. Selon nos informations, toutes les équipes de D2 ont donné leur voix au Collectif du 11 juillet, à l’exception du Sigui de Kayes qui s’est rangé du côté de l’ancien président de la FEMAFOOT, tout comme la ligue de la 1ère Région. Mais cette position de la ligue de Kayes ne constituait pas un souci majeur pour le Collectif du 11 juillet d’autant que Boubacar Baba Diarra et Boukary Sidibé avaient déjà réussi à briser le bloc constitué par les ligues avec le ralliement des trois régions du nord : Gao, Tombouctou et Kidal, soit 13 voix si l’on ajoute celles des clubs. De 9, le nombre de ligues qui soutenaient l’ancien président de la FEMAFOOT est ainsi passé à 6 et Kola Cissé avait impérativement besoin d’alliances, notamment avec les clubs, pour espérer combler son retard. Il s’y emploiera dès l’ouverture des travaux en multipliant les tractations mais c’était déjà trop tard. Non seulement, il ne réussira pas à convaincre Boukary Sidibé dit Kolon de le soutenir au deuxième tour, mais plus grave, il sera lâché par les siens, à savoir le Débo club et l’AS Sabana. Ainsi, après avoir remporté le premier tour du scrutin avec 22 voix, contre 18 et 14, respectivement pour Boubacar Baba Diarra et Boukary Sidibé, Hammadoun Kollado Cissé, va lamentablement échouer au deuxième tour, n’améliorant son score que de 3 voix supplémentaires, contre 11 pour son adversaire. A l’issue du scrutin, un délégué du nord dira que la 42è Assemblée générale de la FEMAFOOT restera comme celle de la victoire des clubs sur les ligues. «Désormais, ajoutera-t-il, les candidats devront compter avec les clubs». L’annonce des résultats du vote provoquera un véritable coup de tonnerre dans le camp de l’ancien président de la FEMAFOOT qui s’attendait à tout sauf un échec dans son propre fief. Ainsi, la nuit a été très courte pour Kola Cissé qui s’est engouffré dans sa chambre dès la proclamation de la victoire de Boubacar Baba Diarra par le représentant de la CAF et de la FIFA, Anjorin Moucharaf et qui n’a plus été revu dans le jardin de l’hôtel Kanaga. La désillusion et le silence de mort du camp de Kola Cissé tranchaient avec les cris de victoire et de joie des partisans du Collectif du 11 juillet. Alors que les responsables de l’association, en tête Salaha Baby, Dr Sékouba Keïta et Boukary Sidibé faisaient des accolades, des supporters venus spécialement de Bamako dansaient et chantaient à la porte de l’hôtel. Quelques minutes plus tard, un autre groupe composé de sympathisants du Collectif du 11 juillet fera son apparition à l’hôtel Kanaga. Ce groupe, nous-a-t-on dit, avait été envoyé dans la Venise une semaine avant l’Assemblée pour préparer le terrain pour Boukary Sidibé et Baba Diarra ou plutôt, le miner pour Kola Cissé. Pour célébrer sa victoire, le Collectif du 11 juillet organisera une soirée à laquelle participeront les deux têtes de liste et leurs principaux collaborateurs. Auparavant, le nouveau président de la FEMAFOOT avait annoncé qu’il mettra en place un bureau de consensus qui sera représentatif de l’ensemble du football malien, mais Boubacar Baba Diarra n’a pas précisé la place qui sera réservée à ses alliés dans la nouvelle équipe. Selon les textes de la fédération, nous a confié un ancien membre du comité exécutif, seules les personnes dont les noms figurent sur la liste du nouveau président, peuvent occuper des fonctions dans la future équipe. Vrai ou faux, en tout cas le premier défi qui attend Boubacar Baba Diarra, est la mise en place rapide d’un comité exécutif et une redistribution des cartes au niveau des différentes commissions de la FEMAFOOT. Le nouveau président de la FEMAFOOT et son équipe devront ensuite régler le problème de sélectionneur pour les Aigles et élaborer une vraie politique de relance et de développement du football malien. Il s’agit là de deux dossiers urgents pour lesquels le délai de grâce ne sera pas long pour Boubacar Baba Diarra et le futur comité exécutif.

S. B. TOUNKARA

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