Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Session spéciale de la Cour d’assises : Maria Diarra condamnée à 5 ans de réclusion et 10.000.000 FCFA de dommages et intérêts
Publié le vendredi 12 juillet 2024  |  Les Echos
Comment


Poursuivis pour délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics, Maria Diarra et son fils Habib Samuel Keïta et trois autres personnes, ont comparu pour la deuxième fois, ce jeudi 11 juillet devant la Cour d’assises spéciale. Âgée de 69 ans, Maria Diarra a été condamnée à 5 ans de réclusion et 10.000.000 FCFA de dommages et intérêts. Son fils qui a bénéficié des circonstances atténuantes de la Cour écope de 5 ans de prison avec sursis. A la demande de la partie civile, les accusés rembourseront collectivement 610.438.003 FCFA à l’Ambassade des Pays-Bas au Mali .



Que s’est-il passé pour que Maria Diarra et co-accusés se retrouvent dans cette situation ?

Créé en 1993 par Maria Diarra , l’Institut pur l’Education Populaire (IEP) est une organisation Non Gouvernementale qui intervient dans les domaines du développement et l’éducation au développement. Dans le cadre de ses activités IEP a obtenu en 2012 du royaume des Pays-Bas, à travers son Ambassade en République du Mali, un financement à hauteur d’un milliard cinquante- sept millions quatre cents cinquante-cinq mille t trois cents soixante francs CFA (1.057.455.360 FCFA) en vue de la généralisation du curriculum de l’enseignement dans l’éducation fondamentale au Mali sur la période allant de 2012 à 2014, puis sur prorogation jusqu’en 2016
A la signature du contrat, les deux parties ont convenu de leurs droits et obligations réciproques . Ainsi, en contrepartie de la mise à disposition des fonds par les Pays-Bas, IEP devait les utiliser aux fins convenues, conformément à une procédure rigoureuse tout en produisant d’abord, des rapports narratifs et financiers annuels afin de permettre au bailleur d’assurer le suivi, puis, rapport final sous-tendus par l’audit de fin d’activité pour s’assurer de la sincérité des différentes opérations de dépenses à travers l’examen des pièces justificatives.
A l’échéance de la relation contractuelle, Maria Diarra directrice de IEP, s’illustrait curieusement par un comportement qui inspirait le doute chez le bailleur de fonds. En effet, contrairement aux termes du contrat, IEP tardait à produire les pièces justificatives pour une partie du montant utilisé du fait, semble-il, de la maladie de sa directrice. Cette situation conduira le Cabinet CAO, chargé de l’audit de fin d’activité, à émettre des réserves quant à la sincérité de la gestion faite par IEP des fonds mis à sa disposition par les Pays-Bas. C’est, ainsi, que l’Ambassade des Pays-Bas au Mali a commis en Juin 2017 un auditeur externe et étranger, en notamment, le Cabinet DRUDIT, un cabinet Béninois d’expertise comptable qui, dans rapport final produit en novembre 2017, a conclu à moult irrégularités
dont 20.000.000 FCRA environs utilisés en violation totale des procédures et 610.438.003 FCFA engagés par IEP sans la moindre pièce justificative.
Cet audit a permis également de découvrir que pour la même activité financée par les Pays-Bas notamment le programme « suivi de la généralisation du curriculum de l’enseignement fondamental au Mali , IEP avait obtenu et utilisé un autre financement de la Fondation William et FLORA HEWLETT des Etats-Unis d’Amérique.
Au vu des conclusions troublantes de ce rapport d’audit, l’Ambassade des Pays-Bas Pays-Bas au Mali a porté plainte devant le Parquet, contre Maria Diarra ses collaborateurs, pour atteinte aux biens publics et délit de favoritisme.
L’enquête préliminaire diligentée par la suite a permis de découvrir que dame Maria Diarra , pour réussir ses malversations financières, agissait de concert d’avec le gestionnaire de l’IEP M. Almoudou COULIBALY qui refusait d’utiliser le logiciel comptable de la boite. Il a été également découvert que Maria Diarra s’était entourée de plusieurs de ses proches qui ont injustement manié des fonds de l’ONG. Il s’agit de son fils Habib Samuel Keïta qui avait créé et pilotait le GIE CURERMA puis la société SOCOPSE-SARL pour répondre aux besoins de IEP en moyens de transport. Ce dernier opérait dans ce cadre avec Kafouné DIAMOUTENE, un fils adoptif à Maria DIARRA, qui a fini par devenir assistant comptable à l’IEP. Au même moment,
Seyni Tambadou , un neveu à Maria Diarra et à la tête du GIE Pro-Services, bénéficiait systématiquement des contrats de nettoyage-
gardiennage et autres travaux étrangers à sa vocation pour des montants mensuels d’au moins 1.486.300 FCFA sur le financement BAM 24296 de 2012 à 2015. Quant à Maïmouna dite Yaye Tambadou , nièce à Maria Diarra , elle a été recrutée comme logisticienne de ITEP et effectuait, courant la période sous revue, le retrait de la somme totale de 606.720.275 FCFA sur les comptes de l’ONG et, cela, en violation flagrante du manuel de procédure régissant leurs opérations financières.
Ce sont en effet, ces pratiques malsaines qui ont conduit , hier, devant la Cour d’assises spéciale, Maria Diarra et co-accusés. Au cours des débats, le ministère public a requis 10 ans de prison ferme et 10.000.000 FCFA de dommages et intérêts contre Maria Diarra. « Au-delà de la retenir dans les liens des accusations de délit de favoritisme et complicité d’atteinte aux biens publics, il faut la condamner à 10 ans de prison ferme et 10.000.000FCFA à titre de dommages et intérêts. Elle doit rembourser l’argent qu’elle a détourné. Cet argent était destiné à nos enfants. Il faut qu’elle sache que l’argent public est inviolable et sacré », a-t-il demandé aux Présidents et conseillers de la Cour.
L’avocat de Maria Diarra a soutenu que sa cliente a le sens de la famille. «Ma cliente voulait aider sa famille. C’est pourquoi, elle s’était entourée de beaucoup d’entre elle. Messieurs les Présidents de la Cour, sa détention ne servira rien à l’Ambassade des Pays-Bas au Mali. Il faut donc la condamner à une peine assortie de sursis », a plaidé auprès de la Cour, Me Adama Sidibé.
La partie civile a réclamé aux accusés, la somme de 50.000.000 FCFA à titre de dommages et intérêts et le remboursement de 610.438.003 FCFA.
Dans sa délibération, la Cour a souverainement condamné Maria Diarra à 5 ans de réclusion et au paiement de 10.000.000 FCFA de dommages et intérêts.

www.bamakomatin.com
Commentaires