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Entre Nous : Un parfait exemple de gouvernance responsable
Publié le lundi 15 juillet 2024  |  Le challenger
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Le patriotisme ne saurait s’exprimer au seul moyen de beaux discours lénifiants. Il consiste avant tout à prêcher l’exemple par les actes.

Agé de 79 ans, le Président du Libéria, Joseph Boakai, a annoncé, il y a quelques jours, une réduction de 40% de son salaire. Le successeur de George Weah veut «créer un précédent de gouvernance responsable». Selon un communiqué de la Présidence de la république du Libéria, «le Président Boakai, en réduisant son salaire, montre sa détermination à donner l’exemple en responsabilisant davantage le gouvernement et en faisant preuve de solidarité avec le peuple».


Cette annonce, largement relayée par les médias internationaux, a été précédée par la promesse du Président libérien de montrer l’exemple en terme de comportement dans la gestion des ressources publiques et de combattre la corruption. Ainsi en février dernier, soit à peine deux semaines après son investiture, il a remis sa Déclaration des biens à la Commission anti-corruption. Publiée par les services de la Présidence, cette déclaration est consultable sur les différentes plateformes digitales. L’initiative, selon la présidence libérienne, est une preuve de l’engagement indéfectible du Président Boakai pour la transparence et une preuve de «son aversion pour la compromission».

Faut – il préciser qu’au Libéria, «les textes en vigueur obligent certains officiels à déclarer leurs biens avant d’entrer en fonction, mais ils ne sont pas tenus de publier leur déclaration».

Ainsi le Président Joseph Boakai est un homme d’honneur. En réduisant son salaire, il pose là un acte hautement patriotique. En rendant publique sa Déclaration de biens, il montre le chemin de la transparence et indique la voie à suivre.

A des milliers de kilomètres du Libéria, il y a le Mali en crise depuis plusieurs années et en transition voilà bientôt quatre ans. Dont les dirigeants se plaisent à bénéficier des mêmes avantages que leurs prédécesseurs comme si le pays vivait en temps normal. Ils sont rares les responsables publics à se soumettre à l’obligation de déclaration de biens à plus forte raison de la rendre publique.

Le Président de la transition jouit des mêmes avantages qu’un président de la république. Il pousse la générosité à consacrer une partie de ses fonds de souveraineté, l’argent du contribuable malien, à réaliser des œuvres sociales au profit des populations.

Le Premier ministre, chef du gouvernement, bénéficie du même traitement que ses prédécesseurs. Oubliés les discours “épicés” dénonçant le train de vie de l’Etat lors de la lutte du M5-RFP !

Sont loin de se plaindre non plus les membres du gouvernement. Lequel du reste, conserve la taille des attelages des périodes de tranquillité. Comme au temps des compromis politiques !

Les membres du Conseil national de transition ne se sont pas oubliés. Loin s’en faut! Les voilà, comme dans une république normale, s’offrir des avantages identiques à ceux d’élus nationaux ! Les mêmes indemnités que les députés élus à l’Assemblée nationale !

Pas étonnant que la publication récente par la Cour constitutionnelle d’un sur Arrêt sur la loi organique portant indemnités de ces Conseillers nationaux continue de susciter frustrations, indignations et colères au sein des Maliens acceptant mal la résilience dans ces conditions. Car ils peinent à comprendre que certains choisissent précisément ce moment éprouvant pour chanter Malikura et vivre dans l’opulence tout en demandant à leurs très nombreux concitoyens de faire plutôt preuve de résilience. Il faut avouer que c’est difficile à comprendre !

Selon le Rapport annuel 2022 de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (Oclei), «seuls 4 ministres sur les 29, soit 13,8%, ont fait leur déclaration de biens». Toujours selon le même rapport, de 2016 à 2022, le nombre de déclaration de biens des agents assujettis au niveau des départements ministériels reste très faible et baisse même d’année en année. «A titre d’illustration, le nombre de dépôts pour le ministère chargé de l’Administration territoriale passe de 257 déclarations en 2018 (niveau le plus élevé sur la période) à 4 déclarations en 2019 et une déclaration en 2022 ; celui du ministère chargé de l’Agriculture passe de 54 déclarations en 2017 (niveau le plus élevé sur la période) à 2 déclarations en 2022 ; enfin, celui du ministère chargé de l’Energie et de l’Eau passe de 38 déclarations en 2017 à zéro en 2022». Aucun haut responsable de la transition n’a publié sa déclaration de biens pour donner l’exemple.

Le patriotisme ne saurait s’exprimer au seul moyen de beaux discours lénifiants. Il consiste avant tout à prêcher l’exemple par les actes.

Chiaka Doumbia

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