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Centrale thermique de Djatoula-Sirakoro Extension : Les populations meurent à petit feu !
Publié le jeudi 24 octobre 2013  |  L’Annonceur




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Maux de tête, vomissements, nuisance sonores, chaleur constante, maux de ventre, grippe et d’autres maladies pulmonaires graves, pénurie d’eau potable, empoisonnement des sources d’eau… La liste des désagréments causés par la SOMAP Energie Sa que le Ministre Frankaly Keïta a visité la semaine dernière, n’est pas exhaustive. Cette centrale thermique cause aux habitants d’énormes problèmes de santé. Chronique d’une hécatombe annoncée !

Suite à une interpellation des populations victimes, nous avons rendu visite aux habitants sinistrés de ce quartier transformé en un enfer infernal sans précédent. A l’entrée de la zone, une fumée épaisse noire émanant d’un tuyau de l’un des cinq groupes électrogènes de la SOMAP-Energie. En approchant de la centrale, les conversations sont englouties par un bruit assourdissant du moteur. Pire, c’est sous une chaleur constante que nous avons passé l’après-midi dans les proximités des lieux. Tenez-vous bien, tout cet effet était produit par un seul moteur qui était en marche sur les cinq qui ne tarderont pas à retentir aux désarroi total de plus d’une vingtaine de familles dont les membres ne tarderont pas à casser la pipe à petit feu, si rien n’est fait. Implantée en 2009 sans aucune étude de faisabilité sur l’impact sur les populations dans ce quartier déjà habité, les dégâts que cette centrale a
causés sont énormes. Il est 17 heures, sous une chaleur torride, dans la chambre à coucher d’un habitant dont l’enfant souffre d’une bronchite chronique. Le drap de lit de cette pauvre dame est envahi de taches noires : « C’est la fumée noire qui se verse sur les meubles et tout sur son passage », a déploré Madame Diallo Fatoumata Diallo. Pire, les murs de cette maison sont fendus à cause de la secousse des cinq machines. Nous avons terminé notre balade par la visite de quelques puits qui sont transformés plutôt à des réservoirs d’huiles de moteur usées.

Le calvaire des enfants et des femmes
Parmi tous ces désagréments, c’est le manque d’eau potable depuis l’arrivée de la centrale qui est le plus criminel. L’eau étant une source de vie, c’est un précieux sésame de vie dans le quartier. Les habitants, après une lutte acharnée, sont en train d’être ravitaillés en quelques gouttes d’eau par la centrale qui est la seule source d’eau potable. Pire, les enfants passent toute la nuit à attendre le raccord d’eau qui sort selon l’humeur des responsables de la centrale : « Vous voyez, les enfants au pied du mur de la centrale ? Ils peuvent passer souvent la moitié de la nuit ici, avant que le raccord ne sorte sa tête. Pire, quelques gouttes après, ils retirent le raccord jusqu’au lendemain. Souvent, plus de cinq personnes se partagent un bidon de 20 litres. Depuis l’apparition de l’huile dans nos puits, personne dans ce quartier ne se lave deux fois par jour. Pire, souvent, les enfants et les femmes rentrent
à 2 heures du matin après avoir guetté deux ou trois bidons de 20 litres. Maintenant nous voulons un dédommagement total de tous les ennuis que cette centrale nous cause. Et nous ne pouvons pas vivre ensemble, car la centrale est venue nous trouver ici. Donc, que les autorités fassent déguerpir cette monstruosité d’ici, sinon nous allons tous mourir à petit feu », prévient Macky Sylla, le Président du Collectif des Habitants de Djatoula Sirakoro Extension.

L’acte inhumain du Ministre Jean Marie Sangaré et son successeur
La SOPAM est, selon les habitants du quartier, une société privée dont le boss serait un homme fort du Burkina Faso qui fournit de l’énergie à l’EDM-Sa qui agonise du jour au jour. Et pour couronner le tout, les responsables de cette centrale meurtrière sont des maliens dont l’actuel Ministre de la Communication, qui a laissé sa chaise de la honte à Monsieur Fallaye Sissoko, après sa nomination au Département de la Communication. A cette époque, M. Sangaré a bouché ses oreilles face aux cris des populations agressées par les déchets de la centrale. Pire, il a même fait exprès de creuser un puits. A quelques trois mètres seulement, le puits a été envahi par les déchets d’huile usée qui envahit la nappe phréatique de la zone depuis l’implantation de la centrale. Cependant, il est resté de marbre à toutes les souffrances que ces compatriotes endurent quotidiennement au profit d’un boss Burkinabé. Durant tout son séjour, il n’a pas levé le petit doigt pour soulager ses compatriotes. Ce qui nous a indignés, c’est qu’à voir le désastre que cette centrale cause au quotidien, nous avons été convaincus que même les animaux ne peuvent pas vivre dans cet endroit longtemps sans casser la pipe. Pourtant des Etres humains y suffoquent pendant des années laissés à leur triste sort. Sans aucune assistance financière et médicale à titre de dommage et intérêt. Rappelons qu’en avril 2011, une délégation du Service de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances du Groupe I des Communes de Kati dirigée par Mme Sanogo Noumouni Camara a ordonné à la centrale meurtrière de payer une somme de 400.000 CFA aux familles endommagées. Mais cette lettre a peut-être été déchirée et jetée dans la poubelle de la centrale, les droits des offensés aussi certainement. Car, même au moment où nous mettions sous presse cet article, la centrale était encore en train d’ébranler la quiétude des paisibles citoyens maliens.

Des empoignades en perspective

Après tant de souffrances, les habitants de la zone disent en avoir assez. Ils projettent, dans les jours à venir, porter plainte contre l’usine pour leur dédommagement, en dotant chaque famille dont les puits servent de réservoir d’huile usée de la centrale. Mieux : « Après, il faut que cette centrale satanique soit déguerpies d’ici. Comme Jean Mairie, Fallaye et leur famille dorment tranquillement chez eux et ont accès à l’eau potable et tous ses bienfaits, ils n’ont rien à cirer de notre agonie. Une chose est sûre, si IBK ne fait rien, nous allons nous débarrasser de cette centrale de la manière la plus juste. Et les responsables de la centrale ne seront pas prêts à oublier notre riposte ! », clame Mme Diallo, munie d’un bidon de 20 litres vide. La pauvre dame venait d’être expulsée avec son bidon, car le gardien des lieux a retiré le raccord d’eau, puisqu’il a constaté que les populations ont fait appel aux
journalistes pour constater les dégâts. Comme pour enfoncer le clou : « Nous ne tarderons pas à nous débarrasser de cette centrale si le gouvernement ne fait rien », prévient un autre homme qui nous révèle qu’il se lave en ville chaque jour avant de rentrer.

Lors de sa visite à la centrale thermique, le Ministre Keïta a souligné la volonté du gouvernement de promouvoir ce type de centrale qui pourtant est un véritable désastre pour les populations riveraines. En tout cas, les populations sollicitent une visite des autorités compétentes pour être témoins oculaires de leur souffrance.
Affaire à suivre… !

Christelle

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