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Nouvelle stratégie de développement rural intégré : Faire de Ségou et de l’Office du Niger un pôle-pilote de développement agro-industriel
Publié le lundi 28 octobre 2013  |  Le 22 Septembre




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Les nouvelles autorités en charge du Développement Rural ambitionnent de faire de ce secteur vital la locomotive de l’économie malienne et le principal levier de croissance. Pour ce faire, 22 bassins de production agricole, pastorale, halieutique et de forestière ont été identifiés et une stratégie de développement intégré mise en place.


Dans cette stratégie et ses trois volets de production, transformation et commercialisation, Ségou et l’Office du Niger tiennent une place centrale. Ils sont appelés à devenir pôle-pilote de développement agricole et industriel. A terme, la capitale des Balanzans abritera un aéroport tourné vers la promotion des exportations des produits agricoles transformés ou du cru, sur la sous-région et même sur le reste du monde.


C’est pour tâter du doigt les réalités du terrain, en vue de la mise en œuvre effective de cette stratégie, que le ministre en charge du Développement Rural, le Dr Bocari Tréta, en compagnie de son homologue chargé de l’Elevage et la Pêche, Nango Dembélé, et du PDG de l’Office du Niger, Amadou Boye Coulibaly, a effectué une tournée dans la zone Office du Niger, du 16 au 19 octobre dernier.


Cette descente sur le terrain avait été précédée, le 16 octobre, par une séance de travail dans la salle de conférences du Gouvernorat de Ségou, qui a donné l’occasion au PDG de l’Office du Niger de présenter l’état des lieux de sa structure et d’en dégager les perspectives d’avenir.
Présidée par le ministre du Développement Rural, entouré de son homologue en charge de l’Elevage et de la Pêche et de ses proches collaborateurs, cette rencontre s’est déroulée en présence des autorités régionales, avec à leur tête le Gouverneur Thierno Bocar Cissé, du représentant de la Chambre régionale d’agriculture de Ségou, Diadié Bah et de nombre de producteurs.


Auparavant, devant cet aréopage, le ministre du Développement Rural avait décliné sa vision et la nouvelle stratégie visant l’émergence de pôles de développement agricole et industriel, à partir de l’identification de 22 bassins de production agricole, pastorale et halieutique. Il s’agit, entre autres, d’évaluer les limites objectives à l’extension du réseau d’irrigation et les conditions d’exploitation des périmètres, en termes de rendement et de productivité de cet outil majeur qu’est l’Office du Niger qui, avec l’Office Riz Ségou, a vocation d’intégrer les différentes productions agricoles, aquacoles, l’élevage et la production forestière.


Cette vision intègre également le développement d’un partenariat public-privé et l’émergence de grandes entreprises agricoles, la connexion entre les maillons production et transformation, le tout ouvert sur le marché extérieur, notamment sous-régional, l’ambition étant de créer à terme un aéroport à Ségou, zone qui sera élevée grâce à l’Office du Niger et à l’Office Riz Ségou au rang de bassin-pilote de production agro-industrielle.


Créé le 5 janvier 1932, l’Office du Niger a été nationalisé le 20 mai 1961. La construction du barrage de Markala, pièce maîtresse dans le dispositif d’irrigation, a été réalisée entre 1934 et 1947. L’Office a subi une première restructuration en 1994. La dernière, elle, date de 2010. Il a pour missions la gestion des eaux, la maintenance des aménagements, la maîtrise d’ouvrage déléguée pour les études et le contrôle des travaux, l’entretien des infrastructures primaires, la gérance des terres, le conseil rural et l’assistance aux exploitants des terres aménagées en approvisionnement en intrants et en matériels agricoles.


La superficie exploitée au titre de la campagne 2012 – 2013 s’élève à 115 349,18 hectares, pour une production de 655 378,71 tonnes et un rendement moyen de 5,682/ha. Pour la campagne 2013 – 2014, la prévision de la superficie en saison est de 106 767 hectares, pour un rendement moyen de 6,287 t/ha.


S’agissant des productions maraîchères, les résultats de la campagne 2012 – 2013 affichent 169 041 tonnes pour l’échalote, 14 615 tonnes pour la tomate, 5 628,4 tonnes pour le gombo, 232,65 tonnes pour le maïs, 7 508,69 tonnes pour la pomme de terre et 14 923 tonnes pour la patate douce.
Les prévisions de la campagne 2013 – 2014 font état de 273 221 tonnes (échalotes – oignon), 24 450 tonnes (tomate), 19 000 tonnes (patate douce), 6 140 tonnes (ail) 335 tonnes (piment), 24 000 tonnes (pomme de terre), 3 680 tonnes (maïs), 802 tonnes (blé). Quant aux agrumes, de grandes cultures sont en projet. Comme on peut le constater aisément, les cultures maraîchères sont en augmentation exponentielle, dans le cadre de la diversification.



Faisant le point d’exécution des programmes en cours d’exécution, le PDG a évoqué le projet N-SUKALA – développement de la canne à sucre sur 20 000 ha – (usine construite à M’Béwani en 2011, aménagement en cours, dont 3 970 aménagés avec 57 pivots installés en fin avril 2012), MALIBYA – aménagement de 25 000 ha dans le Macina (construction du canal d’amenée terminé en mai 2010, aménagement de périmètre non démarré), le Projet Sucrier de Markala (SOSUMAR), 14 000 ha-développement de la canne à sucre sur 14 000 ha, Bail des Moulins Modernes du Mali (3M-sa) – 7 400 ha sous bail -(320 ha aménagés en fin décembre 2012, 560 ha (7 pivots) sont en cours d’ménagement).



S’y ajoutent le projet Siengo, fiancé par la coopération allemande, avec pour objectif l’aménagement de 1 722 ha dans le casier de Siengo, le Projet de valorisation du potentiel agricole de N’Débougou («Projet KIE»), l’étude de faisabilité de 2 000 ha dans le casier de Singo et de Diadian (Financement BID), les travaux d’aménagement du casier de Touraba sur 2 174 ha (Financement UEMOA). Citons enfin le Projet d’irrigation d’Alatona de 14 000 ha sur lesquels 5 200 sont aménagés.
Les contraintes générales ont pour noms: insuffisance de financement pour les aménagements et les réhabilitations, absence d’unités industrielles de transformation et de conservation des produits maraîchers, difficultés de fonctionnement des organisations paysannes, insuffisance du système de drainage et prévalence des maladies liées à l’eau.


En perspectives, le Programme d’accroissement de la production à l’Office du Niger prévoit l’intensification, par l’adoption du Système de Riziculture Intensif (SRI) du semis à la ligne et d’autres innovations – il intéressera 75% des superficies en 2018 / 2019 – l’aménagement de 65 000 hectares nouveaux à l’horizon 2018, soit en moyenne 13 000 hectares par an, dont 4 500 pour les exploitations familiales. Objectif de production en 2018: 1 250 000 tonnes de paddy.
Yaya Sidibé

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