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Interview exclusive : Le Président IBK au Guido « Je vous promets que le MNLA sera vaincu à Kidal »
Publié le mardi 19 novembre 2013  |  Le Guido


© aBamako.com par Dia
Réconciliation Nationale: Cérémonie d`Ouverture des Assises Nationales sur le Nord
Bamako, du 1er au 02 Novembre 2013. Dans le cadre de Faire connaître et de partager les préoccupations et les attentes du peuple malien sur la voie de la recherche d`une paix durable, juste et inclusive à travers le pays; SEM. Ibrahima Boubacar Keita, Président de la République du Mali a initié les « Assises Nationales sur le Nord ». Il a présidé leur ouverture ce matin au CICB, sous l`égide du Ministère de la Réconciliation Nationale et du Développement des Régions du Nord, M. Cheick Oumar DIARRAH . Photo: SEM. Ibrahim Boubacar Keita, Président de la République du Mali


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De retour du Togo, le président de la république, Ibrahim Boubacar Kéita, nous a fait l’honneur d’accorder sa toute première interview imaginaire à la presse privée malienne. Dans cet entretien exclusif avec le président Kéita, nous abordons les questions relatives au statut d’ancien président du général Sanogo et à ses déboires judiciaires, ainsi qu’à la levée des mandats d’arrêt, la situation de Kidal, etc.

Le Guido : Bonjour monsieur le Président, merci d’avoir accepté cet entretien.
Président Ibrahim Boubacar Kéita : Haouzou Bilahi minal Cheitane razime, Bissimilahi rahamane rahime. Je suis à votre entière disposition pour répondre à toutes vos questions.
Merci, monsieur le Président. Cette disponibilité vous honore. Il y a en effet quelques questions qui turlupinent nos lecteurs et beaucoup de vos compatriotes. Nous osons espérer que vous leur répondrez sans langue de bois.
Président IBK : Aucun souci, vous me connaissez, je ne suis pas homme à mâcher mes mots. Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais.
Monsieur le président, beaucoup de maliens disent que votre mandat a mal commencé. Vous avez formé un gouvernement pléthorique de 34 ministres, avec une quinzaine d’anciens ministres de vos prédécesseurs. Ensuite, ce fut la libération de criminels, les rebelles du MNLA faits prisonniers par notre armée, puis la levée de mandats d’arrêt des chefs de guerre touaregs et enfin l’octroi du statut d’ancien président de la République au Général Sanogo. Bref, le malien lambda ne voit pas le changement que vous avez annoncé. Comment expliquez-vous cela ?
Président IBK : D'abord, je dois reconnaître que j'ai commis une erreur d'appréciation à certain niveau. Je suis dans le dilemme maintenant. Mes compatriotes ne comprennent pas qu’on libère des criminels par-ci et qu’on arrête du menu fretin par-là. Je comprends parfaitement leurs inquiétudes. Avant ma prise de fonction, j’ai dit aux maliens que je ne trahirai jamais le pays. Que je veux prendre des décisions qui seront difficiles à comprendre. Qu’ils sachent que ce que j’ai fait est uniquement dans l’intérêt du Mali. Mais dire que j’ai mal commencé, je ne le pense pas. L’art de gouverner est difficile. Il demande de la patience. Que les Maliens me comprennent !

On connaît les défauts chroniques du MNLA, sa cruauté légendaire, son orgueil démesuré, ses prétentions irréalisables N’est-ce pas dangereux pour le pays et pour votre mandat de ménager ce groupe avec la bénédiction de la France ?
Président IBK : Je connais ces gens-là mieux que tout le monde pour avoir été au sommet de l’Etat pendant les 20 derrières années, six ans premier ministre et cinq ans président de l’assemblée. Je sais comment traiter avec ce groupe. Avec l’assassinat lâche de vos deux confrères français, le président Hollande a tout compris. Je vous promets que le Mnla sera vaincu à Kidal.
Nous savons et vous le savez aussi, même si vous faites semblant de l’ignorer, que la population dans sa grande majorité n’approuve pas les décisions du gouvernement concernant la libération des prisonniers rebelles et la levée de mandats d’arrêt.
Président IBK : Oui je sais bien. Nous avons eu les mains liées par les accords de Ouaga signés, sous l’égide de la communauté internationale et de l’ONU, par l’Etat malien sous la transition dirigée par le Professeur Dioncounda Traoré et par le MNLA. L’Etat étant une continuité, le Mali ne pouvait se dédire. Car dans le cas contraire, les nouvelles autorités maliennes, et votre serviteur par-dessus le marché, seraient apparues peu crédibles, donc indignes de confiance aux yeux du monde entier. Tout le monde nous aurait tourné le dos. Ainsi le remède aurait été pire que la mal.
De votre prestation de serment le 4 septembre dernier à maintenant, quel bilan pouvez-vous tirer de votre présidence ?
Président IBK : C’est prématuré de faire un bilan maintenant. J’ai cinq ans à faire. Aujourd’hui, je n’ai pas fait encore 100 jours au pouvoir, et vous me demandez un bilan.
Mais monsieur le président, du 4 septembre à ce jour, vous avez pris d’importantes décisions.
Président IBK : Je veux dire que ce délai est trop court pour faire un bilan. Quant même Nous sommes entrain de travailler pour le bonheur des maliens.
Vous pensez que vos bonnes paroles suffiront aux maliens eu égard à ces sujets qui fâchent ?
Président IBK : Non, je n’ai pas dit ça. Ils sont le droit de s’interroger sur tous les actes qu’on pose. Je leur demande seulement, à défaut de compréhension, un tout petit peu de patience. Est-ce trop?
Concrètement expliquez-nous le bien fondé de vos décisions.
Président IBK : Je donnerai les explications en temps opportun. Mais le gouvernement a un porte-parole maintenant. Il doit informer l’opinion nationale sur des questions de l’heure.
Vous ne pensez pas que vos décisions sont sélectives ?
Président IBK : Comment ?
Permettez nous d’insister, d’un côté, sur la libération des criminels du MNLA, la levée de mandats d’arrêt et de l’autre côté sur la chasse aux sorcières contre les militaires impliqués dans la mutinerie du 30 septembre…
Président IBK : Je vois, vous pouvez me croire, il n’aura pas une justice sélective sous mon mandat. Comme j’ai dit, Nul n’est et ne sera au dessus de la loi. Le jour où la culpabilité de quelqu’un sera établie, il répondra de ses actes.
Même s’il s’agit du Général Amadou Haya Sanogo ?
Président IBK : Mais, le général Sanogo n’est pas au-dessus de la loi. Je ne vous apprends rien sur l’évolution de son dossier. La justice fait son travail, sans aucune interférence.
Est-ce que votre pouvoir ne cherche pas à le protéger contre une éventuelle comparution devant le juge, avec le statut d’ancien président taillé sur mesure ?
Président IBK : Pas du tout!
Pourquoi c’est maintenant que la décision d’affectation des éléments à la disposition de Sanogo est prise?
Président IBK : C’est une simple coïncidence avec l’évolution de son dossier à la justice.
Sur quoi l’Etat s’est basé pour prendre cette décision d’affectation ?
Président IBK : Je crois que c’est l’accord qui a été signé le 20 mai 2012 entre la CEDEAO, le CNRDRE et les autorités de la transition, qui a motivé le secrétariat général de la présidence a signé ce document.
Vous n’avez pas reçu de pressions ?
Président IBK : De la part de qui et pour faire quoi ?
Par exemple des leaders religieux pour octroyer ce statut à Sanogo.
Président IBK : J’ai dit et je répète : personne ne me trimballera.
Quelle lecture faites-vous des décisions de la réunion du 6 juin 2012 à Lomé et du sommet des chefs d’Etat et du gouvernement de la CEDEAO à Abidjan fin juin 2012, où ils ont récusé tout statut de chef d’Etat ou d’ancien chef d’Etat au Capitaine Sanogo ?
Président IBK ; Je crois bien que mon secrétariat général ne parle pas d’ancien chef d’Etat, mais d’ancien président. Si c’est un costume taillé à sa mesure comme vous le disiez tantôt, il faut féliciter dans ce cas la Cedeao. Car elle aura excellé dans la haute couture. Ce que l’opinion ne sait pas, c’est que la seconde mesure des chefs d’Etat de la Communauté concerne uniquement le statut d’ancien chef d’Etat qu’ils ont décidé d’enlever au capitaine Amadou Haya Sanogo. Titre qu’ils ne lui ont jamais donné et qu’il n’a d’ailleurs jamais revendiqué publiquement. Ce qui est actuel et qu’ils ont légitimé à jamais, c’est son statut d’ancien président de la république du Mali.
Donc, ce statut n’est pas la prime du soutien qu’il vous a apporté lors de la présidentielle passée ?
Le Président IBK : Que non, c’est le peuple qui m’a soutenu et élu. Le Mali est un pays souverain.
Monsieur le président, quelle est la situation à Kidal ?
Président IBK : C’est un peu compliqué, mais je suis confiant. Les locaux du gouvernorat et de l’Ortm ont été libérés, la présence de l’armée a été renforcée dans la ville. Soyez-sûr, il n’y aura pas d’autonomie encore moins d’indépendance. Kidal est une région de Mali et elle restera malienne.
Monsieur le président, les maliens ne vous ont plus vu voyager dans l’avion présidentiel depuis quelque temps, mais dans un jet. Pourquoi ce changement?
Président IBK : Oui, c’est vrai, depuis quelques temps je voyage dans un jet pour la simple raison que l’avion présidentiel n’est pas confortable, digne d’un président de mon rang.
Certains parlent de 3 millions de FCFA par heure pour sa location. N’est ce pas que c’est une saignée pour le budget national ?
Président IBK : Mes voyages c’est pour le Mali, ils doivent se passer dans les conditions de sûreté et de sécurité.
D’autres disent que ce jet est pour un gabonais proche de la famille présidentielle malienne. Que répondez-vous ?
Président IBK : Je dis tout simplement que j’ai d’autres priorités que de m’atteler sur des détails qui n’apportent rien au pays.
Monsieur le président pourquoi dans vos différentes interventions, vous essayez tout le temps de vous justifier ? On a l’impression que vous êtes toujours dans la peau d’un candidat.
Président IBK : C’est dans un souci de transparence que le je fais . La campagne électorale n’est pas encore finie, il reste les législatives. Je dois avoir une majorité à l’assemblée nationale, afin de matérialiser mes promesses.
Justement, votre fils Karim est candidat en commune II. Certains voient cela d’un mauvais d’œil.
Président IBK : Karim est mon fils cela vrai, mais c’est un malien comme tous les autres. S’il rempli les conditions de se présenter aux législatives cela ne doit pas constituer un problème.
Monsieur le président, quel est votre mot de la fin ?
Président IBK : Je demande au peuple de me soutenir, Inch-Allah, on va relever les défis. Cela passe par voter massivement le dimanche prochain pour une majorité présidentielle confortable à l’Assemblée nationale à l’issue des législatives.

Propos recueillis par Ahmadou Maïga

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