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Le Soir de Bamako N° 3945 du 26/11/2013

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Chu Gabriel Touré : La colère du comité syndical face aux pratiques de mauvaise gestion, de marchés de gré à gré et de népotisme auxquelles se livre le directeur général
Publié le mardi 26 novembre 2013  |  Le Soir de Bamako




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Le comité du Chu Gabriel Touré a animé une conférence de presse le week-end écoulé pour porter à la connaissance de l’opinion les maux dont souffre l’hôpital national de troisième référence dans le système de santé du Mali. Le constat est alarmant, tant dans la gestion du personnel que des ressources financières. Le comble se trouve dans le népotisme qui caractérise la gestion de la direction de cet hôpital. Le syndicat a décidé de tout déballer à travers sa sortie du week-end dernier. Ladite conférence était animée par le Dr. Loséni Bengaly et ses camarades du bureau syndical.

Le comité syndical, dans sa mission de défense des intérêts matériels, moraux des travailleurs, tout en revendiquant la création de meilleures conditions de travail pour le renforcement des capacités des travailleurs au bénéfice des patients, a toujours dénoncé et agi contre l’état de délabrement constant de l’hôpital Gabriel Touré.


Aujourd’hui, une analyse objective de la situation actuelle au Chu Gabriel Touré permet de conclure que cet hôpital assure difficilement ses missions, tant la dégradation de l’environnement et des moyens de travail est constante, palpable et couplée à une démotivation croissante du personnel.


Le secrétaire général, Dr. Loseni Bengaly, en décidant d’organiser une conférence, precise qu’il ne s’agit pas pour le syndicat d’accabler le directeur général par rapport à ce qui est ou ce qui fut, mais de rapporter des faits sur sa gestion et celle de certains de ses prédécesseurs qui ont conduit l’Hôpital Gabriel Touré dans une situation où les travailleurs manquent du minimum pour exercer, tout en étant privés de leurs droits.


Les préoccupations du syndicat s’articulent en effet autour de trois (3) axes, à savoir, selon Dr. Loseni Bengaly: l’amélioration des conditions de travail et le renforcement des capacités des travailleurs; l’avènement d’une bonne gouvernance et, enfin, l’amélioration et la préservation des acquis sociaux du personnel.


Le renforcement des capacités des travailleurs qui ont fait l’objet de communications et de revendications sans suite sont les suivants : l’équipement des blocs techniques et l’effectivité de leurs fonctions; l’approvisionnement adéquat de la pharmacie hospitalière pour la disponibilité des médicaments et autres produits pharmaceutiques, y compris ceux dans les armoires d’urgences dans les unités de soins. L’approvisionnement adéquat du laboratoire en réactifs…


L’AVÈNEMENT D’UNE BONNE GOUVERNANCE HOSPITALIÈRE
A en croire le principal conférencier, Dr. Loseni Bengaly, le Chu Gabriel Touré souffre depuis plusieurs années de l’absence d’une bonne gouvernance hospitalière. La situation s’est encore beaucoup plus dégradée avec l’arrivée de l’actuel directeur général qui, dans le fonctionnement de l’hôpital, fait fi de la hiérarchie, de l’organigramme et de l’existence des organes statutaires de gestion et de concertation.


Ainsi, la gestion de l’hôpital Gabriel Touré connaît actuellement plusieurs disfonctionnements tant au niveau de la gestion des ressources financières et matérielles qu’au niveau de la gestion des ressources humaines. Cette situation a poussé le Directeur général à confier le suivi du logiciel de la gestion des caisses de l’hôpital à son propre fils, alors que ce dernier n’est pas un personnel de l’hôpital Gabriel Touré, a déclaré le secrétaire général du syndicat.


Le comité syndical a dénoncé cette situation et a toujours exigé de la direction de l’hôpital l’assainissement et la transparence de la gestion de l’hôpital par : la tenue régulière de sessions du Conseil d’Administration et des réunions des organes de gestion, tel le comité de direction et les organes consultatifs et de gestion (Comité de Direction, Comité Technique d’Établissement, Comité Technique d’Hygiène et de Sécurité); l’amélioration du recouvrement des recettes, l’enregistrement de la totalité des frais payés par les patients pour leur prise en charge comme l’attestent les irrégularités relevées lorsqu’on procède aux rapprochements entre les reçus et les certificats d’encaissement élaborés par la direction de l’hôpital; le respect de l’organisation existant et le respect des clauses de la Convention Hospitalo-universitaire; la mise en place d’une réelle comptabilité; l’élaboration et le respect de critères objectifs dans l’attribution des marchés de prestations; l’élaboration et le respect de critères objectifs dans l’attribution des fonds alloués pour la recherche et la formation continue du personnel; la traçabilité dans la gestion des fonds reçus en subvention pour les actes de la césarienne; la gestion de l’“afflux massif” dans le cadre de l’Amo.


Pour le comité syndical, cette bonne gouvernance concerne aussi : l’évaluation de la collaboration et intervention de prestations extérieures de service (buanderie, société de salubrité et d’hygiène, société de sécurité et de Gardiennage à l’hôpital, Police Nationale à l’intérieur de l’Hôpital); renforcement du dialogue social avec les syndicats à travers la formalisation d’un cadre de concertation entre la direction de l’hôpital et les syndicats, tout en respectant le principe de syndicat majoritaire.
Le second conférencier, M. Kassambara, a indiqué qu’une gestion assainie et transparente est gage d’un hôpital performant dans l’intérêt du personnel et surtout des patients. Depuis plusieurs années le personnel du Chu Gabril Touré bénéficie d’œuvres sociales ou d’autres modes d’avantages accordés et d’intéressements, ont précisé les différents intervenants qui citent les ristournes, primes de garde et autres indemnités, sucre durant le mois de ramadan, pagnes aux femmes lors de certaines cérémonies nationales, fournitures scolaires accordées aux manœuvres, l’envoi d’agents à la Mecque pour le pèlerinage.


Aujourd’hui ces acquis sont remis en cause dans leur principes par le nouveau directeur de Gabriel Touré qui n’hésite pas à les qualifier de “factices”, voire inutiles. Au contraire du directeur, le syndicat affirme qu’il s’agit aujourd’hui de maintenir et d’améliorer ces acquis sociaux dont bénéficient déjà les travailleurs du Chu Gabriel Touré.


A quand la fin des misères des travailleurs du Gabriel Touré ? A quand la fin du népotisme dans cet hôpital ? Ce sont entre autres questions que l’on se pose. L’opinion avait cru pourtant qu’avec le départ du directeur général Abdoulaye Néné Coulibaly, ce serait la fin des misères à l’hôpital Gabriel Touré, présenté comme un mouroir par ses détracteurs. Le nouveau directeur doit alors s’expliquer.
Laya DIARRA

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