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Cheick Modibo Diarra : l`homme à abattre...
Publié le vendredi 13 juillet 2012   |  Info Matin


Présidence
© Reuters par DR
Présidence : Le président de la république reçoit le premier ministre Malien
Samedi 26 mai 2012 . Abidjan. Le président de la republique de cote d’Ivoire son excellence Allassane Dramane OUATTARA reçoit le premier ministre Malien Cheick Modibo DIARRA


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Le gouvernement de transition, dirigé par Cheick Modibo Diarra, est aujourd'hui attaqué de tous les côtés. Si au départ, des acteurs politiques, toutes sensibilités confondues (à l'exception notable du MP22), s'étaient unis pour clamer haut et fort leur volonté d'accompagner le Premier ministre et son équipe, l'idylle n'est plus de mise.
Pourquoi alors veut-on le départ du PM de son poste? Le gouvernement de CMD n'a pas connu la période de grâce, nécessaire à toute équipe gouvernementale, en dépit des priorités conjoncturelles, de souffler un peu, tout en prenant la température des défis qui l'attendent.
Pourtant, ce dernier a bénéficié d'un climat favorable.

Tous les acteurs politiques, toutes sensibilités confondues, y compris les représentants de la société civile, n'ont pas hésité, une seconde, à exprimer leur volonté d'accompagner le nouveau Premier ministre et son équipe. Et cela, à cause du contexte de crise qui les attendait et surtout les défis cruciaux auxquels ils devaient faire face.

Bien que le gouvernement de transition ait pêché par son manque d'ouverture( l'accord-cadre signé entre le médiateur de la Cedeao et la junte militaire prévoyait un gouvernement d'union nationale), sur lequel les acteurs ne se sont pas fait prier pour le dénoncer, ils ont presque tous avoué publiquement que rien ne viendra d'eux pour déstabiliser la nouvelle équipe gouvernementale.

C'était de bonne guerre. A la mise en place de ce gouvernement, compte de la crise politique aiguë à laquelle le pays était confronté, sans compter l'occupation d'une bonne partie du territoire national par des groupes armés, il était hasardeux pour ces acteurs politiques de se montrer en spectacles, au sein de l'opinion, uniquement préoccupés par des strapontins ministériels à un moment où le pays brûlait de tous les côtés.

Face à cette situation, pour le moins sensible, et non propice aux surenchères politiciennes, au risque de se dé-crédibiliser aux yeux de l'opinion publique nationale, les acteurs politiques ont dû faire bon cœur contre mauvaise fortune en supportant du bout des lèvres une équipe gouvernementale au sein de laquelle ils estiment qu'ils ont été simplement exclus.

Certes, le PM de la transition a prêté le flanc en se refusant à une certaine logique de concertation sur son attelage gouvernemental, mais le quitus donné à ce gouvernement, par ceux-là mêmes qui se sont sentis exclus et qui ont ouvertement exprimé leur désir d'accompagnement politique, était un accord politique tacite qui devrait se poursuivre pour le seul intérêt du pays, si tant est l'impératif politique recherché.
Le refrain «nous n'avons pas été consultés pour la composition du gouvernement, mais nous ne ferons rien pour la mettre le bâton dans les roues» a fait son temps au milieu de la classe politique malienne.

Mais, il ne pouvait pas durer. Car, les acteurs politiques, tapis dans l'ombre de la crise politique, n'attendaient que leur « heure » pour régler des comptes au nouveau Premier ministre, lequel sera soupçonné de vouloir défier les acteurs politiques sur leur propre terrain.
Les premières attaques contre le gouvernement partiront de là où l'on s'y attendait le moins, à savoir la Cedeao elle-même, via le groupe de contact et de suivi de la crise malienne, qui a exigé la mise en place à Bamako d'un gouvernement inclusif.

Il n'en fallait pas plus pour voir les responsables politiques sortir de leurs réserves, jusqu'ici formulées dans le sens de l'apaisement, pour rejaillir contre le Premier ministre, CMD, et son équipe qui sont subitement trimbalés sur la place publique et accusés de tous les pêchés d'Israël (du Mali, cette fois).
Au récent mini-sommet de Ouagadougou, auquel des acteurs nationaux ont participé, dans la perspective d'un gouvernement d'union nationale, des représentants du Front uni pour la démocratie(FDR), dans la feuille de route concoctée à cet effet, sont allés jusqu'à demander la nomination d'un nouveau Premier ministre de transition et un gouvernement d'union nationale qui soit le plus inclusif possible.

A l'appui de sa démarche politique, il justifie ce choix par le fait que le gouvernement de CMD s'est montré défaillant sur les tâches prioritaires à lui assignées. Certains des ténors du FDR déclarent même que le nouveau PM devra répondre aux critères d'expérience et de compétence en matière de gestion de l'État et que le choix du nouveau PM doit revenir au président de la transition, toujours en convalescence à Paris, en concertation avec la Cedeao. Les choses sont ainsi faites dans cette mouvance politique, et chez bien d'autres acteurs nationaux, qui estiment que l'actuel PM continue toujours de recevoir ses ordres de la junte militaire, et de ses plier à ses attentes, plutôt que de s'occuper à gérer le train quotidien de l'État.

Voilà qu'à moins de deux mois d'exercice, dans le pays, un gouvernement dont personne ne se trompe sur les enjeux cruciaux, perd le bénéfice de l'état de grâce pour être accusé d'immobilisme et d'inertie. Le gouvernement a à peine fini de se mettre en place qu'il est calotté de tous les côtés. On le fait en allant jusque dans les excès, car il est illogique de surfer sur les défaillances supposées d'une équipe gouvernementale qui a moins de trois mois d'existence.

Cela est d'autant plus une évidence que l'agenda principal sur lequel on stigmatise le gouvernement est celui lié à l'aspect sécuritaire. Il est évident que la stratégie de défense emporte toujours sur elle le secret qui fait qu'elle ne doit pas être publique ou du moins étalée à tout vent.

En tout état de cause, le contexte de crise que connaît le pays, avec en toile de fond la menace islamique qui gangrène, via le nord-Mali, tout le pourtour du Sahara, fait que le pays ne peut se donner le luxe de vivre une nouvelle querelle politique, à l'interne, qui finira pas étouffer le défi principal de la sécurité territoriale du pays au détriment de vaines rivalités politiques.

La lutte politique de positionnement, qui s'annonce infernale, autour de la Primature, ne profite nullement à la communion d'efforts et d'engagements politiques dont le pays, en proie à de graves périls difficultés conjoncturels, y compris existentiels, a besoin pour se remettre des blessures qu'il a endurées.
Ces blessures endurées, qui ont infligé à notre pays le sort affligeant qu'on lui connaît aujourd'hui, l'ont été des suites de mauvaises décisions et d'errements de pouvoir consécutifs à toutes ces années de gestion d'État pour lesquelles l'équipe dirigeante actuelle a peu de reproches à se faire.

Comme quoi, le gouvernement de transition actuel peut être remembré, au gré de la nécessaire fluidité politique du moment, sans qu'on lui fasse subir le cure de chamboulement dont certains espèrent, pour leurs profits personnels, et non forcément pour l'impératif de l'intérêt collectif.

Sékouba Samaké

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