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L’Indicateur Renouveau N° 1630 du 19/12/2013

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Partis politiques et opposition au Mali : Des périls en la demeure
Publié le jeudi 19 decembre 2013  |  L’Indicateur Renouveau




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Le processus électoral s’achemine vers son épilogue avec le renouvellement d’Institutions importantes telles que la Présidence de la république et l’Assemblée Nationale. Juste quelques 3 mois après l’élection du Président de la République, bientôt ce sera au tour des Députés de prendre possession de la Maison du Peuple sise à Bagadadji. Cette recomposition de la classe politique sera suivie certainement d’une autre étape, non moins importante, qu’est la nomination d’un nouveau gouvernement. Dans cette optique, chacun semble sortir sa calculette pour peser le pour et le contre d’être dans les bonnes grâces des décideurs du moment. Un jeu de positionnement qui ne va pas sans risque naturellement. Une ultime et décisive phase qui doit être abordée avec beaucoup de lucidité et surtout de responsabilité.

Le ministre de l’administration territoriale en charge des questions électorales au Mali a proclamé mardi dernier les résultats officiels provisoires complets du second tour de l’élection des députés à l’Assemblée nationale pour la période 2013 – 2018. A son tour, la Cour constitutionnelle ne tardera surement pas à faire de même pour les résultats définitifs dont elle est seule institution habilitée à proclamer. En attendant, les premiers constats qui s’imposent à l’analyse des résultats, c’est le retour en puissance du Rassemblement pour le Mali (RPM) d’Ibrahim Boubacar Keita, président de la République. En effet, avec une soixantaine d’élus à la nouvelle Assemblée nationale, le RPM n’aura besoin que tout au plus de 15 à 16 députés ailleurs pour se constituer une majorité absolue au Parlement. Lorsqu’on se rappelle ces propos d’un éminent homme politique, qui disait à juste raison que « au Mali, beaucoup de partis politiques n’ont pas la culture de l’opposition ».
Ce que cet homme d’Etat, bien au fait des réalités de la scène politique nationale, aurait dû ajouter à cette vérité qui crève les yeux, c’est que cette attitude néfaste érigée en culture politique est d’abord l’œuvre des partis considérés comme les plus représentatifs en termes de poids électoral.

A y analyser de près, la pratique s’est véritablement muée en système de gestion lors le second mandat du Président Alpha Oumar Konaré, après que l’actuel Chef de l’Etat, alors Premier Ministre, eut usé de tous les moyens en son pouvoir pour contraindre sinon dissuader toute velléité oppositionnelle chez ses concurrents politiques. Des partis comme le CNID-FYT de Me Mountaga Tall, le MPR de Choguel K. Maïga, le PSP d’Oumar H. Dicko, entre autres, ne diront surement pas le contraire pour avoir vécu les pires moments jamais égalés depuis le retour de la démocratie et du multipartisme dans notre pays. La situation s’est davantage empirée à l’arrivée d’Amadou Toumani Touré à Koulouba. Car, ce dernier n’a trouvé mieux que d’appeler tout le monde à travers une gestion dite consensuelle des affaires de l’Etat. Les rares voix qui ont osé un tant soit peu se faire souvent discordantes, ont été promptement et subtilement ramenées « à la raison d’Etat ». Ils ne sont d’ailleurs pas assez nombreux dans ce lot. Car, à l’exception du parti SADI d’Oumar Mariko, pendant le dernier quinquennat du régime d’ATT et le RPM, dans une certaine mesure, notamment sur des sujets d’intérêt national tels qu’à l’occasion de la signature des Accords d’Alger ayant mis fin à la rébellion de 2006. Mais ce « désaccord » avec la stratégie du régime d’ATT, aussi bien sur la forme que sur le fond de la question brulante de la rébellion conduite par l’Alliance du 23 mai pour le changement d’Ibrahim Ag Bahanga, n’a pas suffi pour que le RPM prenne fondamentalement ses distances d’avec le gouvernement d’alors.
La suite est connue.

Donc à l’heure où le nouveau régime s’installe, on est curieux de savoir qui va réellement s’affranchir de cette manière rétrograde et asservissante de vivre une démocratie sans opposition. Dans la vie, il faut savoir prendre des risques. En effet, selon le dicton « qui ne risque rien n’a jamais rien ». Aussi, ne dit-on pas également que « oser lutter c’est oser vaincre !». Quoiqu’il en soit, le passé récent de la gouvernance dans notre pays milite ardemment en faveur d’une opposition crédible et suffisamment responsable vis-à-vis de cet autre pouvoir naissant qui, visiblement, a du mal à cacher ses intentions boulimiques en la matière.
Les tractations vont très certainement commencer bientôt. Mais le Président de la république ne rate aucune occasion pour rappeler que sous sa gouverne « rien ne se fera au détriment du Mali, Inch’Allah ! ». Tous les acteurs semblent donc avertis de ce qu’il en est ou en sera.
A chacun de décider alors, en toute connaissance de cause, du chemin qui lui parait le meilleur sur la voie de la réalisation de son destin national !
Bréhima SIDIBE

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