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Ibrahim Sarr, maire de la commune rurale de Hawa Dembaya : «Que l’Omvs respecte ses engagements!»
Publié le lundi 23 decembre 2013  |  Le Prétoire




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Dans une interview exclusive, qu’il nous a accordée en marge des cérémonies de Felou et de Gouïna, le maire de la commune rurale de Hawa Dembaya révèle les déceptions des populations de sa commune quant à la non exécution des mesures d’accompagnement suite à la construction du barrage, évoque les élections et donne son opinion sur les alliances, parle du festival de Médine. Lisez plutôt !

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe Prétoire : Quel est l’impact de ce barrage sur l’activité touristique, d’autant plus que ces chutes constituaient un lieu d’attraction pour les touristes ?
C’est un endroit pittoresque, très joli, du début de l’hivernage jusqu’à mai l’eau bouillonne ici. Cela donne un spectacle extraordinaire et les touristes venaient de partout pour visiter ces chutes. A travers le relèvement du seuil, nous voyons de moins en moins ces chutes. Est-ce que cela n’aura pas un impact sur l’environnement, je veux dire à l’apport que le tourisme générait ? Aujourd’hui, avec ces mesures de sécurité autour de l’ouvrage, c’est normal. Est-ce qu’on pourrait toujours continuer à recevoir des touristes ?

A mon avis sur le plan de l’environnement, je veux dire la diminution des chutes, à travers les mesures sécuritaires qui feront qu’il y aura restriction de visite, je peux dire que cela peut être considéré comme un impact négatif auquel nous devons chercher une solution avec les autorités de l’Ohvn, Omvs, ne serait ce que pour pouvoir aménager un espace qui permettrait au visiteur de venir visiter. Sans pour autant porter préjudice à la sécurité de l’ouvrage. L’Omvs est une organisation sous-régionale, avec notre pays qui est membre, donc nous attendons des ressources financières issues du reversement de cette patente à la commune, qui pourrait être difficile à négocier avec les autorités de l’Omvs et peut être éventuellement avec l’Etat. Nous comptons sur la promptitude de notre président qui, je pense, porte une attention particulière au développement des collectivités territoriales, donc à la décentralisation. Nous pensons qu’il va nous aider à défendre ce dossier auprès de l’Omvs et le cas échéant prendre ses responsabilités en tant que chef de l’Etat pour compenser ce manque à gagner de la commune, que nous attendons avec beaucoup d’impatience.

Il y a quatre ans, au moment de la pose de la première pierre de ce barrage, l’Omvs a promis des créations d’emplois pour les localités environnantes, et surtout la compensation des recettes que vous allez perdre avec le barrage. Qu’en est-il réellement, les jeunes ont-ils eu du travail, et quel est le montant de la compensation de la commune de Hawa Dembaya ?
Durant trois années successives, jusqu’en 2012, l’Omvs nous a accompagnés en apportant ce manque à gagner qui est de trois millions cinq cent mille par an. Mais j’avoue, qu’en 2013, on n’a pas reçu ce montant. Je n’en sais rien par rapport aux autres années notamment jusqu’à ce que nous parvenions à rentrer en possession des ressources liées à l’exploitation du nouveau barrage de Felou. On ne peut pas avoir cette ressource de façon continuelle. Oui, ils ont tenu parole trois années successivement. Mais en 2013, on n’a pas reçu ce montant. A la question de l’emploi, au moment de la construction, plus de 60% de la main d’œuvre était de la commune. Sachant bien qu’au niveau de la main d’œuvre qualifiée, les ressources sont rares au niveau de la commune. On peut dire que l’Omvs, au niveau de la création d’emploi, au moment de la construction, l’apport de l’organisation a été conséquent. Par contre, par rapport aux autres mesures d’accompagnement qui devraient se faire dans le cadre du projet de Felou, je fais allusion à l’électrification du village, à la création de périmètre maraicher pour les femmes, à la création aussi du centre de projet, pour un montant de trois milliards et quelques, aujourd’hui nous sommes à moins de 3% de réalisations, par rapport aux engagements qui devraient être tenus. A ce niveau, c’est une grande déception de la commune, et nous continuons quand même à engager un plaidoyer auprès de l’Omvs et de ses partenaires. Et nous comptons également sur l’accompagnement de l’Etat pour que la commune puisse rentrer dans ses droits.

Un engagement a été pris par le conseil de ministre de l’OMVS. L’Etat malien doit à mon avis nous accompagner dans la réalisation du plan d’accompagnement. La déception est très grande.
Au-delà de toutes ces promesses et engagements, il n’en demeure pas moins que le site est construit sur le territoire de la commune de Hawa Dembaya. Est-ce que vous avez des projets en vue afin que la commune puisse en bénéficier ?

Je vous dis déjà, si notre plan d’accompagnement de mesures environnementales, sociales et économiques qui est déposé sur la table de l’Omvs venait à avoir une réalisation à hauteur de souhait, je peux dire que notre commune pourra se satisfaire dans un premier temps de ça. Les autres, on les négociera au fur et à mesure de l’exploitation. Je vous dis que sur ces trois milliard, on n’a pas 3 % de réalisation. Imaginez que nous arrivions à un taux de réalisation assez conséquent qui embrasse tous les domaines, à savoir l’Education, la santé, le développement économique, qui est extrêmement important, c’est cela qui permettra à la population de créer la richesse. Donc de profiter du barrage pour créer la richesse. Notre premier cheval de bataille, aujourd’hui, c’est la réalisation de ce plan pour le développement socio économique de la commune. Non seulement ça prend en compte les impacts négatifs par rapport à l’implantation du barrage dans tous les domaines, mais aussi ça prend en compte le plan de développement de la commune qui a été négocié à l’époque. Donc, vous voyez que ce n’est pas rien. Déjà en arrivant à satisfaire cela, on aurait atteint nos objectifs de développement à moyen et long termes, nous allons nous inscrire dans une perspective de négociation tout au long de l’exploitation du barrage entre les exploitants du barrage, l’OMVS et le maitre d’ouvrage, avec l’Etat également qui a une part dans ce processus gouvernement.
Un mot sur les élections, nous venons de boucler le cycle des législatives, est-ce que vous avez été satisfait du déroulement, quel a été le taux de participation ?

Non, je ne suis pas satisfait, même si le candidat de ma formation politique (URD) et ses alliés ont été provisoirement élus, personnellement, parce que les stratégies d’alliance qui ont été mises en place, ne me paraissent pas morales. Ceci a eu comme conséquence un taux de participation très bas. Au niveau de ma commune, nous sommes à 45%. Mais au niveau du cercle de Kayes, je ne pourrais rien dire avant que les résultats provisoires officiels me soient donnés. Donc une démobilisation totale des électeurs qui s’est manifestée à la campagne. On ne sentait pas cette effervescence populaire lors de la campagne. C’est quand même une bonne chose qu’on puisse boucler ce processus électoral afin que le Mali puisse rentrer de nouveau dans une sorte de stabilité politique et faire face aux actions de développement.

Du point de vue organisation, tout était ok ?
En matière organisationnelle, il n’y a pas eu de problèmes majeurs dans la commune. Je crois savoir qu’il n’y a jamais eu de plainte de ce genre, sinon je l’aurais su.
Votre formation politique était opposée à quelle liste ?


On était opposé au deuxième tour à la liste RPM, Fare Anka wuli et d’autres alliances.
Après la restauration du Fort de Médine et la construction du barrage de Felou, on peut dire que Médine renait de ses cendres cinquante ans après l’indépendance ?
Absolument, en tout cas le processus est lancé, il y a aussi un désenclavement avec la route goudronnée qui passe par Médine, il y a également le Fort de Médine qui a été réhabilité. La Centrale de Felou qui a été rénovée avec une capacité de production qui a été multipliée par cent. Cela a été dit un jour par un grand connaisseur qu’un jour viendra où Médine retrouvera sa splendeur d’antan. N’oubliez pas que Médine a connu son apogée, avec une augmentation de sa population qui compte douze mille personnes.

Nous sommes aujourd’hui autour de mille deux cent (1 200). Donc, j’ose croire à cette dynamique de développement qui se met en place. Mais aussi, les Médinois qui avaient délaissé le village commencent à revenir, achètent des terrains et construisent. Cela est un bon signe, qui montre que nous sommes sur la bonne dynamique. Et qu’un jour viendra, Médine sera une métropole, n’oubliez pas que Médine était quand même à un moment donné de l’histoire du Mali capitale du soudan Français. Je suppose qu’on a amorcé la dynamique du développement, rien ne nous arrêtera dans cette marche. Le problème sécuritaire, qui n’est pas lié seulement à Médine mais à l’ensemble du territoire national, qui fait qu’on est classé zone rouge par endroit et orange par ailleurs, qui fait que les touristes n’ont pas cette opportunité de venir au Mali à plus forte raison au niveau de Kayes et de Médine. Sachant bien que même au plus fort de son développement dans le cadre du tourisme, Médine n’était pas une destination primordiale. C’était Djenné, Tombouctou et autres.
Et le Festival de Médine, qu’est-ce qu’il est devenu aujourd’hui ?

C e festival se porte très bien, et je vous annonce que la prochaine édition se déroulera du 20 au 23 février 2013, et que n‘eut-été les événements du 22 mars 2012, ce festival n’aurait pas connu d’interruption. Cela fait exactement la 8ème édition que nous organisons d’affilée, et le festival allait en grandissant d’année en année. Et il a contribué à donner un élan extraordinaire au tourisme. Donc, nous pensons à ce niveau reprendre la main pour pousser le développement du tourisme à travers ce festival.
Réalisée par Birama Fall, envoyé spécial à Kayes

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