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Au Mali, les militaires français toujours sous la menace jihadiste
Publié le mercredi 1 janvier 2014  |  nord-mali


© aBamako.com par DR
Opération Serval: l`armée française au mali


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En visite auprès des troupes de la force Serval pour le réveillon, le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian a assuré que la France restera à côté des forces maliennes.

Comme une piqûre de rappel. Pendant la nuit de Noël, les soldats français de la force Serval déployés à Gao, dans le nord du Mali, ont essuyé un tir de roquette, le premier depuis le mois de septembre. Sur le coup de minuit histoire de faire symbolique. Manière, pour les groupes djihadistes qui opèrent dans la zone sahélienne s’étendant entre le Mali, le Niger et l’Algérie, de se rappeler au bon souvenir de Paris. De quoi aussi prouver aux militaires qu’il reste encore pas mal de boulot à Gao à l’heure du redéploiement du contingent français, qui passera de 2 500 à 1 000 hommes fin février.

«Il ne faut pas laisser revenir les groupes que nous avons disqualifiés» dans cette bande saharo-sahélienne, souligne Jean-Yves Le Drian, en visite de trente-six heures au Mali à l’occasion du Nouvel An. «Notre dispositif change, nos missions aussi. Nous devons enrayer toute velléité de retour des milices jihadistes […] ce fléau qui gangrène une partie du continent africain», insiste le ministre de la Défense, qui reviendra au Mali le 20 janvier pour signer un accord de défense bilatéral. «Nous resterons aux côtés des forces maliennes. Il faut une force dissuasive pour toute la région. La menace de déstabilisation est partout», ajoute Le Drian, qui a coutume de dire qu’au Mali, les Français ont «un ennemi», les islamistes, et «deux adversaires : la distance et le climat».

Depuis Gao, préfecture régionale du nord-est du Mali installée le long du fleuve Niger et déjà située à 1200 kilomètres de Bamako, il faut deux journées de route pour rejoindre Kidal, deux de plus pour aller à Tessalit. Entre les deux, c’est l’Adrar des Ifoghas, un massif rocailleux hostile où les températures peuvent monter jusqu’à 50°c et où sont éparpillées des milices islamistes Ansar Dine et Mujao.

Un «désert océanique» bien différent de la vallée de la Kapisa et de la Surobi, en Afghanistan, où les Français opéraient jusqu’à l’an dernier: vingt kilomètres de long, 40 de large à l’époque contre un carré de 800 kilomètres de côté aujourd’hui. Mais comme en Afghanistan, l’armée se trouve confrontée au même problème: la dissimulation des terroristes dans la population. «Ils nous évitent, ne cherchent pas la confrontation. Ils se fondent dans la masse et l’identification positive est très difficile pour nous», explique le lieutenant-colonel Calvez, chef des opérations tactiques à Gao. Pour lui, depuis un an, les «grands groupes» terroristes ont disparu pour se reformer en petites unités d’une trentaine d’hommes mais «la pression ne s’est pas relâchée» pour autant.

«Facilitateurs»
Parmi les djihadistes, «il y a des permanents et des occasionnels, les recrutements fluctuent», note le général Guionie, numéro deux de la force Serval. Ce qui rend la sécurisation encore plus compliquée. «Nos adversaires ne se rangent pas dans telle ou telle boîte. On ne peut pas agir selon cette vision cartésienne», confirme le lieutenant chef Calvez.

Petit à petit pourtant, le travail des Français sur le terrain paie: les habitants de Gao n’hésitent plus à fournir des renseignements sur les groupes djihadistes. Quatre «facilitateurs», des hommes chargés de faire le relais entre les milices et les civils, ont été arrêtés récemment près de Tombouctou, dont le dernier par les forces maliennes.

Signe de la vitalité des groupes islamistes dans la région, les soldats de Serval ont découvert une cache de cinq tonnes de nitrate d’ammonium, le principal composant des explosifs artisanaux, près de Tessalit le 29 décembre. Au début du mois, c’est un camp d’entraînement intégral qui a été mis au jour dans le désert : une station-service enterrée, des stocks de pièces détachées mécaniques, des pick-up cachés sous des toits de paille, des caches de médicaments et des champs de tirs. Le tout indétectable par survols aériens mais utilisé moins de trois jours avant l’arrivée des militaires français dans la zone.

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