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L’Indépendant N° 3412 du 6/1/2014

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Eventuel procès pour « haute trahison » contre ATT : IBK et Dioncounda cités comme complices
Publié le mercredi 8 janvier 2014  |  L’Indépendant




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Anciens présidents de l’Assemblée nationale durant la décennie 2002-2012, IBK et Dioncounda Traoré ont cautionné l’ensemble de la politique du président ATT, y compris dans la gestion de la question sécuritaire du septentrion malien. On peut donc s’attendre à ce qu’ils soient cités pour complicité si l’ancien chef de l’Etat doit effectivement comparaître pour « haute trahison ».


L’histoire retiendra que sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, de juin 2002 au 22 mars 2012, les deux personnalités qui ont dirigé l’Assemblée nationale et qui sont devenues président de la République sont Ibrahim Boubacar Kéita et Dioncounda Traoré. Si le premier a dirigé la représentation nationale dans un contexte politique marqué par le consensus, le second a occupé le perchoir de l’Hémicycle de 2007 à 2012 avant de diriger le pays comme président intérimaire puis président de la transition. Comme on peut le constater, le Mali de ces dix dernières années a été marqué par la présence de ces trois personnalités aux hautes fonctions de l’Etat.


En effet, il faut souligner que durant son premier quinquennat, le président Amadou Toumani Touré a mis en œuvre une « gouvernance partagée » que l’on a aussi qualifiée de gestion consensuelle du pouvoir. Ce système de gouvernance avait permis d’associer tous les acteurs politiques à la gestion des affaires publiques. C’est dans ce contexte que le leader du RPM, IBK, fort d’une majorité relative à l’Assemblée nationale, a été propulsé, grâce à l’appui du locataire de Koulouba, à la tête de cette institution. Le kankélétigui devenait ainsi la deuxième personnalité de la République. Et son parti était membre du gouvernement avec notamment les ministres Maïga Zéinab Mint Youba à la santé et Nancoman Kéita à l’Environnement et à l’Assainissement. Ce n’est qu’avec le désaccord exprimé par le parti du tisserand à propos de l’accord d’Alger de juillet 2006 que IBK et ses amis ont pris une timide distance vis-à-vis de Koulouba. Toutefois il faut signaler que l’Accord a été bien accueilli par l’Assemblée Nationale, dirigée par le leader du RPM, qui a «noté avec satisfaction la prise en charge par le Gouvernement de son souci d’aboutir à un règlement par la voix du dialogue et de la concertation des problèmes survenus au nord de notre pays le 23 mai 2006 ». En clair, l’institution présidée par IBK au moment des faits a approuvé la démarche du président de la République qu’elle a félicité d’ailleurs pour la signature dudit accord. Mint Youba sera même nommée, quelques mois plus tard, conseillère spéciale d’ATT.


En outre, durant son second quinquennat, « le soldat de la démocratie » a encore fait confiance au RPM en nommant Bokary Tereta, le secrétaire général de ce parti dans son gouvernement. Il restera aux affaires, IBK député jusqu’au coup d’Etat du 22 mars. Un autre ténor du RPM, Abdramane Sylla, l’actuel ministre des Maliens de l’extérieur est resté vice-président de l’Assemblée nationale durant toute la législature.

Comme on le voit, IBK et le RPM ont, dans une large mesure, participé à la gestion du pays sous ATT. Il ne saurait donc être question de « haute trahison » à mettre à la charge de ce dernier sans que l’actuel président de la République ne soit interpellé.


Par ailleurs, le successeur d’IBK au perchoir de l’Hémicycle, Dioncounda Traoré, non moins président de l’ADEMA, a été l’un des plus grands collaborateurs de l’ancien président de la République aujourd’hui réfugié à Dakar. Il était à la tête de l’Assemblée nationale quand la crise sécuritaire a été déclenchée dans le septentrion du pays. Le parti de l’abeille, qui se réclame aujourd’hui l’un des plus grands alliés du pouvoir d’IBK, a occupé des postes stratégiques au sein des gouvernements successifs sous ATT.


Rappelons que le gouvernement a saisi le 18 décembre dernier l’Assemblée nationale, qui abrite également la Haute cour de justice, afin de traduire en justice l’ancien chef de l’Etat Amadou Toumani Touré qu’il accuse de « haute trahison ». Dans un communiqué le 27 décembre, les autorités reprochent à ATT de n’avoir pas assumé ses responsabilités de chef suprême des armées en « facilitant la pénétration et l’installation des forces étrangères sur le territoire national, notamment en ne leur opposant aucune résistance ». Le gouvernement accuse aussi l’ancien chef de l’Etat pour avoir « participé à une entreprise de démoralisation de l’armée caractérisée par les nominations de complaisance d’officiers et de soldats incompétents et au patriotisme douteux à des postes de responsabilité, au détriment des plus méritants entraînant une frustration qui nuit à la défense nationale ». Par ces accusations, IBK ne scie-t-il pas la branche sur laquelle il est lui-même assis ?

Si le procès doit avoir lieu, il ne fait pas de doute que les conseils d’ATT ne manqueront pas de citer les deux anciens présidents de l’Assemblée nationale à la barre. Pour complicité active dans « la haute trahison ».


Bruno Djito SEGBEDJI

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