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Cheick Modibo Diarra : La sueur sous la pluie
Publié le jeudi 19 juillet 2012   |  Le Matin


Activités
© Autre presse par GETTY IMAGES
Activités gouvernementales : Visite du Premier ministre malien à Ouagadougou
Mardi 17 juillet 2012. Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra se rend à Ouagadougou pour rencontrer le médiateur Blaise Compaoré.


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C’est un Premier ministre plus que jamais déterminé à accomplir sa mission qui est apparu sur le petit écran, lundi dernier. Cheick Modibo Diarra s’est consacré, presque durant trois mois, à l’essentiel : la reconquête de l’intégrité du territoire ou encore la résolution de la crise politique qui oppose les Maliens. Il a sans doute fait montre de tact dans le brouhaha qui a cours, aujourd’hui, sous nos tropiques. Non sans s’occuper du dur quotidien des pauvres bouts de bois de dieu maliens. Mais devant l’urgence et l’énormité de la tâche, ses efforts se masquent.


Pour reconquérir le nord, le terrain doit être balisé, et nous devons mettre toutes les possibilités de notre côté : c’est ce que semble dire le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, apparemment pris entre deux feux : celui des politiciens professionnels et les occupants des 2/3 du Mali dont le comportement met une pression folle sur le gouvernement de Cheick Modibo Diarra. Il y a sans doute des imprévus qui peuvent fausser les calculs. Et dieu seul sait qu’imprévus, il y en a aujourd’hui. C’est pourquoi le Premier ministre a pris son bâton de pèlerin pour sillonner quelques capitales de la sous-région (Alger, Rabat, Dakar, Niamey) et la France pour expliquer la réalité du terrain et en même temps solliciter leur soutien au Mali et aux Maliens.

« Dans tous ces pays, il m’a été donné l’occasion d’échanger avec mes frères et amis, de la situation du Mali, de son devenir, des voies et moyens pour libérer le pays du joug des irrédentistes, des terroristes et autres narcotrafiquants », a dit le Premier ministre dans son discours. Avant d’expliquer que : « le Gouvernement actuel a été composé dans un contexte particulièrement difficile. Lors de ma nomination, le climat politique n’était pas à la sérénité. L’approche des réalités était viciée par une vision manichéenne qui faisait que les acteurs politiques se regardaient en chiens de faïence.
Nous avons donc été amené à faire le choix d’une équipe gouvernementale qui tout en reflétant l’unité et la diversité de la Nation, se voulait en dehors des contingences partisanes. C’était de notre point de vue, la meilleure façon de traverser la zone de turbulence. Dans cet environnement particulier, le Gouvernement qui bouclera ses trois mois, le 24 juillet prochain a assuré avec beaucoup de réussite, les tâches ingrates mais exaltantes de l’Etat. Il s’est attaché à l’adoption des mesures visant à apaiser les tensions sociales à travers divers projets de lois soumis à l’Assemblée nationale ». Un speech, pour le moins qui ressemble à un mini bilan de ses, presque, 90 jours passés à la tête du gouvernement. Un gouvernement né dans la douleur.

Travailler avec toutes les composantes de la société

Aussi, pour promouvoir le dialogue sociopolitique, Cheick Modibo Diarra, a-t-il toujours associé la classe politique, les organisations de la société civile et autres forces vives de la nation pour trouver les voies et moyens de relever les défis de la Transition. Il a aussi affiché son intention de mettre sur pied un organe consultatif destiné à servir de cadre de dialogue. ‘’Cet organe qui regrouperait des représentants des Partis politiques, de la société civile, des dignitaires religieux, des opérateurs économiques, des représentants des forces armées et de sécurité, serait le lieu d’échanges réguliers avec le Gouvernement sur la marche de la Transition, notamment la restauration de l’intégrité territoriale et l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles’’.
L’enclenchement du dialogue avec la classe politique est aussi au menu. Et, selon lui, dans les jours à venir, les forces vives seront conviées à un forum d’échanges sur les grandes préoccupations de la Nation.

La Reconquête du nord se prépare

Un homme d’Etat ne divulgue pas des secrets d’Etat. C’est au nom de cette disposition que le Premier ministre a opté pour l’omerta pour ce qui est de la Reconquête du nord du Mali. Un vœu ‘’pieux’’ que Cheick Modibo Diarra veut respecter à n’importe quel prix. L’armée serait dans de bonnes dispositions même si elle a encore besoin d’une assistance logistique de la Cedeao, de l’Union Africaine, de l’Union européenne ou encore des USA.

« Je voudrais réaffirmer ici haut et fort que nous n’abandonnerons jamais nos compatriotes du Nord et ce qui arrive dans les zones où ils vivent est une affaire nationale, ouest-africaine, africaine et même mondiale. Nous le savons et le reste du monde le sait. Nous n’avons d’autre option que de nous unir », a-t-il déclaré dans son adresse à la nation, lundi soir.

Privilégiant le dialogue, Diarra n’écarte pas l’option militaire pour la Reconquête du nord. Toutefois, son gouvernement se prépare minutieusement à l’option militaire.

Un Pm sur plusieurs fronts

Campagne agricole, école, quotidien des Maliens…sont aussi au centre des préoccupations d’un Premier ministre au four et au moulin. Ce faisant, la réussite de la campagne agricole 2012-2013 a amené le gouvernement à subventionner les semences, les intrants, histoire de prévenir une crise alimentaire dont les conséquences pourront être pernicieuses pour les populations déjà alitées par une crise politico-sécuritaire. Idem pour les produits de grande consommation comme le riz que le gouvernement a subventionnés à 100%, s’il vous plait !

Très couteuse pour un pays qui se débrouille désormais seul, sans bailleurs de fonds, l’école fonctionne et les examens sont en cours.

Mais devant l’énormité des engagements et des urgences du moment, Cheick Modibo Diarra donne l’impression de transpirer sous la pluie. Il accomplit sa mission sans tambour ni trompette mais l’urgence masque ses efforts.


A.H.Maïga

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