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Nouvel Horizon N° 4550 du 22/1/2014

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Projet d’accord de défense entre le Mali et la France : Le réalisme d’IBK
Publié le jeudi 23 janvier 2014  |  Nouvel Horizon




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"La chèvre qui mord le visiteur dangereux humilie le chien", dit une sagesse de chez nous. En effet, lorsqu’une personne se montre incapable d’accomplir son devoir, de faire son travail au point qu’une autre soit obligée de le faire à sa place, ce n’est pas honorable. C’est dire que lorsque l’armée française a dû se résoudre à débarquer dans le septentrion malien pour restaurer l’intégrité territoriale en lieu et place de l’armée malienne, cela n’a pas été à l’honneur de la Grande muette du pays de Soundjata.

Au moment où l’armée malienne souffle sa cinquante-troisième bougie, les défis qui l’attendent demeurent énormes. Elle devra relever le pari de la restructuration, de la cohésion, de la formation et de l’équipement, entre autres.

Un regard rétrospectif permet de constater qu’en plus de cinquante ans d’indépendance, trop peu d’acquis ont été engrangés en ce qui concerne les forces armées sous nos tropiques.
Ce n’est certainement pas avec fierté que l’armée malienne a vu débarquer les troupes françaises venues libérer le pays des mains des islamistes

On se retrouve avec des armées dont les rares hauts faits d’armes auront été de s’accaparer du pouvoir politique. Bien de nos militaires pensent n’avoir pour seul devoir que de protéger les princes du moment et estiment une fois ce devoir rempli, que c’est suffisant. En d’autres termes, les pays africains, dans leur immense majorité, n’ont pas d’armées républicaines. Il est moins question de protéger l’intégrité territoriale de leur pays. Des efforts sont certes faits ici et là, mais le chemin est encore long.

En tout cas, ce n’est certainement pas avec fierté que l’armée malienne a vu débarquer les troupes françaises venues libérer le pays des mains des islamistes. A l’occasion, elle a été réduite à jouer les seconds rôles. Elle aurait probablement préféré une meilleure posture. Mais elle n’en avait pas les moyens logistiques, financiers ni humains. Face à cette réalité, la volonté annoncée du président Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) de signer des accords de défense avec la France n’a rien de choquant. Bien au contraire, cette annonce traduit tout le réalisme dont il fait preuve.

En effet, qu’aurait été le Mali aujourd’hui sans l’intervention des troupes françaises ? Les djihadistes seraient certainement en train de faire la pluie et le beau temps sur l’ensemble du territoire malien et dans ce cas de figure, les pays limitrophes auraient probablement été dans leur ligne de mire, si ce n’est sous leur joug. Aucune armée de la sous-région, pas même la force en attente de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, n’a su se montrer à la hauteur du défi lancé par les djihadistes du Nord-Mali.

Il appartient à Bamako de savoir négocier un accord qui préserve au mieux ses intérêts
Dans ce contexte, vouloir utiliser l’argument de la souveraineté en dénonçant tout accord de défense, est à la limite de l’aveuglement. En attendant que les pays africains pris individuellement ou collectivement se dotent d’armées à la hauteur des défis actuels, on ne peut pas taxer d’irresponsables ceux qui ont encore la lucidité de voir que l’Afrique ne s’est plus encore donné les moyens d’assumer sa souveraineté. En effet, que vaut une souveraineté sans moyens de la protéger, de la défendre en cas d’agression extérieure, comme ce fut le cas lors de l’attaque des islamistes au Nord-Mali ?

Les autorités maliennes sont conscientes que le territoire malien est très vaste et que ce n’est pas du jour au lendemain que l’armée malienne sera capable, à elle seule, de le sécuriser. Sa récente expérience a permis au Mali de comprendre également que ce n’est pas demain la veille l’opérationnalisation d’une force de défense ouest-africaine voire africaine, capable de voler au secours d’un État menacé de disparition. IBK est donc bien inspiré de chercher à formaliser cette collaboration avec la France. Il ne le serait pas moins s’il prospectait également du côté des Etats-Unis, ne serait-ce que pour les renseignements, avec la contribution des drones.

Dans un accord de ce genre, chaque partie devra trouver ses intérêts. Que la France ait des intérêts en signant un accord de défense avec le Mali n’est que normal. Une guerre comme celle qu’elle a menée contre les hordes islamistes au Mali, a un coût. Et si la France est allée casser du djihadiste, ce n’est pas pour les beaux yeux du Mali. En d’autres termes, la F rance tout comme le Mali devra trouver son intérêt dans cet accord. Il faut juste souhaiter que Bamako ne perde pas son âme dans cet accord.

Il lui appartient, dès lors, de savoir négocier avec le plus de clairvoyance et de doigté possible, un accord qui préserve au mieux ses intérêts.
Source : Le Pays (Burkina Faso) du 21 janvier 2014

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