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Mohamed Ali Bathily va-t-il être dégommé ?
Publié le mercredi 29 janvier 2014  |  Nouvelle Libération




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Il ne fait pas bon d’être membre de l’actuelle équipe gouvernementale dont les jours seraient comptés. En effet, selon plusieurs sources, un remaniement serait imminent et beaucoup de ministres seront «dégommés», même ceux qui font l’actualité ces derniers temps.

En l’occurrence Mohamed Ali Bathily, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, qui serait probablement lâché par le président de la République. Pourtant, à sa nomination, il se disait qu’il était un très proche d’Ibrahim Boubacar Keïta. Comment alors expliquer son éventuel départ du gouvernement ? Il faut quand même reconnaître que l’homme a commis beaucoup de maladresses, allant jusqu’à s’afficher sur des scènes de découverte de charniers et à émettre la possibilité que cette découverte puisse faire évoluer les charges contre les acteurs de ces charniers. Ce qui ne relèverait de ses compétences, selon beaucoup de spécialistes.

Péril toujours présent au Nord

Les derniers événements montrent que les jihadistes n’ont toujours pas dit leur dernier dans leur volonté d’occuper le Nord du Mali. En plus des explosions d’obus vendredi dernier, plusieurs sources croient savoir que les jihadistes ont encore de nombreuses caches d’armes dans les régions de Gao, Tombouctou et Kidal. Justement, à Kidal, la situation n’est pas non plus claire puisque les négociations entre Bamako et les groupes armés sont au point mort. Ce qui fait planer d’énormes risques sur un retour définitif de la paix. Les protagonistes restent campés sur les positions : Bamako voulant que toute négociation se déroule au Mali, et ce qui n’est pas le souhait des groupes armés. En tout cas, le péril demeure au moment où Paris allègue son dispositif militaire, alors que les forces onusiennes ne sont toujours pas au complet.

L’Algérie serait-elle jalouse du Maroc ?

La volonté d’Alger de revenir au devant de la scène dans les négociations entre Bamako et les groupés armés du Nord (Mnla, Hcua et Maa) peut avoir plusieurs explications. Et l’une d’entre elles serait, selon des observateurs, les relations au fixe entre les autorités maliennes et le Royaume chérifien. Comme pour raffermir ces relations, il y a eu cette présence remarquée du Souverain marocain aux côtés du président malien lors de son investiture. Mieux, depuis plusieurs mois, le Maroc anime un hôpital militaire dans la capitale malienne. De quoi faire «jalouser» l’Algérie qui tient le Maroc comme un concurrent de tous les temps. Faut-il aussi reconnaître que les autorités maliennes ne sont pas contre l’intervention des Algériens dans les négociations avec les groupes armés. La visite d’IBK à Alger en atteste.

À César ce qui lui appartient

Il est totalement irresponsable de sous-estimer l’apport de la Cédéao dans la gestion de la crise malienne. Et à travers elle, la médiation burkinabè qui a travaillé à emmener Bamako et les groupes armés à parler le même langage. Certes, tout n’est pas rose, mais il revient aux autorités maliennes, maintenant qu’il y a un président élu et une Assemblée nationale en place, de reprendre l’initiative dans la perspective de trouver un terrain d’entente avec les groupes armés. La médiation burkinabé et la communauté internationale ne devraient venir qu’en appoint aux autorités maliennes. Il faut donc que le Mali prenne ses responsabilités et dise clairement ce qu’il veut. Comme le dit un diplomate ouest-africain, qui estime que la médiation a fait son travail et que c’est au Mali de savoir ce qu’il veut : «C’est aux acteurs maliens de se prendre en charge». Et Bamako doit comprendre qu’il faut savoir souvent lâcher du lest pour pouvoir avancer.

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