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Croisade contre l’insalubrité : La charité bien ordonnée, commence par soi
Publié le samedi 1 fevrier 2014  |  Le Pouce




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Il est beaucoup question, ces derniers temps, de salubrité dans la capitale malienne. En effet, depuis l’élection du président IBK, à la tête du pays, un accent particulier est mis sur le problème de l’insalubrité dans la capitale, Bamako. Le président de la République souhaiterait voir une capitale plus propre dans laquelle, il fait bon de vivre. Tout simplement.


Bamako est salle. Elle serait même indigne d’une capitale. En effet, le visiteur qui quitterait l’Aéroport ou rentrerait par voie terrestre, serait vite frappé par l’image des tas d’ordures qui jonchent le long des artères. Il serait, également, envahi par la poussière qui s’élève du ciel grâce aux matchs de football dans les quartiers ; la fumée des pneus brûlés afin de retirer le fer. Il se prendra la gorge à cause des odeurs nauséabondes, dues aux puisards mal fermés, aux caniveaux ouverts, aux charognards…Il sera vite envahi par les mendiants plus miséreux que la misère ; il risquera de glisser sur des peaux de bananes oubliées par terre ou d’être arrosé par des sachets qui contiennent encore le reste d’eau bue puis jeté par terre. Dans chaque carrefour, il verra des œufs écrasés au sol ; des résidus de décoction, ou des poils de chèvre, de chat, de moustique enfouis dans une calebasse noire avec des noix de colas verts rouges noirs, signe que les habitants du gros « village », restent très ancrés dans leur tradition. Finalement, il (le visiteur) se demandera dans quelle capitale il est !… Bienvenue dans « Bamada » l’île aux trois caïmans, la terre de Soundiata, Soni Ali Ber, Kankou Moussa, Samory Touré, Babemba, Tièba…. « Bamada », la capitale du président…IBK à l’allure du 21ème siècle.


Disons-le franchement et, surtout, n’ayons pas honte de le dire : Bamako est sale, même très sale. Quoi faire ?


Au lendemain de son investiture et dans le gouvernement qu’il a fait faire, le Président IBK a instruit la création d’un ministère de l’Urbanisme et de la politique de la ville. Il s’agit, en mot, d’un département ministériel chargé de rendre la capitale et ses alentours, propres, dignes être appelés capitale du Mali. Mission impossible ? Certains Maliens préfèrent ne pas se prononcer là-dessus et de voir faire. Car, pour eux, ce n’est pas Bamako qui est sale, mais, plutôt, le Malien. Vouloir laver Bamako de ses ordures, revient à vouloir laver chaque Malien. D’où le scepticisme de certains observateurs selon qui « au lieu d’aller balayer devant la porte de ton voisin, balaie d’abord devant chez toi ». Pour eux, ceux qui se lancent contre l’insalubrité, sont, généralement, eux-mêmes, sales. Leur lieu de domicile, est putréfiant.


Ce qui revient à dire que la lutte contre l’insalubrité ne peut aboutir que lorsque chaque Malien en aura fait son problème personnel. Le gouvernement devra rendre d’abord propres ses propres départements avant d’instruire aux autres de nettoyer les leurs. Or, dans la cour de ces services publics, comme leur nom l’indique, c’est le désordre public. A bas la propriété. Même jusqu’à l’intérieur des bureaux en passant par l’intérieur des … véhicules de service.


Dehors, dans les quartiers, les tas d’ordures sont devenus des géants menaçant d’entrer dans les concessions. Pourtant, ce sont des milliards du contribuable ou des donateurs naïfs, qui sont donnés gracieusement à des GIE soi-disant spécialisés dans le ramassage d’ordures. Chaque jour qui passe, ces ordures prennent du volume et deviennent imposant au point d’être des montagnes en plein centre-ville.


IBK pourra-t-il avoir raison de ces géants aux pieds robustes ? Vait and see !

Sinaly

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