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Discours d’ouverture de l’atelier sur « les leçons apprises sur la mise en œuvre des accords de paix au Mali et expérience des pays de la région »
Publié le jeudi 13 fevrier 2014  |  Primature


© aBamako.com par mouhamar
Forum National sur la corruption et la délinquance financière au Mali
Bamako, du 23 au 24 janvier 2014 au CICB. C` est ouvert ce jeudi, le Forum National sur la corruption et la délinquance financière au Mali, sous le haut présidence de Oumar Tatam LY, Premier ministre, Chef du Gouvernement.


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Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Messieurs les présidents et membres des Institutions de la République,
Monsieur le représentant spécial du SG des NU,
Excellences Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique et consulaire, et les représentants des Organisations Internationales,
Madame et Messieurs les représentants des partenaires à l’Accord de Ouagadougou
Mesdames et Messieurs les représentants de l’Etat et de la société civile, en vos respectifs rangs et qualités,
Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

Le maître de cérémonie faisait tout à l’heure référence au Mythe de Sisyphe. Une première lecture peut donner le sentiment que ce dont il est question dans ce mythe, c’est l’inutilité de l’effort sans fin.
En vérité, quand on y regarde de plus près, dans le contexte qui est le nôtre aujourd’hui, il évoque la reconstruction du vivre ensemble et la recherche des conditions d’une paix effective et durable. Ce que dit le Mythe de Sisyphe, c’est que la paix, le vivre ensemble ne peuvent être reconstruits et maintenus que par un effort sans fin. Ce qui suppose un effort permanent.
C’est cela qu’un philosophe bien connu, Albert CAMUS, a pu écrire dans un ouvrage qu’il a consacré à ce mythe qu’il faut imaginer Sisyphe heureux. Notre effort, celui que nous inaugurons aujourd’hui, sera un effort permanent, un effort constant. Nous prendrons le rocher, nous le porterons au sommet de la montagne. Le rocher descendra la pente, mais nous irons le chercher et le remonterons de nouveau. C’est par un effort permanent, c’est par cet effort sans fin que se construisent les sociétés, qu’elles se maintiennent et qu’elles se développent. Il n’y a pas d’alternative à cela. Il n’y a aucun découragement à éprouver face cet effort sans fin, celui de notre vivre ensemble.
Nous vivons un jour historique. Depuis très longtemps, nous ne nous étions pas trouvés ensemble, réunis dans notre diversité, dans une même salle, pour parler de nous-mêmes et des liens qui nous unissent, pour évoquer les déchirements que nous avons connus.
Permettez-moi de rendre grâce à Allah le Tout-Puissant de nous avoir permis de vivre ce jour. Qu’Il nous inspire, qu’Il nous guide tout au long de cette journée et des jours qui viendront au cours desquels nous travaillerons à construire ce que sera demain pour nos enfants.
Le Président de la République a pour coutume de dire que nous avons reçu ce pays en partage et que n’avons pas d’autres options que de vivre ensemble. Nous devons en définir les règles, nous devons reconstruire, sur les souffrances qui ont été ressenties, sur celles qui restent ressenties. Cela prendra sans doute du temps, cela va requérir beaucoup d’humilité, beaucoup d’effort de chaque partie. Encore une fois, cet effort, il faut y consentir, parce qu’il n’y a pas d’alternative à cet effort. Il sera continu tout au long de nos vies, tout au long de celles de nos enfants, je l’espère. Il faut imaginer Sisyphe heureux !
Je voudrais, à l’entame de mon propos, remercier et féliciter tous les acteurs ici présents pour avoir fait le voyage de Bamako. Je voudrais également remercier la MINUSMA et les membres du corps diplomatique qui nous accompagnent depuis des mois pour tenter de trouver des solutions aux problèmes que nous connaissons. Je sais les efforts constants qu’ils déploient, leur patience infinie à notre endroit. Qu’ils en soient remerciés, qu’ils nous accompagnent, qu’ils fassent en sorte que plus jamais nous ne soyons exposés au découragement, qu’ils fassent en sorte que demain la paix prévale de manière définitive dans ce pays.
Depuis notre accession à la souveraineté internationale, le Nord de notre pays a connu différentes crises : 1963-1964, 1990-1991, 2006, 2012. Au terme de ces crises, des accords de paix ont été signés - les Accords de Tamanrasset en janvier 1991, le Pacte National d’avril 1992, les accords d’Alger de juillet 2006. Qu’ils n’aient pas permis le maintien d’une paix durable nous engage à une évaluation critique de leur contenu comme des modalités de leur mise en œuvre, afin que d’une analyse rigoureuse, sans complaisance, nous tirions les enseignements pertinents et que, surmontant les rancœurs du passé, nous nous tournions résolument vers la construction d’un avenir de Paix et de Justice sociale pour tous les fils du pays.

L’enjeu est de déterminer, à la lumière des erreurs du passé, les écueils à éviter, pour donner toutes ses chances à la paix que nous appelons de nos vœux. Car, notre objectif est de parvenir à une paix globale, inclusive, juste et durable. Nous voulons traiter à la racine tous les maux qui assaillent notre société. Nous voulons mettre le Mali sur la rampe du développement et permettre aux fils de ce pays de construire ensemble un nouvel avenir qui soit conforme à leurs légitimes aspirations de progrès et de justice sociale.

L’Atelier d’aujourd’hui nous dotera, j’en suis persuadé, d’un manuel de la paix.

Dans cette perspective, le Gouvernement est très attentifs à tout ce que nos frères et sœurs du Nord ressentent. Nous sommes conscients des graves déficits de développement humain, économique et social. Nous comprenons les souffrances des populations. Nous avons la volonté d’apporter une réponse juste à leurs préoccupations.

Mesdames et Messieurs,

Demain,
Nous mettrons en œuvre une régionalisation robuste, qui renforcera les acquis de la décentralisation, en dotant les collectivités décentralisées de larges compétences dans la gestion des affaires locales.
Nous intégrerons les légitimités traditionnelles dans le processus décisionnel des organes régionaux et locaux.
Nous appliquerons le Plan de développement accéléré des régions du Nord pour corriger les graves déficits en termes de développement humain, ce dans un horizon temporel de cinq années. La solidarité nationale s’exprimera, car elle est constitutive et indispensable à l’idée de Nation. Elle se traduira à travers plusieurs actions visant à la réinsertion des populations déplacées et réfugiées.
Nous accorderons une large place à l’expression des cultures des terroirs, des langues locales etc…


Mesdames, Messieurs,

Vos travaux interviennent à un moment-clé. Ils ouvrent la voie vers un démarrage des pourparlers inclusifs de paix.

La rencontre d’aujourd’hui est la première étape d’un processus qui touchera à d’autres questions centrales, difficiles pour certaines telles que les opérations de cantonnement, de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des combattants; le retour effectif de l’Administration dans les régions du Nord; l’accès rapide des populations aux services sociaux de base ...

Le Gouvernement, que j’ai l’honneur de conduire, sous la Haute Autorité du Président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keita, est animé par la volonté inébranlable de mener un dialogue national avec l’ensemble des communautés, avec tous les acteurs du conflit.

Depuis son entrée en fonction, à travers l’organisation des états-généraux de la décentralisation, les Assises nationales sur le Nord, le forum local et régional de Gao, le Gouvernement a accompli une série d’actions, allant dans le sens de la préparation d’un dialogue national inclusif véritable.

Nous avons à cœur de créer les conditions pour l’émergence d’un Mali nouveau, respectueux de l’homme. Nous voulons une Nation malienne réconciliée avec elle-même.

Mesdames, Messieurs,

Pour terminer, je citerai les phrases prononcées par le Président de la République dans son discours d’ouverture de la Première Réunion ministérielle sur le Sahel, qui s’est tenue à Bamako le 05 novembre 2013. Je cite :

« Mon Gouvernement a fait l’option stratégique de la paix, du dialogue pour résoudre les problèmes découlant du mal-vivre de nos frères du nord du Mali et de toutes les communautés nationales.


J’invite, une fois de plus, les groupes armés à déposer les armes, sans délai, et à venir s’asseoir à la table de négociation, aux côtés de leurs frères et sœurs qui veulent les aider à surmonter leurs rancœurs et à faciliter leur intégration dans la Nation. Il n’y a pas de problèmes sans solution lorsque les hommes sont de bonne foi et désireux d’aller de l’avant.
La Porte du Dialogue demeure ouverte, je les invite à la franchir afin que nous mettions fin aux souffrances inutiles infligées à notre Peuple.
Cheminons ensemble vers la Paix et le Développement pour le bien de tous les fils de la Nation».
Vous avez franchi la porte du Dialogue, mettons-nous autour de la table et discutons. Discutons sans fin jusqu’à trouver toutes les réponses aux difficultés qui se posent à nous, les réponses qui satisfassent toutes les parties.

Mesdames, Messieurs,

Je voudrais remercier, en cette occasion, tous nos partenaires, dévoués pour la cause du Mali et des Maliens, particulièrement la MINUSMA, pour l’organisation de cet Atelier qui, j’en suis sûr, nous permettra de progresser dans la recherche commune de la solution à la crise qui n’a que trop duré.
Sur ce, je déclare ouvert, les travaux de l’atelier sur les «leçons apprises dans la mise en œuvre des accords de paix au Mali ».
Je vous remercie.



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