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Incarcération du Général Yamoussa Camara : La rançon bien salée de «l’affaire Sanogo»
Publié le mercredi 19 fevrier 2014  |  Le Flambeau




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Décidément, le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta a bien opté pour l’offensive. «Pour l’honneur du Mali et pour le bonheur des Maliens», il a engagé une lutte farouche contre l’impunité et la corruption. Pour le moment, pas question de s’attaquer aux menus fretins. Non, il s’intéresse d’abord aux gros caïmans : Amadou Haya Sanogo, les juges malhonnêtes et cupides, les opérateurs économiques véreux, ATT… et depuis le 13 février dernier, l’homme qui se croyait intouchable, le Général Yamoussa Camara. A qui le tour prochain ?

Depuis l’incarcération du Capitaine-général Amadou Haya Sanogo, beaucoup d’encre et de salive ne cessent de couler. Les Maliennes et les Maliens veulent connaître toute la vérité sur la vie de la Nation, notamment depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012. Surtout après la découverte macabre des charniers de Diago à une dizaine de kilomètres de Kati ; de Dogoba, sur la route de Kolokani et enfin, de Yélékébougou, sur la route de la Guinée. Et depuis lors, il fallait s’attendre à de grands déballages. Lesquels ont conduit à l’incarcération le 13 février dernier du Général Yamoussa Camara.

Dans le feuilleton dénommé «affaire Sanogo», des têtes sont en train de tomber et continueront à tomber. Que se passe-t-il en fait ? Il faut tout simplement remonter le temps. Nous sommes un certain 22 mars 2012. Alors que le pays vivait une rébellion dans sa partie septentrionale, un certain capitaine, Amadou Haya Sanogo, sorti de nulle part et à la faveur d’une anodine mutinerie menée depuis son bastion de Kati, dépose un autre Amadou qui n’est autre que son «papa» : Amadou Toumani Touré. Ce dernier, bien qu’étant un Général ayant fréquenté les grandes écoles de guerre, prend la tangente et s’exile à Dakar au Sénégal.

Au Mali donc, la République de Kati était née. «Ici et ailleurs, écrit un confrère de la place, le Capitaine excelle dans son jeu favori : brutalité, arrogance, vanité avec toujours la main sur la gâchette. Les actes fleurissent à son nom. L’homme est brave. Il peut sauver le Mali. Pour cela, il s’oppose à l’intervention de la Communauté internationale. Appuyé en cela par IBK (l’actuel président de la République), Dioncounda Traoré, alors président par intérim, se voit tous les jours humilié, par l’impossibilité du Capitaine à respecter l’autorité institutionnelle. Bozola fait l’écho. Pas un évènement, sans que Sanogo ne s’exprime sur l’Ortm». Bref, Sanogo disait que c’est Dieu qui lui a donné le pouvoir, oubliant qu’il l’a ramassé dans la rue (mutinerie de la ville-garnison de Kati). L’homme se fiche de tout le monde. La colère gronde et ça et là, ce sont des grincements de dents, alors que le Nord du Mali est occupé par les jihadistes.

Puis, patati patatras : un contre-coup d’Etat. Erreur de stratégie, d’appréciation des contre-putschistes et crime de lèse-majesté ! Le capitaine Sanogo ne digère pas qu’on touche à une portion, aussi congrue soit-elle, de son pouvoir. Alors, il mate la «rébellion» des bérets rouges ; il les massacre. Les prisonniers sont froidement égorgés. Mais, où les foutre ? Il trouve une astuce, sur conseils de ses acolytes : les charniers. Puis silence : le calme revient et on garde le secret.

Mais, la goutte d’eau qui aura fait déborder le vase, c’est le soulèvement de ses anciens compagnons putschistes avec comme chef de fil son plus fidèle des fidèles, Amadou Konaré. Et la suite est connue. Sur demande d’enquête du gouvernement sur ce dossier brûlant, Konaré et sa bande sont arrêtés. Et Sanogo pensait qu’il ne sera nullement inquiété. Le voilà tout simplement aujourd’hui au cachot sur injonction du juge Yaya Karembé.

Ce dernier, après cela, ne lâche pas prise : il faut aller plus loin et faire toute la lumière sur cette affaire. L’ordre vient d’en haut : du président de la République démocratiquement et fraîchement élu, IBK et il faut l’exécuter avec diligence. Le juge Karembé active alors sa machine. Il la pistonne. On sussurre même qu’il a plusieurs officiers dans son rétroviseur.
De toutes les façons, le 13 février dernier, il en a fini avec le Général Yamoussa Camara, ex-ministre de la Défense au fort «règne» de Sanogo et Chef d’Etat-major particulier du président de la République IBK avant son incération. Et cela est compréhensible.

Car, comment peut-il se dire innocent et n’être au courant de rien lors des massacres des bérets rouges, en tant ministre de la Défense au moment des faits ? Surtout que des voix s’élèvent pour révéler que c’est lui qui avait signé en bonne et due forme des documents attestant que les corps des militaires bérets rouges découverts dans le charnier de Diago, étaient au front et que c’est là qu’ils seraient tous morts.

Faux, soutiennent-elles. En tout cas, incarcéré depuis jeudi dernier 13 février 2014, le Général Yamoussa Camara vit le même sort que ses ex-compagnons : Sanogo, Konaré, Sidi Touré…Et tout porte à croire que le feuilleton ‘’Sanogo’’ n’est pas prêt de tirer sa révérence. Et le danger dans ce genre d’affaire, est que les personnes qui se croient dangereuses (ou du moins tenir les ficelles), sont le plus souvent plus en danger que les personnes qu’elles malmènent. A bon entendeur, Salut !


Bruno LOMA

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