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Diarra toujours Premier ministre à Bamako : Une reconduction de raison
Publié le mardi 14 aout 2012  |  lefaso.net


Entretien
© aBamako.com par DR
Entretien du premier ministre Cheikh Modibo Diarra avec la presse nationale.
Vendredi 27 juillet 2012. Primature. 100 jours du premier ministre Cheikh Modibo Diarra face à la presse.


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C’est officiel depuis dimanche, 12 août 2012. C’est Cheick Modibo Diarra qui ‘’dirigera’’ le très attendu gouvernement d’union nationale du Mali. Le président de la Transition, Dioncounda Traoré, en chargeant l’astrophysicien de former la future équipe gouvernementale, lui renouvelle ainsi sa confiance, en dépit des mécontentements que cela ne manquera pas de susciter dans certains milieux hostiles à l’homme du 17 avril.

Ce n’est un secret pour personne, Diarra a été beaucoup critiqué ces dernières semaines pour son inaction face à la situation du nord Mali, ses accointances avec l’ex-junte et pour la distance prise avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique Ouest (CEDEAO), en charge du dossier malien. « Je suis farouchement opposé à la reconduite de l’actuel Premier ministre », indiquait en fin juillet un Malien sur une radio, RFI pour ne pas la nommer. Dans la même émission, un autre compatriote renchérissait : ‘’Le président Traoré doit sauter le Premier ministre Diarra. Le gars ne fait rien et il est une marionnette du capitaine Sanogo ».

Au mini sommet de la CEDEAO du 7 juillet 2012 à Ouagadougou sur la crise, c’était presque le même tempo dans les rangs de nombreux représentants d’organisations de la société civile invités à la rencontre. Pour ces Maliens qui ne portent plus Diarra dans leur cœur, la décision du président intérimaire sonnera comme une déception. Mais, c’est loin d’être une surprise, en tout cas pour les observateurs avisés de la situation malienne. Et il y a même eu quelques signes avant coureurs.

« C’est au Premier ministre de constituer le gouvernement d’union nationale », indiquaient, dès jeudi 9 août 2012 dans leur conférence de presse, l’Alliance pour le Renouveau du Mali, la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), la Convergence pour sauver le Mali, les Forces pour la Réconciliation, la Démocratie et la Paix-Mali Ko, le Front pour le Mali et la République (FMR), Joko ni Maaya et le Regroupement IBK Mali 2012. Mieux, au sortir du conseil des ministres de mercredi 8 août, certaines sources faisaient déjà état d’une reconduction du Premier ministre Diarra. Maintenant que c’est officiel, que faut-il y comprendre ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dioncounda n’a pas voulu faire le jeu de règlement des comptes interpersonnels, qui pouvait être préjudiciable à la stratégie de gestion la crise.

On le sait, ce ne sont pas les divergences qui manquent entre les acteurs politique maliens, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel, c’est l’intérêt supérieur du Mali c’est-à-dire un Mali réunifié, débarrassé de ses extrémistes ou terroristes, démocratique et réconcilié avec lui-même, avec la CEDEAO et avec la communauté internationale. Et pour y arriver, il vaut mieux avoir tout le monde avec soi que certains acteurs contre soi. Quels que soient les reproches que l’on peut leur faire dans une vie antérieure. En cela, la décision du président Traoré de reconduire Diarra, quoi qu’il ait fait, est pleine de sagesse, de raison.

Parce qu’écarter Diarra n’aurait pas suffi à résoudre le problème malien. Quoi qu’il ait fait, il constitue quelque part une solution du problème, pour peu qu’il s’engage à travailler dans ce sens. Et Diarra en se battant pour demeurer à la tête de l’exécutif à Bamako, ne le fait pas seulement pour les honneurs, mais aussi pour toujours continuer à apporter sa pierre à l’embryonnaire édifice de paix. Ce qu’il a fait jusque-là n’a peut-être pas été à la hauteur de ce que les uns et les autres attendaient, mais il peut mieux faire et peut encore se racheter si tant est qu’il mérite les reproches à lui adressés, ne serait-ce que pour l’histoire.

Evidemment, le président Traoré, en le reconduisant, est loin, le stratège et le politique qu’il est, de perdre de vue ce qui s’est passé. D’où les différentes mesures prises en amont, à son retour de convalescence, pour réduire dans les faits les pouvoirs de Diarra et rester le maître du jeu. L’équipe gouvernementale attendue depuis le 31 juillet 2012 par la CEDEAO et une large partie des Maliens devrait en principe refléter véritablement le nom de « gouvernement d’union nationale ».

En rappel, c’est le 17 avril 2012 que l’astrophysicien, Cheick Modibo Diarra, a été nommé pour la première fois, Premier ministre de transition du Mali. La tâche prioritaire pour lui à sa nomination le 17 avril, c’était de résoudre la crise dans le nord Mali où, à la faveur du coup d’Etat du 22 mars perpétré par le capitaine Sanogo et ses hommes, des rebelles touareg, des mouvements islamistes et divers groupes criminels, ont mené une offensive foudroyante et occupé toute la région. Jusqu’à ce jour, la situation ne s’est pas encore améliorée dans le septentrion malien. Pire, les extrémistes, les maîtres absolus de la région depuis fin mars, ne cessent de redoubler de violences vis-à-vis des populations locales, histoire de les assujettir complètement.

Grégoire B. BAZIE

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