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Dialogue entre l’Etat malien et les groupes armés : Un ballet de négociateurs, zéro dialogue!
Publié le mardi 6 mai 2014  |  Le Pays




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Au Mali, le ridicule ne tue pas. On assiste à la nomination des négociateurs pour faciliter ou engager des pourparlers inclusifs mais rien ne bouge. Le constat est qu’il y a un ballet de négociateurs qui risquent de se piétiner si on ne prend garde. Où en est aujourd’hui cette esquisse de dialogue ? Quasiment nulle part.

En effet, le constat est que sur le plan politique, les discussions sur le statut et le développement des régions du nord sont enlisés depuis sept(7) mois. En signant les accords « préliminaires » de Ouagadougou, en juin 2013, Bamako d’une part, et les groupes armés, en rébellion depuis près de 2ans, s’étaient engagés à entamer des négociations. Et cela, 60 jours après l’élection d’un nouveau président de la République. Autrement dit, le 11 octobre 2013, au plus tard. Ces accords comprennent plusieurs préalables.

Tout d’abord, la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, taillée en pièces par l’occupation du nord du pays par les rebelles touareg, depuis printemps 2012, avant de se faire sur plantés par Aqmi et ses alliés islamistes. Ensuite, ces accords prévoient le désarmement des groupes rebelles et leur cantonnement dans des casernes, ainsi que «le déploiement progressif des force de défense et de sécurité maliennes dans la région de Kidal» (article 7).

En contrepartie, Bamako promet d’engager un dialogue sur le statut administratif «des régions du nord du Mali, désignées par certains sous le terme Azawad» (article 12). Une référence directe à la revendication des rebelles, qui voudraient obtenir une forme d’autonomie sur ce territoire, après avoir renoncé à l’indépendance, que le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) avait proclamé unilatéralement au début d’avril 2012. Alors question!

Où en est-on aujourd’hui avec cette esquisse de dialogue? Quasiment nulle part. Les combattants du Mouvement national de libération de l’Azawad (touareg), du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (touareg) et du Mouvement arabe de l’Azawad sont toujours armés et nullement cantonnés. Les soldats français et la Minusma font tampon entre ces groupes et les quelques détachement de l’armée malienne déployés dans la zone, pour éviter toute escarmouche qui remettrait le feu au poudre. Ce qui fait que le Mali n’a toujours pas recouvré sa souveraineté sur Kidal, fief Touareg, et sa région, à l’extrême nord-est du territoire.

Quelle explication donnée à un tel immobilisme? Essentiellement due au fait qu’aucune des parties ne souhaite céder un pouce de terrain. L’Etat malien, protégé par la présence française et la Minusma contre la menace jihadiste ou une éventuelle reprise de la rébellion, n’est pas disposé à faire de concessions sur l’intégrité de son territoire. De plus, ouvrir des négociations sur un nouveau statut des régions du nord, sera immanquablement vécu comme une provocation par la majorité de la population malienne, en particulier au sud du pays. Entré en fonction le 5 avril, le nouveau premier ministre, Moussa Mara, a immédiatement déclaré que «la crise du nord ne peut être résolue dans l’immédiat».

De leurs côtés, les mouvements Touareg ne sont pas plus pressés d’entamer les discussions, qui pourraient affaiblir leurs positions sur le terrain.

Chassé des villes du nord en 2012, par les groupes djihadistes, le Mnla a été remis en selle l’année dernière par l’opération Serval. Ses combattants ont servi de guides aux troupes françaises lors des opérations de «nettoyage» des repères d’Aqmi et durant les recherches destinées à retrouver les otages français. De son côté, le Hcua- qui a recyclé d’anciens membres d’Ansar ed-Dine, mouvement touareg salafiste un temps allié d’Aqmi- tente de se refaire une respectabilité du moins en apparence : deux de ses leaders, Mohamed ag Intalla (fils du chef traditionnel Touareg de la région de Kidal) et Ahmada ag Bibi, ont d’ailleurs été élus députés en décembre dernier, sous la bannière du Rassemblement pour le Mali (Rpm), le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta. Sans que cela ne fasse pour autant rentrer dans le rang les clans touareg affiliés au Hcua. Le Mnla et Hcua n’ont pas l’intention de rendre les armes avant d’avoir obtenu des assurances sur le statut du nord. En attendant, ils s’accrochent à leur bastion de Kidal, sachant qu’aucun accord global ne pourra être signé sans eux.

Des médiateurs sans dialogue …

Cette situation complexe est rendue encore plus inextricable par le rôle, parfois trouble, joué par les puissances régionales et internationales. Le Sahara- bien que gangrené par les trafics en tout genre et la menace jihadiste- est une zone stratégique majeure, riche en matières premières. Les groupes armés locaux obtiennent facilement le soutien d’états riverains ou plus lointains. Mais la tentation est grande pour ces derniers de les manipuler comme des pions susceptibles de servir leurs intérêts.

Le Mnla, en perte de vitesse auprès des Français, traditionnellement plutôt «touaregophiles», cherche désormais à «internationaliser» davantage la question du nord malien. Une délégation a été reçue à Moscou, le 17 mars dernier, par le vice-ministre russe des Affaires étrangères. Le Mali a aussitôt répliqué en convoquant l’ambassadeur de Russie à Bamako. Quelques jours plus tard, des représentants du Mnla, Hcua et Maa, se sont réunis à Rome, pour tenter d’établir une plate-forme de revendications communes. Cela sous les auspices de la communauté catholique Sant’ Egidio- les «casques blancs» du Pape- connus pour leur rôle de médiateur dans plusieurs conflits, notamment sur le continent africain.

A cette occasion, les autorités italiennes ont également été approchées par les trois mouvements dissidents du nord du Mali. Auparavant, le 31 janvier, Bilal ag chérif, secrétaire général du Mnla, a été reçu par le roi du Maroc, Mohamed VI. Ce dernier s’est rendu dans la foulée, le 18 mars, en visite officielle au Mali, pour souligner que le royaume chérifien entend bien jouer le «monsieur bons offices» dans la crise. Du coup, c’est l’Algérie, la grande puissance régionale, qui se braque. Le conflit au nord du Mali exacerbe la rivalité entre le Maroc et l’Algérie sur la question du Sahara et leurs zones d’influence respectives.

Dans tous les cas, la majorité des maliens s’interrogent et se posent certaines questions à savoir à quoi sert, la nomination d’un médiateur (l’ancien Pm, Modibo Keïta), la commission justice vérité et réconciliation? Alors que le processus de dialogue est toujours au point mort.
Aliou Agmour

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