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Reconquête de l’intégrité du territoire national : Négociations le couteau sous la gorge
Publié le mercredi 28 mai 2014  |  Le Matin




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Les groupes armés se sont fait respectés à Kidal en administrant une défaite inouïe à l’armée malienne. Toute chose qui oblige le gouvernement à négocier avec les rebelles le couteau sous la gorge.

Le Premier ministre a voulu montrer à la face du monde que Kidal est sur le territoire malien. Mais ses remontrances ne sont pas sans incidence ; car le Mali a failli perdre encore les 2/3 de son territoire. Fort heureusement la progression des groupes armés qui ont mis en déroute l’armée, le mercredi 21 mai dernier, a été arrêtée nette par la médiation.

Conséquence, les rebelles confortent leurs positions et sur le terrain et dans les futures négociations. Le gouvernement malien est contraint de négocier le couteau sous la gorge pour avoir perdu la bataille ô combien importante dans la suite des événements. Au demeurant, le gouvernement malien qui fait actuellement feu de tout bois pour afficher sa bonne foi, n’est-il pas en train de lâcher du lest quant à sa façon de gérer ce dossier brûlant ? Rien n’est moins sûr. En revanche, la communauté internationale qui suit de prêt le dossier semble, elle aussi être dépasser par les événements de Kidal. Evénements qui ont sonné le glas d’un face à face entre l’armée et les groupes armés à l’intérieur de la ville de Kidal depuis la libération des régions du nord.

A mesure que le temps passe, les rebelles qui contrôlent toute la partie nord-est du Mali, gagnent en confiance et avaient déjà annoncé la couleur des futures négociations. Si les autorités maliennes n’ont de cesse tambourinée que l’intégrité du territoire n’est pas négociable, la réalité du terrain ne plaide pas en leur faveur. Elles sont obligées d’aller chercher des muscles leur permettant de rivaliser avec l’ennemi. Ce qui est difficile pour un pays dont l’armée s’est montrée, à plusieurs reprises, incapable d’assurer la défense de l’intégrité du territoire national. Cette armée là, parlons-en !

Minée depuis deux décennies par la corruption de ses officiers supérieurs, qui détournent à tour de bras les moindres avantages accordés à la troupe, les recrutements de complaisance, les formations bâclées, les galons achetés etc. A la clé, c’est une armée dont les officiers ne jurent que par l’argent et les prébendes qui est appelée à défendre 1 240 000 km2. Mission quasiment impossible pour ce genre d’armée, dit-on dans le milieu des connaisseurs où l’on a longtemps prophétisé le manque de niveau de cette armée à faire face aux insistantes menaces djihadistes et autres terroristes.

« Les équipements manquent pour les fantassins, les moyens aériens quasiment inexistants, les soldats sont obligés souvent de se contenter des moyens de bord pour guerroyer », nous a confié un officié de l’armée sous couvert de l’anonymat. Mais ses propos sont battus en brèche par un spécialiste qui a affirme tout de go que des moyens importants ont été dégagés ces derniers mois et que la faute doit être située ailleurs, sans préciser davantage.

Une armée mexicaine
Pendant les dix dernières années, l’effectif des officiers supérieurs de l’armée est devenu le plus important de la sous région. Une soixantaine de généraux, des centaines de colonels. Le hic est que la plupart ont acquis leurs galons par complaisance. Le mérite est foulé au sol depuis belle lurette. Le moral de la troupe est constamment sapé par les injustices et la complaisance qui ont pignon sur rue dans l’armée. Pourtant les chefs militaires et les autorités politiques qui sont les complices potentiels, savent pertinemment que les erreurs pareilles dans une armée se payent cache. Et ce qui est inquiétant, c’est que demain n’est pas la veille de la fin de cette déconfiture avancée de l’armée malienne. Une armée qui avait pourtant bonne presse dans un passé récent. Car elle a toujours relevé les missions à lui confiées.
La bataille de Kidal a fini par convaincre les Maliens de l’incapacité de cette armée à assurer leur sécurité malgré le tapage médiatique sur la mise à niveau dont elle a bénéficié. Comment comprendre que des militaires formés puissent abandonner des engins de guerre neufs à Kidal et prendre la poudre d’escampette? (On parle d’une cinquantaine de véhicules et 30 tonnes de matériels de guerre laissés dans les mains de l’ennemi).

Bref, la déroute de l’armée du mercredi 21 aura fini par convaincre une fois pour toute les Maliens de la nécessité de négocier, de négocier et de renégocier avec les rebelles. Sans quoi le pays risque de connaître une tragédie qui risque fort de saper le fondement de la république même.

Alhassane H.Maïga

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