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Journée panafricaine des femmes : L’éducation scientifique ouvre sur le progrès
Publié le jeudi 31 juillet 2014  |  L’Essor
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© aBamako.com par S.A
Journée panafricaine des femmes au CICB
Mercredi le 31 juillet 2013. Bamako. Les femmes du Mali ont célébré avec faste la journée panafricaine des femmes au Centre international de conférence de Bamako (CICB) sous la présence de la première dame Mme Traoré Mitou Doucouré.




La pleine participation des femmes et jeunes filles à la production scientifique et technologique est à la fois un impératif économique et une question de justice sociale .

Notre pays, comme beaucoup d’autres sur le continent, célèbre aujourd’hui la Journée panafricaine des femmes. L’Organisation panafricaine des femmes a placé cette édition 2014 sous le thème : « Rôle des femmes et des jeunes filles dans l’éducation, les sciences et les nouvelles technologies en vue d’une renaissance africaine ». Le ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille adhère au thème international en lui apportant une légère modification: « Rôle des femmes et des jeunes filles dans l’éducation, les sciences et les nouvelles technologies en vue d’une Afrique émergente ».

Initiée par des femmes d’Afrique au congrès de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF) tenu à Vienne (Autriche) en mai 1958, l’organisation féminine continentale s’appelait « Conférence des femmes africaines ». Elle prendra le nom d’«Organisation panafricaine des femmes » au congrès de Dakar en 1974. Les objectifs visés étaient, entre autres, l’émancipation de la femme africaine, la libération totale du continent africain du joug colonial, l’élimination de l’apartheid et l’instauration d’une justice commune qui défend les Droits de l’Homme.
La célébration du 31 juillet instituée par le même congrès de Dakar, offre aux Africaines un cadre permanent d’échange avec leurs gouvernements sur les contraintes majeures à leur bien-être et au développement du continent.

Le choix du thème de ce 52è anniversaire de l’OPF s’explique par le fait que l’éducation des femmes et des filles s’avère essentielle pour le développement économique, social et politique de nos Etats. Elle contribue, dans une large mesure, à améliorer le revenu, la santé, la nutrition et est en étroite corrélation avec le bien-être des familles et de la société.

Le droit des femmes et des filles à l’éducation est énoncé dans de nombreux textes internationaux dont la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention relative aux droits de l’enfant. L’importance primordiale de l’éducation de ces deux couches est confirmée par toutes les grandes conférences des Nations Unies, notamment la Conférence Mondiale sur l’Education pour Tous organisée à Jomtien en 1990.

Cependant, les résultats restent mitigés et varient d’un pays à un autre. Pour l’Afrique, vu la faiblesse de l’enseignement technique, technologique et professionnel dans le système éducatif des pays, l’employabilité demeure une problématique particulière pour les femmes qui sont peu nombreuses, sinon absentes du système. Cela se solde pour elles par des emplois peu rémunérateurs et par une absence des instances de prise de décisions.

Pourtant, l’implication et la pleine participation des femmes et jeunes filles à la production scientifique et technologique contribuent à l’accroissement de la productivité et de la compétitivité, à la création d’emplois et au développement économique, social, culturel et politique de nos Etats. « Ceci, selon la secrétaire exécutive régionale par intérim de l’OPF pour l’Afrique de l’Ouest, Mme Diallo Kama Sakiliba, est à la fois un impératif économique et une question de justice sociale ». Car, dit-elle, le progrès pour les femmes est un progrès pour tous.

Evoquant la situation des femmes dans notre pays, Mme Diallo Kama Sakiliba, a déploré que malgré leur nombre (50,4%) et leur présence dans tous les secteurs de l’économie, elles soient victimes d’une marginalisation résultant de la combinaison de nombreux facteurs, notamment le poids des coutumes et des traditions. Cette situation engendre ainsi une faible scolarisation de la petite fille, un accès différencié aux sources de financement et aux technologies ainsi qu’aux sources d’information, de communication et de formation.

De 2013 à 2014, le taux brut de scolarisation au premier cycle s’élève à 69,3% avec 75% de garçons et 63,8% des filles (source : CPS-Education mars 2014). A la même période, le taux brut de scolarisation au second cycle était de 50,4% avec 56,8% pour les garçons et 44% pour les filles. S’agissant du taux d’achèvement à la même période au premier cycle, le taux global est de 47,7% avec 51,7% pour les garçons et 43,8% pour les filles. Au second cycle, le taux est de 28,5% avec 32,6% pour les garçons et 24,5% pour les filles.

Ces chiffres, selon la secrétaire exécutive régionale par intérim de l’OPF pour l’Afrique de l’Ouest, prouvent à suffisance que très peu de filles arrivent au terme de leurs études du fait de leur environnement social et économique. Celles qui se hissent à un niveau supérieur craignent généralement de choisir les filières scientifiques et techniques à cause des préjugés.

Les statistiques restent muettes sur l’enseignement des sciences et des nouvelles technologies. Cet état de fait, de l’avis de Mme Diallo Kama Sakiliba, pose la problématique de la non-perception par les acteurs de l’école, de l’impact de la formation scientifique et technologique sur le développement en général et sur les femmes et les filles en particulier. C’est justement cette réalité qui a incité notre pays à adhérer au thème international retenu pour ce 52è anniversaire de l’OPF avec cependant une formulation légèrement modifiée.

Ce thème, souligne Mme Diallo Kama Sakiliba, permet de faire l’état des lieux de l’implication des femmes et des jeunes filles dans l’éducation, les sciences et les nouvelles technologies. Il s’agira aussi d’amener les autorités à mettre un accent particulier sur cet aspect et à renforcer le rôle des femmes dans l’émergence d’une nouvelle Afrique en général et d’un Mali nouveau en particulier.

La célébration de la journée fera l’objet d’une grande mobilisation. Présidée par la Première dame, elle sera marquée par des témoignages de femmes scientifiques sur l’incidence positive de leur choix sur leur vie. Des prix seront remis aux filles les mieux classées dans les matières scientifiques ou technologiques au DEF et au Bac.
Animation musicale, sketches, défilé des communautés africaines contribueront à aviver l’éclat de la cérémonie.
M. A. TRAORE
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