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Accusé du meurtre de son frère cadet : Souleymane Sanogo écope de 5 ans de réclusion
Publié le lundi 4 aout 2014  |  L’Indépendant




La population de N’kourala se souviendra longtemps de ce drame intervenu dans leur village le 26 octobre 2010. Ce jour-là Souleymane Sanogo asséna plusieurs coups de coupe-coupe à son jeune frère, Ousmane Sanogo. Celui-ci rendit l’âme quelques heures après son admission au centre de santé local.

C’est cette affaire de meurtre qui a été jugée par la Cour d’assises du jeudi 31 juillet. Présent à l’audience, l’accusé Souleymane Sanogo a reconnu être l’auteur du meurtre de son frère. Selon lui, tout s’est passé lorsqu’il est revenu du champ. « J’ai trouvé dans la famille qu’il y avait une dispute entre mes enfants et ceux de mon frère. J’ai essayé de savoir ce qui s’est passé. A ma grande surprise, j’ai constaté que mon frère Ousmane a pris cause et fait pour ses enfants « , a dit l’accusé. Et Souleymane Sanogo de dire que son frère a tenu des propos malsains à son égard. A le croire, le défunt a même proféré des menaces de mort à son encontre.

Devant les membres de la Cour, Souleymane Sanogo a affirmé qu’il y avait eu une ancienne querelle entre lui et son frère. Ils en étaient venus aux mains et le défunt lui avait asséné des coups de coupe-coupe. La bagarre serait née de la jalousie qui existait entre les deux frères à la mort de leur père. Pour l’accusé, son défunt frère n’a jamais cautionné le fait qu’il soit devenu le chef de famille.

Qu’est-ce qui s’est réellement passé ce jour-là ? a interroge le président du tribunal, Amadou Souleymane Sidibé, ramenant l’accusé au fait qui lui vaut sa comparution.

» Après que le lui eus demandé la cause de la dispute entre les enfants, mon frère a tenu des propos désobligeants à mon égard allant jusuqu’à me menaçer de mort. C’est ainsi que je suis rentré dans ma chambre pour chercher un coupe-coupe « , raconte l’accusé. Combien de coups as-tu donnés à Ousmane ? demande le président. Trois, répond Souleymane. Après cette réponse, Amadou Souleymane Sidibé a sorti la photo de la victime pour la montrer à l’accusé. L’image a horrifié les assesseurs qui ont secoué plusieurs fois leur tête. Histoire de dire que c’était atroce et que le défunt a reçu plus de trois coups. Il était blessé à la nuque, sur la tête, près de la poitrine et dans le dos.

Abdoul Karim Diarra, représentant le ministère public, a dit dans sa plaidoirie que l’image était insoutenable. Dans une affaire criminelle, a affirmé le substitut du procureur de la commune VI, il faut prendre en compte l’élément matériel et l’élément intentionnel. De ce dernier élément, dit-il, découle le choix de l’arme du crime et le choix des parties du corps. Pour le parquet, il n’y a pas de doute que l’accusé avait l’intention spécifique de donner la mort à son frère. Il a demandé aux membres de la Cour de ne pas accorder de circonstances atténuantes à Souleymane Sanogo. Quant à l’avocat commis d’office, il a demandé au jury d’être souple dans la mesure où l’accusé est le chef d’une famille de deux épouses et de 17 enfants.

Cet appel semble avoir été entendu par la Cour qui a reconnu Souleymane Sanogo coupable du meurtre de son frère et a retenu une peine de cinq ans de réclusion contre lui.

Moussa SIDIBE
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