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Expropriation de 300 hectares à Marakodougou : Tout le Djitoumou dressé contre Bakary Togola
Publié le lundi 4 aout 2014  |  Le Prétoire
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© aBamako.com par as
Le projet Better Cotton Initiative(BCI) tient son premier conseil national des parties prenantes à l’intention des acteurs de la filière.
31/10/2012. Bamako. Hotel Olympe. Sécrétaire général de l’APROCA, Bakary Togola.




Suite à l’achat illégal de 300 hectares empiétés sur les terres cultivables des 5 villages de Marakodougou, les autres communautés du Djitoumou et environnant ont rencontré une délégation parlementaire du RPM. Ce, afin de demander à Bakary Togola, l’acquéreur de leur restituer la terre de leurs ancêtres. C’était hier, dimanche 3 août à Bananzolé.

Depuis 2010, un litige foncier oppose Bakary Togola, président de l’Apcam et nouveau militant du RPM, aux 5 villages de Marakodougou. Il s’agit de Marako, Bananzolé, Korona, Massako et Karassana.

Selon Bakary Togola, le chef du village de Massako, Balla Traoré, lui a vendu 217 hectares cultivables au lieu de 300 indiqués par les villageois. Pour les autres villages, Balla Traoré n’est pas le propriétaire de cette partie des terres. Donc cette vente est nulle et non avenue. Dès lors un feuilleton de médiation et de justice a commencé, affirmera le député RPM, Bourama Tidiane Traoré, élu à Kati et originaire de Bananzolé. Selon la même source, en 2010, Balla Traoré, partenaire de Togola, invité par ses pairs à Karassana pour des explications, a refusé de prendre part à la réunion. Mais, les «Banbons» (collège des sages) ont tranché l’affaire ce jour-là. Ils ont clairement affirmé que la terre n’appartient pas à Massako, mais plutôt à Bananzolé. En 2011, la réunion de Molobala a abouti à la même conclusion. Mais face à l’inapplication de ces décisions, explique notre source, Bananzolé a saisi la justice où le juge à compétence étendue de Ouéléssébougou d’alors Dramane Diarra a rendu le verdict en défaveur de Bakary Togola. Il lui a même sommé d’arrêter tous les travaux sur ledit site.

Mécontent de cette décision judiciaire, Bakary Togola a interjeté appel, il prétend avoir gagné un procès dont personne n’a vu la preuve, précise la même source. Sur cette base, Togola a clôturé le site en barbelée en fermant la circulation des pistes qui relient les villages de cette zone. Mieux, il a fait une digue sous forme de pont dans le lit de la rivière qui sert toute la communauté pour en faire une zone de pisciculture.

Face à cette situation invivable, les députés de la circonscription de Kati, à majorité RPM, ont été interpellés, qui à leur tour ont saisi leur groupe parlementaire. Ainsi, il a été organisé un cadre de dialogue entre les habitants du village et Bakary Togola ce dimanche 03 août 2014. Mais, sur le chemin, au niveau de la Tour de l’Afrique, Togola a notifié à la délégation parlementaire sa crainte pour le débordement de la rencontre. Ayant convaincu la plupart de ces parlementaires, Togola est finalement resté à Bamako. Cependant, les parlementaires ont rencontré la population pour faire le point de ce qu’ils ont pu obtenir de Bakary Togola en termes de concessions.

A la rencontre, les représentants de six communautés représentant une trentaine de villages sont tous montés au créneau contre Bakary Togola.

Après la bienvenue du représentant du chef du village de Bananzolé, Mary Traoré, l’émissaire des cinq villages de Karassana a déploré l’absence de leur « bourreau ». Qu’à cela ne tienne, il a dénoncé la complicité entre Bakary Togola et Balla Traoré. « Les 300 hectares que Bakary Togola prétend avoir achetés sont précieux pour nous. Cet espace n’est pas à vendre. Les propriétaires ne peuvent pas le vendre à fortiori un intrus. Nous lui demandons de déguerpir cette zone. Car elle n’appartient pas à celui qui aurait conclu ce marché sulfureux avec lui », a-t-il déclaré.

Souleymane Traoré et Dramane Doumbia de Molobala d’ajouter : « nous sommes prêts à mourir pour récupérer la terre de nos ancêtres. « dô ba bè se tokèla, dôwèrè ba bè sé Kinikèla». Autrement dit : A chacun son pouvoir.

Quant à N’Tokon Samaké, il a réaffirmé le soutien des six villages de Fourabala à Marakodougou dans cette lutte. Et Moussa Samaké de Noumounizela d’appeler tout Djitoumou et environ à l’union sacrée pour déjouer le plan diabolique de Togola. Car, pour lui, Bakary Togola ne devrait pas se retrouver dans une telle situation démoniaque contre les paysans qu’il est censé protéger.

Pour sa part, Oumar Kabassé, émissaire des six villages de Somana a invité Bakary Togola à déguerpir les terres de Marakodougou. Le représentant de Sirimana, Komissa Samaké abondera dans le même sens que ses prédécesseurs.

Si les vieux ont été plus ou moins sages dans leurs interventions, telle n’est pas le cas chez les jeunes. Leur représentant, Daouda Traoré a laissé entendre que la jeunesse a décidé de démolir toutes les installations de Togola sur le site qu’il a clôturé. « Vous, les députés, nous vous donnons quelques jours pour remettre les choses en l’état en mettant Bakary Togola hors d’état de nuire », a-t-il précisé.


Explication et appel au calme des députés
Dans son intervention, l’honorable Boubacar Sissoko, élu à Kéniéba, a expliqué les raisons de l’absence de Bakary Togola à cette tribune de dialogue. « Son absence n’est pas un refus, mais par souci de sécurité, nous avons accepté qu’il décale son déplacement pour une prochaine fois», a-t-il dit. Pour lui, Bakary Togola en tant que membre du RPM comme l’honorable Bourama T Traoré, cette question doit être réglée à l’amiable. Toutefois, il a voulu établir la culpabilité des villages concernés. « Vous-mêmes avez reconnu qu’il a acheté cet espace, seulement il l’a acheté avec quelqu’un qui n’est pas habilité à le faire », soulignera-t-il. Avant d’expliquer les concessions faites par Bakary Togola. Il s’agit de démolir la digue-pont de la rivière pour permettre la libre circulation de l’eau ; l’ouverture et la réhabilitation des pistes qui lient les différents villages. En plus, indique l’honorable Sissoko, il a accepté de laisser les habitants faire leurs rituels au cimetière qui se trouve sur «son» site. « Nous lui avons aussi suggéré de se contenter de la trentaine d’hectare qu’il a pu mettre en valeur» affirme-t-il.

S’agissant de l’Honorable Bourama T Traoré, il s’est dit satisfait de la démarche et de la solidarité de son groupe parlementaire. Toutefois, après avoir rappelé le feuilleton judiciaire et de dialogue qui avait échoué, il a pointé un doigt accusateur sur Bakary Togola. « Bakary Togola est dans l’erreur. Celui qui lui a vendu cet espace est un spéculateur foncier. Il doit donc s’entendre avec les propriétaires terriens», soutiendra-t-il

A l’occasion, les parlementaires ont appelé les habitants à la retenue en privilégiant le dialogue.

Oumar KONATE
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