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Après son arrestation, Yoro Ould Daha remis à la gendarmerie : La France accablée par les mouvements loyalistes
Publié le mardi 5 aout 2014  |  Le témoin du nord




Jugée démesurée et arbitraire dans les rangs des mouvements armés pro-gouvernementaux, l’arrestation, puis la détention du célèbre et intrépide combattant du Maa loyaliste, Yoro Ould Daha, continue d’alimenter la polémique, malgré son transfert de Gao au Camp I de la Gendarmerie nationale. La mesure a été non seulement une grossière immixtion étrangère dans le conflit intercommunautaire de la région de Gao, mais elle est en outre dénoncée comme une grave atteinte à la souveraineté nationale du Mali. D’aucuns y voient d’ailleurs les avatars d’un partenariat digne d’une époque coloniale entre le Mali d’IBK et l’ancienne métropole.


Le célèbre et intrépide combattant du Maa loyaliste, Yoro Ould Daha, de sources concordantes, a été finalement remis aux services du Camp I de la Gendarmerie nationale, le Samedi dernier. Il a été extirpé de Gao où, son arrestation est survenue, au lendemain de la fête de Ramadan, de façon spectaculaire : encerclement de son domicile par une vingtaine d’éléments ‘’Barkhan’’, mobilisation d’une imposante colonne de véhicules blindés sans compter la présence non moins imposante d’un dispositif aérien qui survolait le quartier.
Personnage redoutable et mitigée pendant l’atroce règne du Mujao à Gao, Yoro Ould Daha n’a pas moins la réputation d’un vaillant combattant de la communauté arabe loyaliste. De nombreux collaborateurs lui reconnaissent du reste la farouche résistance du trio pro-gouvernemental Maa-Cm-Fpr-Imghad face aux assauts expansionnistes des séparatistes sur Tabankort (cercle de Bourem).

C’est donc à la stupéfaction de tous ses alliés politiques et compagnons de maquis que l’ancien responsable de la police Mujao s’est retrouvé, la semaine dernière, dans les mailles des forces françaises qui venaient de faire le deuil d’un élément dans la zone des affrontements intercommunautaire.

Selon l’explication largement diffusée par les partenaires étrangers, son arrestation et sa détention entrent dans le cadre de la croisade anti terroriste dans le septentrion malien. Car, sur l’intéressé pèsent des présomptions d’implication dans l’attentat kamikaze ayant ôté la vie à un soldat français dans la zone de belligérance intercommunautaire.

D’autres observateurs très avertis estiment, par ailleurs, qu’il serait dans le collimateur de ses geôliers depuis le rapt du Français Rodriguez dans la zone de Diéma sous transition. C’est à travers Ould Daya, tout puissant leader du Mujao à l’époque des faits, que les media français, Afp en occurrence, ont informés de l’exécution du coopérant enlevé.

Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre, toutes ces explications n’ont l’air de convaincre la famille communautaire du combattant détenu. Ses proches et compagnons sont plutôt persuadés que son sort n’est que la concrétisation d’une intention longtemps nourrie de faire ingérence dans le conflit intercommunautaire de Tabankort et de déséquilibrer le rapport des forces entre les tendances communautaires belligérantes. Amputer les mouvements armés loyalistes d’un élément aussi stratégique que Yoro Ould Daya est perçu, en fait, comme une intention manifeste d’affaiblir ces derniers au profit du trio séparatiste Mnla-Maa-Hcua, lequel aurait perdu récemment de récents combats livrés à la partie adverse.

Participe de la même intention, à en croire les proches du détenu, la tentative de coller implicitement l’étiquette terroriste aux mouvements armés loyalistes à travers l’un de ses grands stratèges militaires. Mais quid de l’évidence de la partition jouée par l’intéressé dans les abus perpétrés par le Mujao pendant l’occupation de Gao ? Sur la question, nos interlocuteurs sont formels quant au traitement préférentiel et s’étonnent avec indignation que les mêmes forces françaises accueillent avec indifférence les connexions terroristes de certaines figures célèbres du camp d’en face, opposé. Allusion est ainsi faite aux principaux animateurs du Hcua qui ont longtemps cheminé avec Ansar Dine d’Iyad Ag avant de tourner casaque pour rejoindre la table des négociations à Ouagadougou. Idem pour le non moins célèbre Ambéri, responsable Mnla à travers qui les deux journalistes français ont trouvé la mort aussitôt après leur enlèvement à Kidal.

Par ailleurs, l’arrestation du combattant Yoro Ould indigne autant qu’elle mobilise. Depuis son incarcération, les membres de sa communauté d’appartenance ainsi que leurs alliés ne cessent d’ameuter le ban et l’arrière-ban pour obtenir son élargissement. A travers notamment moult démarches et protestions auprès de hautes autorités politiques et militaires. Il s’y ajoute des menaces tacites de bouder les pourparlers du dialogue inclusif inter malien.

Leurs actions n’ont certes abouti à aucune perspective plausible de libération de leur héros, qui vient toutefois d’être transféré des geôles françaises de Gao au Camp I de Bamako.

Ce changement de lieu de détention ne fait pas taire pour autant les frustrations consécutives à une arrestation qui traduit, pour nombre d’observateurs, une arrogante exaction de la France qui, selon eux, utilise la présence de ses forces de défense pour agir au Mali comme en territoire conquis. Ils dénoncent, en clair, une violation flagrante de la procédure de détention de Yoro Ould Daya, et pour cause. Aucune disposition des textes afférents au mandat français au Mali ne l’autorise à activer une procédure d’interpellation en territoire malien, une tâche légalement dévolue aux seules forces de sécurité du pays d’accueil même en cas de menace sur la sécurité des hôtes.

Le combattant présenté comme un terroriste, Ould Daha, n’a été remis aux services de sécurité malienne qu’après cinq journées de détention arbitraire et d’interrogatoire abusif, selon ses proches. Lesquels dénoncent par la même occasion des rapports d’un autre âge entre le Mali et France, pourvu que le récent accord de coopération militaire recèle des contours encore non révélés.

KEITA
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