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Les notables de Kidal à propos des négociations d’Alger : L’indépendance ou rien
Publié le lundi 15 septembre 2014  |  Le Prétoire
Kidal:
© aBamako.com par mouhamar
Kidal: M. Pierre Buyoya a rendu une visite de courtoisie à Intalla Ag ATTAHER, patriarche des touareg
Kidal, le 08 Août 2014. La délégation de la mission de l’Union Africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) conduite par son Excellence monsieur Pierre Buyoya, Haut Représentant de l`Union Africaine a rendu une visite de courtoisie au patriarche des touareg, Intalla Ag ATTAHER.




Les protagonistes de la crise du nord ne sont toujours pas dans le vif du sujet alors que de lourds nuages planent sur ces négociations de la dernière chance dont beaucoup espèrent qu’elles aboutiraient à un accord de paix durable voire définitif.


Réunis à Alger depuis le 1er septembre, le gouvernement et les groupes armés et terroristes ne parviennent toujours pas à s’asseoir autour d’une même table pour la phase de négociations directes. Prévu en fin de semaine dernière, ce premier round a de nouveau été reporté sine die. Cette fois, il semble que ce soit à la demande du négociateur algérien au regard de l’évolution de la situation dans le nord du Mali. En effet, selon plusieurs sources, les chefs et leaders communautaires, des notables et cadres de la région de Kidal ne seraient plus d’accord avec la position de ceux qui sont allés les représenter. Ainsi, ils désapprouvent le Mnla, le Hcua et le MAA, qui, selon eux ne les représentent pas et ne peuvent pas parler en leur nom. On se rappelle qu’à l’issue de leur réunion de coordination à Ouagadougou, fin août dernier, les responsables des groupes armés terroristes islamistes et d’autodéfense étaient d’accord sur le principe du maintien de l’intégrité territoriale et de la laïcité de l’Etat tout en demandant un statut particulier pour les régions du nord.

Vent d’incertitude
C’est sur cette base, qui reprend les dispositions de la feuille de route consensuelle signée à l’issue des pourparlers de juillet dernier, que les six groupes ont fait le déplacement d’Alger. Or, alors même qu’ils n’ont pas encore commencé les négociations directes avec le gouvernement malien, ils sont contredits par les chefs et leaders communautaires, des notables et cadres de la région de Kidal qui n’exigent rien moins que l’indépendance de leur Azawad, semant un vent d’incertitude sur cette rencontre.


La situation vient de se compliquer davantage avec une nouvelle exigence des groupes armés. Profitant du report décidé par les autorités algériennes, cinq d’entre eux (le mouvement d’autodéfense conduit par Me Harouna Toureh étant désolidarisé) sont parvenus à un nouvel accord qu’ils ont soumis aux médiateur et facilitateurs : la définition d’un nouveau statut juridique et institutionnel pour les régions du nord comme préalable à tout dialogue. On se rend bien compte que si le groupe de Me Harouna Toureh s’est désolidarisé, c’est que le consensus de départ est compromis : ni fédéralisme ni partition dans un Mali uni, laïc et démocratique.

Si les groupes arabes et touareg restent intransigeants et fermes dans leur nouvelle position, les négociations d’Alger sont vouées à l’échec.
L’Algérie va-t-elle cautionner un échec sous son égide et sur son territoire ? Certainement pas. D’abord, ce serait l’échec personnel des autorités de ce pays. En effet, le grand et puissant du nord s’est engagé à réussir là où d’autres pataugent depuis plus de deux ans. Pour mieux prendre à bras le corps, c’est l’Algérie qui supervise et dirige tous les travaux, même ceux qui se font en atelier technique et en commissions de travail. Les Algériens sont médiateurs, facilitateurs, intermédiaires, entremetteurs, usent de tous les moyens diplomatiques en leur possession, pour la réussite de ces négociations. Mais quel que soit le désir des Algériens de réussir, ils n’iront certainement pas jusqu’à accepter ces nouvelles exigences d’un Azawad fédéral ou indépendant.


Même combat
Car une quelconque partition du Mali ne peut manquer d’avoir de sérieuses répercussions sur la stabilité de leur propre pays. Le sud de l’Algérie est un prolongement naturel du nord du Mali, c’est-à-dire une zone habitée essentiellement par les tribus touareg et berbères (Arabes). Permettre ou faciliter une partition du nord malien, c’est s’exposer un jour (peut-être très proche) à des revendications ou velléités indépendantistes de la part des populations du sud algérien. C’est s’exposer à la constitution d’un Etat indépendant composé de populations irrédentistes et belliqueuses qui savent, le moment opportun, s’allier à des groupes terroristes et islamistes. L’Algérie peut-elle se permettre de voir menacer son sud dont le sous-sol regorge d’importants gisements de pétrole et de gaz, principales richesses du pays ? Elle sait que l’agitation des groupes rebelles qui exigent l’indépendance est due en grande partie aux perspectives de découverte de pétrole et d’autres matières premières dans cette zone qu’ils appellent Azawad.

L’Algérie et le Mali ne sont pas les seuls à se préoccuper de la création d’un Etat touareg. Il y a aussi la Mauritanie et le Niger, deux pays qui comptent également d’importantes communautés nomades. Deux pays également concernés par le projet d’un vaste Etat de l’Azawad. Si la Mauritanie n’a jamais été confrontée à des mouvements séparatistes, le Niger a eu ses rébellions et a toujours su les gérer. Jusqu’à quand ? Pour l’heure, l’Algérie, condamnée à réussir la gestion d’un dossier dont elle s’est volontairement chargée, sait pouvoir compter sur tous ces voisins qui ne peuvent plus se contenter de voir la case du voisin brûler sans rien faire d’autre que parler.

Quant aux autorités maliennes, comme à leur habitude elles restent muettes sur les questions essentielles, laissant libre cours aux supputations et conjectures.
Cheick TANDINA

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