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Amadou Djicoroni Traoré, un héros de l’indépendance : « Je vis une époque dramatique pour ma génération, mon peuple… »
Publié le vendredi 26 septembre 2014  |  L’Indicateur Renouveau




A la demande de nos lecteurs, votre quotidien préféré « L’Indicateur du renouveau« vous propose l’intégralité de l’interview que la figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Mali, Amadou Djicoroni Traoré nous a accordée dans notre livraison n°1790 du vendredi 12 septembre 2014. Vous y retrouverez des précisions de taille sur l’accord préliminaire de Ouagadougou, signé en juin 2013 entre le gouvernement et les groupes armés.

« L’accord préliminaire de Ouagadougou veut dire signez un papier pour dire que vous n’êtes pas un interlocuteur valable et vous allez passer par des voies qui vont nous donner un interlocuteur valable. En entendant, on vous attend de terminer de vous arranger pour nous donner un interlocuteur. C’est ça le résumé de l’accord de Ouagadougou. Il n’y a pas d’interlocuteur valable. On vous donne le temps de faire des activités (élections présidentielle et législatives). Comme ça vous serez un interlocuteur que nous considérerons valable.
Pour le moment vous n’êtes pas valable. Signez que vous n’êtes pas valable et que vous promettez d’être valable. Nous, nous signons en tant que Mouvement national de libération de l’Azawad. Vous acceptez ? Oui ! Signons ! Et nous avons signé. C’est glorieux ? C’est patriotique ? C’est acceptable ? A mana fô i ma moussani, i yèrè ka fô ayi moussani tê, moussani kôyikôyi de do (on te dit petit Moussa tu réponds c’est plutôt Moussa le dérisoire). Donc à partir de là, si on signe et on part jusqu’à Alger sans leur demander à eux aussi : Ils ne veulent pas de quelqu’un qui n’a pas de mandat ; eux ils ont quel mandat ? De qui ? Quand ça a eu lieu ?
On ne leur pose même pas la question qu’ils nous posent. On n’exige pas d’eux ce qu’ils exigent de nous ; ça c’est faisable ? C’est élémentaire. Moi je ne comprends pas.
Je crois que ça suffit. C’est la raison pour laquelle on ne m’invitera pas ni à Alger, ni à Bamako, ni à Médina Coura, ni en Commune IV. Je sens que je vis une époque dramatique pour ma génération, pour mon peuple, pour mon pays, pour l’Afrique. C’est donc le drame que je vis ; je le vis mais je ne suis qu’un homme et quand on est homme, quel que soit le drame, on le vit en restant homme.
Je représente une génération qui a lutté pour l’indépendance. Cela veut dire la souveraineté : ça veut dire la dignité, ça veut dire la renaissance culturelle, ça veut dire le renouveau social, ça veut dire la véritable démocratie, ça veut dire le bonheur maximum pour le maximum de Maliens dans le minimum de temps. Et c’est tout ça qui prend un grand coup sous mes yeux impuissants. J’y assiste. Je souffre mais je vis cela.
Malgré tout je garde la conviction que le Mali est éternel. Il y a eu l’occupation coloniale selon les estimations pendant 60 ou 70 ans et il y a eu le 22 septembre. Je pense qu’un jour le Mali se débarrassera définitivement de toute tutelle, se libérera de toute entrave et déploiera ses ailes pour s’envoler vers le ciel.
A la question quels sont les points qui hypothèquent votre ligne, je réponds : tous les points. Il n’y a pas de parti politique. Il y a 170 organisations qui acceptent le qualificatif. Il n’y a pas une seule qui répond à mes yeux à la définition réelle. Il y a certains qui ont de bons projets de partis politiques. Ils ne sont pas encore matures pour devenir de véritables partis politiques. Tout comme la société civile ; ça c’est plus grave encore. Tout le reste du peuple malien on le met en récréation pour s’amuser du Mali. C’est ça le drame.
Je ne juge pas ces hommes. Je parle d’une situation générale, je n’insulte aucune classe, aucune catégorie sociale. Mes préoccupations sont plus générales que ça, et plus élevées que ça. Je pense que lorsque la base est mauvaise, les actes ne peuvent pas être meilleurs. L’œuvre ne peut pas être meilleure que l’ouvrier. Il manque aujourd’hui la valeur nécessaire pour sauver et construire le Mali parce que : Na fôra ko môgô, môgô kisè ma kodo. Bi ni Mali môgô kèra tchèrè kônô ka fiê, min be ta folofolo fê o ka tchan ni min be to tchèrè kônô (Si on pouvait vanner les Maliens d’aujourd’hui, la quantité emportée par le vent serait plus grande que la quantité de graines qui resterait dans le van).
Tous les grands arbres sont sortis d’une graine. Et il y a des graines au Mali. Elles vont germer. Elles vont fructifier. L’espoir est grand, l’avenir est certain. Le Mali sera heureux. Tôt ou tard. Avant peu ou d’ici longtemps, peu importe la durée. Je ne suis pas un charlatan. Je crois en le Mali, je crois en Dieu, je crois en l’espoir, je crois en la vérité.
A la question, quelle est à vos yeux la solution, je réponds : Ce serait cesser d’être homme que de prôner ma solution. Ma solution est conforme à ce que j’ai appris. C’est qu’aucun homme n’est complet et moi je suis le plus incomplet. Je n’ai pas le droit de proposer ma solution parce que ce que j’ai appris c’est : penser ensemble, décider ensemble, exécuter ensemble, contrôler ensemble et corriger ensemble. C’est ce que j’ai appris. Je n’ai pas appris à agir seul, à parler seul, à prôner seul, à décider seul. Ce n’est pas mon école.
Je n’exige rien. Je pense que la meilleure façon que Dieu a indiquée aux hommes, c’est de travailler ensemble ».
Propos recueillis par Bréhima Sogoba
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