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Nord du Mali: les jihadistes sont de retour
Publié le mercredi 8 octobre 2014  |  AFP
Roquettes
© Autre presse par DR
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Attaques à l’engin explosif improvisé, tirs de roquettes, attentats meurtriers: les jihadistes signent leur retour en force dans le nord du Mali, d’où ils avaient été chassés en grande partie par une opération militaire internationale lancée par la France en janvier 2013.

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a demandé mercredi au Conseil de sécurité d’envisager le déploiement d’une "force d’intervention rapide", ainsi que "la révision du mandat de la Minusma (Mission de l’ONU au Mali) et le renforcement de ses capacités et de ses moyens pour lui permettre de faire face au regain de violence sur le terrain".

Selon le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, avec quelque 9.300 militaires et policiers, "la Minusma est en fait la principale présence internationale sur le terrain et une cible pour tous les fauteurs de troubles et jihadistes".

Elle est particulièrement exposée par la réduction des effectifs français de la force Serval initiée en janvier 2013 - qui a pris en juillet le nom de Barkhane, se transformant en une opération plus large de lutte contre le jihadisme au Sahel - et l’absence de l’armée malienne dans beaucoup d’endroits" du Nord, a expliqué M. Ladsous.

Il s’est rendu au Mali lundi soir à la suite de l’attaque la plus meurtrière depuis le déploiement de la Minusma en juillet 2013, dans laquelle ont péri neuf militaires nigériens le 3 octobre, revendiquée par un jihadiste malien proche du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest
(Mujao).

Les forces internationales comptent plus de 30 morts, dont 20 depuis début septembre, et des dizaines de blessés, victimes d’explosions d’engins artisanaux ou de mines, de tirs de roquettes ou d’attentats suicide. Le chef des opérations de l’ONU a également évoqué "un lien avec la situation dans le sud de la Libye", devenu sanctuaire de groupes islamistes
radicaux, où les jihadistes opérant au Mali ont pu se réapprovisionner en troupes et en matériel.

Quelques centaines d’entre eux seraient actuellement sur le terrain au Mali, selon les experts.

- Pressions sur les groupes armés -

Grâce aux militaires français, appuyés par des contingents africains, "il n’y a plus ces terroristes à Gao, Kidal et Tombouctou", chefs-lieux des trois régions administratives du Nord, a affirmé à l’AFP Oumar Diarra, du gouvernorat de Tombouctou.

"Mais ils sont revenus et ont même renforcé leurs positions" dans d’autres zones du Nord, où les populations vivent désormais dans "la crainte", déplore-t-il. En septembre, un civil touareg enlevé près de Tombouctou avec quatre membres de sa famille - ensuite relâchés - a été décapité. Selon ses proches, il a été tué par des membres d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui le soupçonnaient de renseigner les forces internationales.

Trois groupes jihadistes, Aqmi, Ansar Dine et le Mujao, ont contrôlé les régions du Nord pendant près d’un an entre 2012 et 2013, avant d’en être en grande partie repoussés par une intervention militaire française. Ils y demeurent néanmoins actifs, commettant régulièrement des opérations meurtrières.

"Noeud gordien" du problème, selon un ancien ministre malien: Kidal, fief de rebelles touareg où l’Etat n’a jamais réussi complètement à reprendre pied. Ses troupes y ont même subi une défaite cuisante en mai face à des combattants essentiellement touareg et arabes qui en ont profité pour étendre leur contrôle à d’autres localités.

L’armée malienne ne révèle pas ses effectifs, qu’une source à la Minusma évalue à "un millier" d’hommes dans la zone concernée, c’est à dire "une partie des régions de Mopti (centre), Tombouctou et Gao". Soulignant la coïncidence entre l’intensification des violences et la reprise depuis le 1er septembre des pourparlers à Alger entre le gouvernement
et six mouvements armés du Nord, le ministre malien des Affaires étrangères a appelé l’ONU à faire pression sur ces groupes pour se démarquer des jihadistes "sous peine de sanctions".
Le Conseil de sécurité doit "exiger la pleine coopération des groupes armés du nord du Mali dans la lutte contre le terrorisme", a déclaré M. Diop.

Mardi soir, un Casque bleu sénégalais a été tué par des tirs sur le camp de la Minusma à Kidal. Ils n’ont pas été revendiqués mais des sources diplomatiques et militaires ont fait état à l’AFP de menaces préalables d’Iyad Ag Ghali, le chef d’Ansar Dine.
burs-sst/cs/thm
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