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Des camps d’entrainement djihadistes se sont reformés au nord Mali
Publié le jeudi 20 novembre 2014  |  Mondafrique.com
Mali:
© AP par DR
Mali: Le groupe islamiste Ansar Dine libère l`otage suisse Béatrice Stockly
24 avril 2012.Tombouctou.Mali. A un point de rendez-vous dans le désert de Tombouctou,les combattants de Ansar Dine montent la garde au moment de la libération de Béatrice Stockly enlevée le 15 avril dernier dans le nord du Mali




D’après les services de renseignement français, les groupes terroristes se sont remobilisés au nord du Mali depuis le début du retrait des troupes de Serval. Malgré l’intervention coup de poing des militaires de la force Barkhane contre un campement terroriste dans le massif du Tigharghar fin octobre, la situation demeure extrêmement précaire dans le nord du pays.

Début novembre, le ministre de la défense français Jean-Yves Le Drian a été reçu discrètement par le président algérien Abdelaziz Bouteflika pendant une heure. Au programme de cette rencontre, la situation sécuritaire dans la région sahélienne et tout particulièrement au Mali.

Aqmi, le retour

Depuis la fin officielle de l’opération Serval en Juillet 2014 et le retrait des troupes françaises, les groupes djihadistes se sont renforcés au nord du pays. Des camps d’entrainement se reforment notamment dans le massif de Tigharghar devenu une zone de stationnement des groupes armés entre les villes de Kidal et de Tessalit. Fin octobre, les militaires français de l’opération régionale Barkhane qui a remplacé Serval y ont mené une offensive contre le campement d’un important groupe djihadiste. Bilan, un soldat français et vingt-quatre terroristes ont été tués au cours de violents accrochages. Une remobilisation qui s’accompagne d’une recrudescence des attaques qui ont fait notamment 34 victimes dans les rangs de la force de maintien de la paix de l’Onu (Minusma).

La diffusion de la vidéo de l’otage français Serge Lazarevic capturé en 2011 est un moyen de plus pour Aqmi de réaffirmer sa présence dans la zone sahélienne au moment où l’Etat islamique joue la concurrence sur la scène internationale. En juillet, 2014, Aqmi a publiquement rejeté l’annonce par l’EI de la création d’un califat. Le groupe a renouvelé son allégeance au chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, en conflit ouvert avec le chef de l’EI Abou Bakr al-Baghdadi. Dans un communiqué rendu public en septembre 2014, Aqmi déclarait soutenir l’Etat islamique sans pour autant lui prêter allégeance.

Washington contre les rançons

Par ailleurs, la vidéo de Serge Lazarevic dont Paris exige la libération relance la polémique sur le versement des rançons. « Une source de revenus considérable qui, pendant des années, a contribué à pérenniser la présence d’Aqmi dans cette zone » explique Lemine Ould Salem, auteur du livre « Le Ben Laden du Sahara » consacré au parcours de Mokhtar Belmokhtar, l’émir d’Aqmi. Si, au Quai d’Orsay, le mot d’ordre officiel est « pas de rançon », la pratique est toute autre. Opposée à toute libération de prisonniers djihadistes détenues par les autorités de Bamako, Paris se retrouve acculée. Un sujet qui vaut aux responsables français de se faire régulièrement épingler par les Etats-Unis qui refusent de payer pour les libérations d’otages. En septembre dernier, Barack Obama s’était irrité contre cette pratique dans les colonnes du New York Times : «Le président français, François Hollande, dit que son pays ne paie pas de rançons aux terroristes, alors qu’en réalité, il le fait». Pour Washington, tout versement supplémentaire pourrait contribuer à renforcer un peu plus le nouvel élan pris par Aqmi dans la zone saharo-sahélienne.

Au Quai d’Orsay, on considère aujourd’hui que le retour en force d’Aqmi dans la zone s’appuie principalement sur deux grandes figures : Iyad ag Ghali et Abdelkrim al-Targui (le Touareg) de son vrai nom Hamada ag-Hama. Le premier est un ancien rebelle touareg converti au salafisme. A la tête du groupe radical Ansar-Dine, il a contrôlé pendant près de dix mois le nord du Mali avec ses alliés d’Aqmi et du Mujao avant le déclenchement de l’opération Serval. Selon le ministère des affaires étrangères, il se trouverait aujourd’hui dans le sud algérien où il bénéficie de protections. Le deuxième, Abdelkrim al-Targui, le neveu d’Iyad Ag Ghali, dirige la katiba d’Aqmi, "Al-Ansar", qui détiendrait aujourd’hui Serge Lazarevic. Il sert notamment de courroie de transmission et d’intermédiaire entre Aqmi et son oncle. Les groupes contrôlés par ces deux hommes s’alimentent aujourd’hui en armes et en effectifs depuis le sud libyen devenu un véritable repère de djihadistes.

Des négociations au point mort

Le retour en force des terroristes intervient alors que les pourparlers d’Alger entre les groupes rebelles du nord et les autorités de Bamako ont, pour l’instant, échoué à faire émerger toute solution politique. Les rivalités entre les différents mouvements qui participent aux négociations ralentissent considérablement le processus. Du côté de la diplomatie française, on estime que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta joue le jeu des négociations même s’il est affaibli en interne notamment par d’importants scandales financiers. Par ailleurs, la présence de personnalités proches des djihadistes dans les instances de pouvoir constitue une difficulté supplémentaire et brouille le jeu diplomatique malien. A Bamako, de nombreux observateurs critiquent notamment la présence d’Ahmada Ag Bibi sur les bancs de l’Assemblée nationale. Ce touareg issu de la tribu des Ifoghas est très proche d’Iyad Ag Ghali et s’est fait élire en 2013 sous la bannière du RPM, le parti d’IBK.

Reste que la solution politique au problème nord malien demeure inéxorablement entre les mains du grand voisin algérien qui considère cette zone comme son aire d’influence privilégiée. Pour les négociations, IBK est en communication permanente avec le ministre algérien des affaires étrangères Ramtane Lamamra en charge de la médiation du conflit depuis juin 2014. La mainmise d’Alger sur le dossier nord malien pourrait, à terme, poser problème pour Paris qui souhaite intervenir dans le sud libyen. En effet le puissant DRS (services de renseignement) algérien demeure résolument opposé à toute intervention dans ce pays.
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