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Libération de Serge Lazarevic : IBK-ATT, bonnet blanc, blanc bonnet
Publié le lundi 15 decembre 2014  |  Infosept
Serge
© Autre presse par DR
Serge Lazarevic




Surfacturations, Immixtion de la famille dans la gestion des affaires publiques, Affaire Tomi Michel, Gestion de la crise du Nord et la libération du dernier otage Français Serge Lazarevic, lentement, mais surement, IBK suit les traces d’ATT.

Elu pour redonner espoir au Peuple malien et rompre totalement avec les anciennes pratiques qui ont mis à genou le pays, IBK, plus d’un an après, ne semble toujours pas trouver la voie du redressement. Pire, il est même en train d’enfoncer, chaque jour qui passe, le pays. Les slogans et autres promesses de campagne se sont effondrés comme des châteaux de cartes, construits sur des dunes de sable. Pour preuve : le Mali d’abord est devenu ma famille d’abord, le Bonheur des Maliens est devenu le Malheur des Maliens avec à la clé, la suspension de l’aide internationale et la cherté de la vie. L’honneur du Mali est devenu un grand déshonneur avec l’humiliation de l’Armée à Kidal et surtout la connexion avec le sulfureux Tomi.

IBK s’inspire-t-il de la méthode de gouvernance d’ATT pour gouverner ? Y’a-t-il pas une différence entre les deux hommes ? Ne sont-ils pas les produits du même système ? Serait- on tenté de se poser comme questions, tant la similitude entre les deux hommes est nette. Notre analyse croisée pour vous en édifier :

ATT, fraichement élu président de la République en 2002, créa le Bureau du Vérificateur Général, expérience Canadienne importée au Mali, pour, dit-il, lutter efficacement contre la corruption et la délinquance financière. A peine deux rapports produits, le Président ATT se rétracte en annonçant publiquement qu’il n’allait pas humilier des chefs de famille. Par ces propos, il cautionna de facto la corruption et l’impunité.

IBK, après son investiture en grande pompe, déclare 2014, année de lutte contre la corruption et la délinquance financière avec des slogans forts comme à l’accoutumée : « nul n’est et ne sera au dessus de la loi ; aucun manquement ne sera toléré ; aucun centime du contribuable ne sera détourné impunément…. ». A peine ce discours terminé que les déprédateurs de l’économie s’en donnent à cœur joie à leur sale besogne en s’accaparant frauduleusement des caisses de l’Etat, plus de 29 Milliards de F CFA. Les conséquences d’une telle spoliation ont été la suspension de l’aide du FMI et de la BM et surtout la cherté de la vie. Le président IBK, même s’il a affirmé qu’il ne protégerait personne, n’a jusque là pas procédé à un seul jugement ni à un remaniement ministériel pour débarquer du gouvernement les ministres indésirables, incriminés afin qu’ils répondent de leurs forfaits devant la Justice.
Quant à l’immixtion de la famille dans la gestion des affaires publiques, même si Fanta, Mabo et Lobo ont bénéficié des largesses de certains ministres et directeurs de service de l’administration publique. La famille d’ATT aura été moins remarquée que celle de Ladji Bourama. Le fiston national est élu comme député et président de la Commission de Défense. Le beau-père du fiston national passe avec brio président de l’Assemblée Nationale. Les beaux frères et neveux du président et de la première Dame sont nommés, à tour de bras, ministres, Directeurs nationaux et chef de travaux de rénovation.

Deux Présidents, deux avions, un seul perdant, le Mali. Le trésor public vidé à blanc. L’avion acquis sous le régime d’ATT au frais du contribuable est mis à l’écart sous prétexte qu’il n’était pas en bon état technique et n’aurait aucun papier qui prouverait son appartenance au Mali. Malgré l’extrême pauvreté de son Peuple, le Mandé Massa a tenu à avoir un Boeing digne de son rang, au frais du même contribuable et en violation des principes régissant les dépenses publiques.

La crise du nord est loin de connaitre son épilogue surtout avec le dernier rebondissement relatif aux revendications fédéraliste et indépendantiste d’une frange de la population touarègue. Pour rappel, ATT a signé en 2006 les Accords d’Alger pour la résolution de la crise. Cette signature a fait l’objet de critiques acerbes de la part de l’Opposition dirigée alors par IBK qui l’avait qualifié de forfaiture. Aujourd’hui, le Gouvernement Malien revient toujours en négociation à Alger pour préserver l’intégrité territoriale et la laïcité de l’état sérieusement menacées.

Le dernier regard croisé est la libération de l’otage Serge Lazarevic. Jamais une libération n’a suscité autant de commentaires et d’indignation au sein de l’opinion Nationale. Selon le Ministre de la Justice du Mali, la libération de Serge Lazarevic a été rendue possible en contrepartie de la remise en liberté de quatre terroristes jihadistes, dont Mohamed Ali Ag Wadoussene et Heiba Ag Acherif. Ces deux membres d'Aqmi auraient activement participé à son enlèvement, trois ans plus tôt. La libération de Wadoussene et de Heiba Ag Acherif a provoqué l’ire des organisations des droits de l’Homme dont Amnesty International, l’AMDH, le Barreau, qui voient en ce énième geste non seulement une caution à l’impunité, mais aussi un fatal aveu d’impuissance face à François Hollande qui aurait fait pression sur les autorités Maliennes.

Rappelons qu’en 2010, la libération de Pierre Camatte, kidnappé en pleine nuit le 26 novembre 2009 dans un hôtel de Ménaka avait provoqué une crise diplomatique aigue entre le Mali et deux de ses pays voisins. L'Algérie et la Mauritanie avaient décidé, on se souvient, de rappeler leur ambassadeur de Bamako pour protester contre la remise en liberté de terroristes algérien et mauritanien. Le Président ATT avait été beaucoup critiqué par l’opinion Nationale qui avait vu en ce geste la main invisible de Sarkozy.
Au regard de ce qui précède, y’a-t-il jamais eu de changement dans la gouvernance sécuritaire et économique du Mali ? La réponse vous appartient.

Youssouf Sissoko
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