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Forum international pour la paix et la sécurité en Afrique : L’Afrique doit se doter d’une force de réaction rapide
Publié le mardi 16 decembre 2014  |  Le Soir de Bamako




Après le 15è sommet de la francophonie qui s’est tenu en fin novembre dernier à Dakar, la capitale sénégalaise accueille, depuis hier lundi 15 décembre 2014 le forum international pour la paix et la sécurité en Afrique. Cette rencontre se veut un creuset de réflexions sur les solutions à même de faire face et de prévenir les conflits sur le continent africain. Signalons que c’est à l’occasion du cinquantenaire de l’Union africaine, organisé en mai 2013 à Addis-Abeba (Éthiopie), que les pays africains ont marqué leur volonté de constituer une force de réaction rapide, afin de pouvoir assurer par eux-mêmes leur sécurité. Ils ont aussi rappelé l’importance des enjeux du développement pour prévenir les conflits et assurer la paix sur le continent. Alors, la France a entièrement souscrit à cette volonté des pays africains et a décidé de consacrer un sommet aux questions de paix, de sécurité et de développement pour soutenir cette volonté des pays africains à se doter d’une force “commune” de réaction rapide. Ce fut ce qu’on a appelé “le sommet de l’Élysée” tenu à Paris les 6 et 7 décembre 2013.

Le forum international pour la paix et la sécurité en Afrique qui se tient à Dakar les 15 et 16 décembre 2014 s’inscrit dans la droite ligne du “sommet de l’Élysée” . Il est conjointement organisé par l’État Sénégalais et le Ministère français de la Défense. À ce forum, participent près de 300 personnes parmi lesquelles les présidents sénégalais Macky Sall, malien Ibrahim Boubacar Kéita, Tchadien Idriss Déby Itno et probablement le président mauritanien.
Quant au président nigérian Goodluck Jonathan, il se fera représenter par son Ministre des Affaires Étrangères, alors que la France sera représentée par son Ministre de la Défense Jean Yves Le Drian. Le président sénégalais s’est réjoui du fait que Dakar ait été choisi pour abriter ce forum tout en reconnaissant que ce choix est un véritable défi que son pays est appelé à relever. Dejà, en marge du 15è sommet de la francophonie, le président Sall, qui savait que ce forum devait se tenir chez lui, déclarait que “notre ambition est de faire de Dakar un lieu inédit d’échanges autour des questions de sécurité sur le continent, en réunissant responsables politiques, militaires, industriels et centres de recherche”.
Au cours de ce forum de Dakar, ce sont plutôt les questions sécuritaires en Afrique qui domineront les débats. On sait que le continent est présentement en prioe à de multiples attaques terroristes avec une connotation “islamiste”, avec les les agissements des groupes djihadistes au Mali, Boko Haram au Nigeria, les Shebabs dans les pays de la corne de l’Afrique (Somalie, Soudan, Éthiopie).
Selon certaines indiscrétions, les discussions lors de ce forum feront une belle part aux voies et moyens à mettre en oeuvre pour combattre la secte islamiste Boko Haram, car elle se présente actuellement comme la plus dangereuse et la plus cruelle de toutes les nébuleuses islamistes qui sévissent en Afrique. Il semblerait que la France compte faciliter les échanges entre les pays de la sous-région Ouest-africaine et leur préter main forte pour combattre Boko Haram au Nigeria.
A ceux qui qualifient “d’ingérence”, le fait que la France s’active pour la tenue de ce forum, le Ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian répond tout simplement que “la France est là pour accompagner les initiatives africaines en concertation avec les africains. Les pays africains doivent assurer eux-mêmes leur propre sécurité. Mais nous ne pouvons les laisser seuls face aux risques et aux menaces qui, à terme plus ou moins rapproché, nous concerneraient directement”.
On se souvient qu’en 2013, lors du sommet du cinquantenaire de l’Union Africaine, les chefs d’État et de Gouvernements ont convenu de créer la “Caric” (Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises) dont l’objectif est de faire de l’Union Africaine un acteur capable de répondre efficacement et de manière crédible aux crises et aux confits qui éclatent ça et là sur le continent. Il était prévu que la “Caric” soit composée d’un organe central qui est le Conseil de paix et de sécurité de l’Ua et d’une force africaine composée essentiellement de Brigades régionales.
Depuis sa création, la “Caric” n’a jamais été opérationnelle, car elle a été confrontée à des antagonismes géopolitiques entre les puissances occidentales, notamment la France et les États-Unis d’Amérique, d’une part et, d’autre part, entre les organisations sous-régionales africaines dans la gestion des conflits en Afrique.
Selon certains observateurs, c’est pour contourner ces antagonismes que la France a décidé d’apporter son soutien à la création d’une structure qui s’occuperait désormais de la gestion des conflits en Afrique. En tout cas, un premier sommet s’est tenu à Paris en 2013 et la deuxième édition de cette rencontre se tient présentement à Dakar. Souhaitons vivement que de ce forum international sortent au moins les bases d’une structure viable qui s’occupera efficacement et effectivement de la recherche de la paix et de la sécurité en Afrique.
Mamadou GABA
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