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Le Drian au coeur du dispositif Barkhane pour le Nouvel An
Publié le mercredi 31 decembre 2014  |  AFP
Le
© Autre presse par DR
Le ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian




Paris- Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, va fêter le Nouvel An avec les militaires de l'opération Barkhane qui traquent les groupes jihadistes au Sahel afin de contenir la menace terroriste aux
portes de l'Europe.

"Barkhane est de loin le théâtre le plus intense pour les opérations françaises et le Sahel le foyer terroriste le plus menaçant pour l'Europe", souligne-t-on dans l'entourage du ministre, même si la France est aussi
engagée dans des opérations aériennes contre le groupe Etat islamique en Irak.

M. Le Drian va réveillonner mercredi à N'Djamena avec les forces françaises stationnées au camp Kosseï, qui abrite le poste de commandement de Barkhane.

Il poursuivra jeudi et vendredi sa tournée du dispositif Barkhane, notamment à Niamey où sont stationnés des moyens de renseignement (drones Reaper et Harfang) et à Gao, pilier terrestre pour les opérations au Mali.

Plus de 3.000 militaires français sont déployés sur cinq pays de la bande sahélo-saharienne - Mauritanie, Mali, Tchad, Niger et Burkina-Faso - où ils combattent les groupes islamo-mafieux qui se jouent des frontières et déstabilisent la région.

Les forces armées nationales du "G5" participent également aux actions de Barkhane, la France souhaitant que les pays de la région s'impliquent plus directement dans leur sécurité et coopèrent plus étroitement entre eux face aux nouvelles menaces terroristes.

L'opération Barkhane (baptisée du nom d'une dune), qui a fusionné en août 2014 différents moyens militaires français préexistants (Serval au Mali et Epervier au Tchad), "est un concept nouveau, du contreterrorisme qui associe tous les pays de la zone sahélienne avec des opérations militaires
conjointes", insiste Jean-Le Drian.

En un an, 200 jihadistes ont été tués dans le cadre de Serval puis Barkhane, dont une douzaine de responsables, parmi lesquels le bras droit au Mali de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique.

- Le bourbier libyen -

Mais Barkahne est aussi confrontée à de nouveaux défis au nord, avec le développement de foyers jihadistes en Libye, et au sud où le groupe islamiste armé nigérian Boko Haram déborde sur le Cameroun et le Niger.

Pour tenter de stopper les flux de jihadistes qui ont trouvé refuge dans le sud de la Libye à la faveur de l'anarchie politique ambiante et essaiment de là vers le nord du Mali et du Niger, l'armée française a installé un poste avancé à Madama, à une centaine de kilomètres de la frontière libyenne, dans l'extrême-nord nigérien.

De plus en plus inquiets face au bourbier libyen, où les combats font rage entre forces gouvernementales et milices islamistes, plusieurs chefs d'Etat de la région, dont le Tchadien Idriss Deby, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta et le Nigérien Mahamadou Issoufou, réclament une intervention militaire internationale dans ce pays.

Mais la communauté internationale préfère s'en tenir pour l'heure à la recherche d'une solution politique, sous l'égide des Nations unies, qui paraît toutefois de plus en plus hypothétique devant la violence des affrontements.

Le ministre français de la Défense, qui ne cesse de tirer la sonnette d'alarme sur la situation en Libye, aura l'occasion de s'entretenir de cette question avec les président tchadien, nigérien et malien lors de sa tournée du Nouvel An.

"En 2015, l'Union africaine, les Nations unies et les pays voisins devront se saisir de cette question sécuritaire brûlante", a-t-il anticipé dans le Journal du Dimanche.

M. Le Drian se rendra notamment mercredi dans le fief d'Idriss Deby à Am Djaress (nord-est du Tchad) à l'occasion de la fête des armées tchadiennes.

Le 31 décembre 2013, il avait fêté le Nouvel An à Gao, d'où les jihadistes avaient été chassés quelques mois plus tôt par l'armée française, et le 31 décembre 2012 en Afghanistan d'où les Français se retiraient.


vl/blb/bd
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