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Cyrille Achcar, président de l’organisation patronale des industriels : « La balance commerciale du Mali est déficitaire de 400 milliards de FCFA »
Publié le vendredi 6 fevrier 2015  |  Le Tjikan




Samedi dernier la salle Baobab de l’hôtel Radisson Blue a servi de cadre à la tenue du 7eme forum Business Africa. Plusieurs personnalités du secteur de la haute finance et des operateurs économiques de renom ont fait le déplacement pour assister à ce rendez du donner et du recevoir. Le constat, il est amer car le Mali ne possède que 80 unités industrielles contre 4000 pour le Sénégal et 6000 pour la Côte d’Ivoire. Et le Mali accuse un déficit de 400 milliards de nos francs. C’est pour trouver une solution à cette situation que cette édition a été initiée. Cette année le thème retenu est : « Système Fiscal et Compétitivité des Entreprises au Mali ».

Le Mali est à la traine en matière d’industrialisation, c’est du moins le constat fait pas les organisateurs de ce forum et il faut agir vite, c’est pourquoi le président de l’Organisation Patronale des Industriels Cyrille Achcar a tiré la sonnette d’alarme : « la balance commerciale du Mali est largement déficitaire, il s’élève à 400 milliards de FCFA ». Pire, soulignera le patron des industriels maliens que le poids de la manufacture ne représente que 3%à 4%, un chiffre en deçà de la moyenne de l’UEMOA et de la CEDEAO qui se situe à 13% et très loin de la recommandation de l’ONUDI qui est de 25% .

Face à ce constat peu glorieux, Cyrille Achcar de souligner que l’actuel bureau de l’OPI a élaboré un livre blanc intitulé « le livre blanc de l’industrie », en complément des autres politiques et stratégie d’industrialisation, pour inverser cette tendance de désindustrialisation de notre pays. Selon toujours M. Achcar, seule la relance du secteur de la manufacture permettra au Mali de devenir ‘’Emergent’’ conformément aux vœux des Autorités publiques. Pour cela, a-t-il a ajouté, seules des reformes courageuses permettront d’apporter des réponses appropriées à l’Emergence voulue et souhaitée pour notre pays.

Pour les reformes en question l’OPI propose 21 mesures dans son livre blanc qui peuvent avoir des retombées certaines sur les conditions de vie des populations. Pour que tout cela soit, a poursuivi Cyrille Achcar, il est impérieux qu’au vu de la triple crise sécuritaire, institutionnelle et économique, que ces propositions soient prises en compte par les autorités, l’administration fiscale en particulier pour éviter la crise économique. Si toutes ces mesures sont appliquées l’industrie pourrait être pourvoyeuse d’emploi et pourrait favoriser la création de 50 000 emplois dans la dynamique des 200000 emplois du chef de l’Etat, son excellence Mr Ibrahim Boubacar Keita d’ici à la fin de son quinquennat 2013-2018.

La réforme de la fiscalité comme premier tremplin

Cyrille Achcar de souligner que ces reformes ne peuvent se faire sans une reforme de la fiscalité, à savoir la fiscalité de porte et la fiscalité intérieure. Pour le parrain de l’édition, Cheickh Abdoulaye Cissé, ce forum doit être un cadre d’échange entre les entrepreneurs et les acteurs en charge de la fiscalité. D’où l’occasion de soulever les points saillants qui empêchent le secteur manufacturier de se développer.

Pour le représentant de la douane à ce forum, Mr Ly, il a souligné que les problèmes que pose l’administration en matière fiscale sont réels, c’est pourquoi l’Etat est sorti du postulat. Et lui de souligner que dans un passé récent seul l’Etat était habilité à gérer les frontières, cette tendance a disparu au profit de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Dans cette perspective, l’inspecteur des douanes Cheickna Amala Diallo, chef de division Valaeir, Origine et Tarif à la DGD a rappelé que la CEDEAO compte plus de 300 millions d’âmes. C’est justement à cause de ce processus d’intégration, qu’il ya le tarif extérieur commun (TEC). Que la notion de produits originaires au Mali ainsi que leur contrôle sont définis à travers les textes régissant le Schéma de Libéralisation des Echanges au sein de la CEDEAO et les Echanges Intra Communautaire de l’UEMOA internalisés par les textes nationaux.

Un autre aspect évoqué lors de ce forum les tracasseries des impôts, qui ne tiennent pas compte souvent des réalités du moment pour demander beaucoup aux entreprises. C’est justement le facteur qui n’incite pas les investisseurs à venir au Mali a souligné le représentant des Français du Mali. Pour lui, si la Chine est première exportatrice au monde, c’est parce que l’empire du milieu en dépit du système communiste a ouvert l’économie aux capitaux étrangers. A ces difficultés fiscales, le représentant des Français a souligné que l’électricité coûte cher au Mali (2 fois plus chère qu’en Côte d’Ivoire).

A ce forum il y avait le ministre des Mines Boubou Cissé, qui a reconnu qu’il ya encore des reformes à faire même si beaucoup a été fait en matière de fiscalité dans les mines. Pour lui, le secteur minier reste vital car l’Etat y reçoit environ 200 milliards de recettes par an. Et le Mali produit environ 50 tonnes d’or par an ce qui le classe au 3eme rang en Afrique. Des illustres personnalités comme l’ancien ministre de l’Economie et des Finances Aboubacar Traoré ont pris la parole pour dénoncer la mauvaise application des textes régissant l’intégration. Une mise en garde sévère a été adressée aux operateurs économiques véreux qui profitent de l’intégration pour amener des produits or CEDEAO, ensuite, il utilise des emballages made in Sénégal ou made in RCI pour échapper au fisc.

En marge de ce forum, riche en débats porteurs, le prix de l’excellence Business Africa 2015 a été remis à Aida, une couturière exportatrice de produits fabriqués à base de coton vers l’étranger.

Badou S. Koba
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