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L'Essor N° 17293 du 17/10/2012

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Intervention militaire au nord : La dernière ligne droite
Publié le vendredi 19 octobre 2012  |  L'Essor


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© Autre presse par GETTY IMAGES
Commission de l’UA: Nkosazana Dlamini-Zuma succède à Jean Ping
Nkosazana Dlamini-Zuma succède à Jean Ping.


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Les résolutions de la réunion de Bamako devraient permettre de clarifier le concept des opérations de la Force d’intervention dans notre pays
L’Union africaine, la CEDEAO et les représentants de la Communauté internationale et pays amis sont résolus à définir une thérapie de choc contre la crise sécuritaire que connaît notre pays, notamment dans sa partie septentrionale. La réunion de haut niveau conduite par la présidente de la Commission de l’UA, Mme Nkosazana Dlamini Zuma, qui se tient aujourd’hui au CICB va permettre d’affiner la stratégie à adopter pour libérer cette partie du territoire.
La réunion devra, entre autres, fixer les contours de la fourniture par les Etats membres de l’Union africaine et par les partenaires internationaux d’un soutien technique et logistique adéquat aux forces armées et de sécurité maliennes, sur la base des besoins exprimés par les pouvoirs publics. Objectif : renforcer les capacités de lutte contre les réseaux criminels et terroristes actifs dans le septentrion et restaurer l’autorité de l’Etat, l’unité nationale et l’intégrité territoriale.
La présidente de la Commission de l’UA, Mme Zuma, n’a fait aucun mystère de sa volonté de faire du règlement de la crise malienne, la priorité des priorités de son début de mandat. Elle entend donc engager, l’organisation continentale à prendre les mesures nécessaires à cette fin, en coordination avec le gouvernement malien. En même temps, elle travaillera avec les partenaires internationaux afin de les amener à fournir l’assistance requise, l’expertise, la formation et l’appui au renforcement des capacités des Forces armées et de sécurité maliennes. La présidente de la Commission de l’UA entend installer un mécanisme de coordination comprenant tous les contributeurs potentiels sous l’égide du groupe de soutien et de suivi. Ce mécanisme, selon un expert de l’UA, va faciliter une réponse cohérente, coordonnée et globale à la demande d’aide formulée par les autorités maliennes et le soutien de l’UA et des Nations unies aux efforts du gouvernement du Mali visant à renforcer la cohésion de l’armée malienne.
La réunion d’aujourd’hui se penchera aussi sur la question du déploiement, dès que possible, de la MICEMA (Mission d’intervention de la CEDEAO au Mali) sous un mandat du Conseil de sécurité des Nations unies. Le concept des opérations pour la MICEMA pourrait être révisé et ajusté pour permettre des contributions d’autres pays africains, non membres de la CEDEAO, en terme de renseignement, de logistique et d’envoi de troupes, conformément aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l’UA.
Les résolutions de la réunion de Bamako permettront ainsi de clarifier le concept des opérations (Conops) de la Force d’intervention au Mali.
L’intervention de la MICEMA devrait, du point de vue malien, concerner essentiellement l’aspect reconquête des localités du nord du pays, avec une attention particulière accordée à la formation et à l’équipement de l’armée malienne. Le général Hassan Lai, chef d’Etat-major de la Force en attente de la CEDEAO et sont staff, avaient proposé trois axes de déploiement : la sécurisation des institutions de la transition malienne ; la formation et la restructuration des forces de défense et de sécurité maliennes et l’appui aux Forces armées pour la reconquête du nord.
La réunion du Comité des chefs d’Etat-major le 15 août dernier à Bamako, n’avait pas tranché entre les deux projets, préférant se référer à l’arbitrage de la conférence des chefs d’Etat de la communauté sous-régionale.
Le président de la transition, Dioncounda Traoré, lui, s’était clairement prononcé. Il avait signifié à la délégation du comité des chefs d’Etat-major des pays de la CEDEAO et à la commissaire chargée des Affaires politiques, de la paix et la sécurité, sa décision de faire entièrement confiance aux forces de sécurité et à l’armée malienne pour assurer sa sécurité et celle des institutions de la République. Conformément au souhait de nos forces armées, « nous nous tournons vers la CEDEAO pour un soutien dans la reconquête des localités du nord de notre pays », avait-il précisé à ses hôtes. Cette position a été réitérée le 4 septembre dans la lettre demandant officiellement l’intervention de la CEDEAO, adressée par Dioncounda Traoré au président en exercice de la communauté, l’Ivoirien Alassane Ouattara.
Si l’on s’en tient à l’option malienne, la future mission de la MICEMA comportera donc deux phases. Le plan prévoit la formation à Bafo d’un bataillon de sapeurs du Génie militaire en déminage, qui sera placé sous le commandement conjoint de l’Etat-major malien et celui de la MICEMA, le soutien en équipements, matériels et moyens de communication et de transport de troupes, puis le déploiement de trois bataillons (deux à Ségou et Markala et un à San ou Tominian) pour appuyer l’armée malienne dans sa reconquête des régions du nord, ainsi que l’assistance humanitaire. Le bataillon fourni par le Niger opèrera logiquement à partir de la ligne de frontière avec le Mali.
Dans le cadre de la formation, de l’assistance et de la sécurisation de l’Etat-major de la MICEMA qui serait installé à Koulikoro, 4 unités de forces de police et de gendarmerie seront requises. Si on se fie au concept d’opération de la MICEMA présenté en août par la CEDEAO, seules les forces armées nigériennes et l’armée de l’air nigériane participeront activement aux opérations au nord. Le Burkina (500 hommes), la Côte d’Ivoire (350 hommes) et le Sénégal, (300 hommes) déploieront leurs unités le long de leurs frontières respectives avec le Mali. Le Togo a aussi notifié l’envoi d’un contingent alors que la Guinée, le Cap-Vert et le Bénin ne sont pas partants.
Le Conops réclamé à présent par les Nations Unies devra définir le niveau de forces nécessaires, le mandat et les règles d’engagement, la composition du quartier général de la Force d’intervention, les tâches assignées à la coopération civilo-militaire, aux éléments précurseurs, aux forces terrestres, aux forces aériennes, aux forces d’opérations spéciales, aux forces d’opérations psychologiques et les soutiens aux opérations d’aide humanitaire.
Les échéances critiques pour l’opération doivent être définies dans la planification qui doit comporter nécessairement cinq phases : l’avertissement, la préparation, le déploiement, l’emploi et le redéploiement. Les directives concernant la communication opérationnelle, le renseignement, les logistiques, le financement, le transport et la coordination des actions doivent être aussi définies. Les techniciens de toutes les parties concernées par cette opération d’envergure, ont donc du pain sur la planche.

M. N. TRAORE

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