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Recrutements en vue dans la Fonction publique : Le ministre Traoré pourra-t-il tenir tête à la mafia ?
Publié le mercredi 31 octobre 2012  |  L'Indicateur Renouveau


Conférence
© aBamako.com par as
Conférence de presse su Ministre de la Fonction Publique Mamadou Namory Traore
Mercredi 3 octobre 2012. Bamako. Le ministre a pris un arreté portant annulation des décisions de recrutement de certains fonctionnaires.


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Moins d’un mois après l’annulation des arrêtés d’intégration de 263 agents dans la fonction publique pour non-conformité aux dispositions en vigueur, le ministère de la Fonction publique, lance un concours de recrutement de 1512 agents toutes catégories confondues.

S’il suscite de l’engouement chez les diplômés sans emplois, le débat reste entier quant au crédit à accorder aux concours organisés par l’Etat. Les plus sceptiques sont convaincus que si les hommes ont changé, la mafia en place depuis de nombreuses années reste indéboulonnable aux dépens des diplômés issus de familles pauvres.

Conformément aux arrêtés interministériels n°2012-2993 et 2012-2994/MFPRA-MEFB-SG du 16 octobre 2012, le ministre de la Fonction publique vient de lancer des concours directs de recrutement de 1512 agents. Les emplois à pourvoir concernent plusieurs secteurs et catégories de l’administration publique au Mali.

L’un des postes à pourvoir concerne, entre autres, les cadres de l’administration générale, de l’action sociale, de l’agriculture et du génie rural, des constructions civiles, des arts et de la culture. Les secteurs des douanes et des eaux et forêts sont aussi concernés. Au total 100 postes sont à pourvoir dans ce secteur, soit 50 dans chacun des corps.

Au niveau des finances, 11 contrôleurs de la catégorie B2 sont demandés, et 20 dans la catégorie B1 de la fonction publique. Dans le secteur des impôts, six contrôleurs de la catégorie B1 seront recrutés. Dans l’industrie et les mines, ingénieurs et techniciens auront leurs chances et leurs compétences à faire valoir. Au total 98 postes sont en compétitions. Dans le secteur de l’élevage, au total 55 postes sont vacants et sont repartis entre les vétérinaires et techniciens de l’élevage.

La santé aura le plus gros lot à recruter. Au total 494 postes sont en jeu, et concernent les médecins, les pharmaciens, les odonto-stomatologistes, les ingénieurs et techniciens de santé.

Le département de la Jeunesse et des Sports, la statistique, le travail et la sécurité sociale, l’administration pénitentiaire, etc. sont également concernés par les concours. Dans le service du trésor, six postes de contrôleur sont à pourvoir et concerne les diplômés de la catégorie B1.

Vous avez dit transparence ?

Ce nouveau concours d’entrée à la fonction publique est lancé moins d’un mois après la décision du ministre de tutelle, à travers l’arrêté n°2012-2802 MFPRA, d’annuler les arrêtés d’intégration de plus de 263 agents.

Au cours de sa conférence de presse sur la question, le ministre Mamadou Namory Traoré déclarait que le mode d’intégration de ces agents n’était pas conforme aux dispositions en vigueur au Mali en matière d’intégration à la Fonction publique. En clair, selon le ministre de la Fonction publique, de la Réforme administrative et des Relations avec les institutions, la nécessité d’un toilettage s’impose dans les recrutements dans la fonction publique.
Mais pourra-t-il aller au bout de sa logique ? Y aura-t-il deux poids deux mesures dans la mise en œuvre de ce chantier ? Les avis des observateurs sont partagés. Et au ministre Traoré de convaincre dans les jours à venir que son action ne s’inscrit pas dans une logique de revanche contre les décisions du régime déchu, mais dans le cadre d’une conviction ferme, les chances devant être égales pour le monde.

Le nouveau concours lancé, suscite bien d’engouement chez de nombreux diplômés sans emplois, qui osent croire aux vertus transparence pour le présent concours. « Ce sera ma 5e fois de faire le concours d’entrée à la fonction publique depuis que j’ai terminé mes études supérieures. Franchement, si je dois donner un avis, je dirai qu’au Mali, les copies des concours ne sont pas corrigées. En clair, il faut payer ou avoir le bras long pour prétendre être admis… », confiait lundi dernier un jeune diplômé de la section économie de la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Bamako. Au milieu d’une foule nombreuse de diplômés sans emplois venus prendre renseignement au tableau d’affichage de la direction nationale de la fonction publique, notre interlocuteur garde espoir que le concours de cette année verra la récompense du mérite.

Mais face à un système mafioso bien ancré dans ce secteur de recrutement, beaucoup restent sceptiques. C’est le cas de cet ancien étudiant de l’ENI (Ecole nationale d’ingénieurs) qui dit venir faire le concours « par formalité ». « Si tu n’as pas d’argent ne te fatigue pas à espérer passer, ajoute-t-il. Car, ce concours ne sera pas mieux que les précédents ». Notre interlocuteur de cracher dans la soupe, en disant : « Ce sont les hommes qui ont changé de places, mais le système, lui, reste. Pour résoudre le problème de népotisme et de corruption dans la fonction publique, il faut un nouvel état d’esprit chez les hommes, et que le peuple ouvre les yeux en disant non à certaines pratiques ».

Bref, le ministre de la Fonction publique est très attendu sur la transparence de ce concours. S’il veut réussir sa mission de « kokadjè » à la tête du département, le présent concours est l’occasion de son baptême du feu.
A suivre…

Issa Fakaba Sissoko

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