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Moussa Mara aurait oublié son passage éclair à la primature
Publié le mercredi 25 mars 2015  |  L’Informateur
Dialogue
© aBamako.com par Momo
Dialogue intergénérationnel
Bamako, le 02 Août 2014. Musée national. une rencontre intergénérationnelle parrainée par le Premier ministre Moussa Mara a eu lieu dans le but était de jeter un regard rétrospectif sur nos us et coutumes, afin que la nouvelle génération puisse en tirer profit.




Dans la vie il est préférable de se taire si on n’a rien de potable à dire, ce que l’ancien premier ministre Moussa Mara a oublié quand il dit que «la corruption est beaucoup plus grave que le problème du Nord. Si on ne s’y attaque pas véritablement, on n’aura pas un Etat qui puisse s’attaquer aux problèmes régaliens».
L’ancien chef du gouvernement a participé à une conférence portant sur «Le rôle des médias dans la lutte contre la corruption». Il était l’invité de la Friedrich Ebert Stiftung, en partenariat avec Transparency International. Dans l’exposé qu’il a fait sous le thème : «Transparence, bonne gouvernance et lutte contre la corruption», le conférencier a estimé que « la transparence est un élément substantiel de la bonne gouvernance. »
Nommé en remplacement de Oumar Tatam Ly, Moussa Mara était bien accueilli par les populations. Tous les espoirs étaient permis. Certains journaux et radios privées de la place vantaient en longueur de journée ses performances. Il faut reconnaitre qu’il a certains atouts : il est jeune, compétent, beau-parleur, sais haranguer la foule. Pour les observateurs bien avertis, ces discours frôlaient le populisme.
En réalité Mara a manqué de courage et n’a pas osé dénoncer tout haut ce que tous les maliens savaient, la corruption. Et pour cause, ce jeune loup aux dents longues et bien aiguisées n’avait ni le courage encore moins le pouvoir d’affronter les cadres du parti au pouvoir. Savez-vous pourquoi, tout simplement parce qu’il nourrissait et nourrit toujours des ambitions d’être le Président de la République un jour et ne voulait pas voir ses plans contrariés. Ce qui lui a manqué, c’est le courage.
Sinon comment comprendre qu’il a fallu qu’il quitte le gouvernement pour se rappeler que «la corruption est beaucoup plus grave que le problème du Nord. Si on ne s’y attaque pas véritablement, on n’aurait pas un Etat qui puisse s’attaquer aux problèmes régaliens».
A ce que je sache, son bilan médical ne fait pas état d’amnésie. Neuf mois durant, « l’amnésique » Mara était chef du gouvernement, il avait à sa disposition tous les moyens pour se faire entendre, pour dénoncer. Pourquoi ne les a-t-il pas utilisés pour décrier ce qui ne marche dans le pays ? La réponse est toute simple, parce qu’il ne voulait pas se mettre à dos les barrons du RPM qui pourraient contrarier ses ambitions d’être un jour le Président de la République.
Les observateurs biens avisés diraient même qu’il est allé trop vite en besogne en acceptant le « cadeau empoisonné » de sa nomination à la primature offert par « son rival » en commune IV, le Vétéran et Expérimenté IBK. N’est-ce pas Mara qui défendait bec et ongles la politique du Président, n’est-ce pas lui qui a cautionné l’acquisition du Boeing présidentiel, avion dont personne ne connait à ce jour le prix exact cela sans appel d offres et pourtant il est expert comptable ; et que dire des surfacturations dans l’achat de matériels militaires ? La gestion de ces deux dossiers était tout sauf transparente.
Pour preuve les présumés coupables ont été mis à la touche du gouvernement. Alors de qui Mara se moque-t-il ? De deux l’une : soit il était au courant, alors il était complice, ou il ne le savait pas, alors il était incompétent. Quand il a parlé du salaire du 1er ministre (1.083.000 FCFA/mois) et des ministres (885.000FCFA/mois), il s’est bien gardé de révéler la prime de souveraineté d’un 1er ministre. Où est la transparence ici ? Des dossiers du Vérificateur Général, c’est la bouche cousue. Et que dire de la gestion de sa visite ‘’aventureuse’’ effectuée à Kidal le 17 mai 2014? Mara devait prendre ses responsabilités, sans aucune contrainte, face à des situations inacceptables et donner sa démission.
Malheureusement démissionner d’un poste nominatif ou électif est absent du vocabulaire des cadres maliens. Ils pensent que c’est de la faiblesse et de l’incompétence. Rappelez vous du cas de Cheick Modibo Diarra en 2012, lorsque le FDR le critiquait et demandait sa démission à travers les médias, sa réponse fut cinglante : « Je ne démissionne pas. D’ailleurs à qui est-ce que je vais donner ma démission ».
A la demande de l’opposition qui demandait son départ, Mara a été catégorique à l’Assemblée Nationale « Ntè te démissionné ». N’est pas Zoumana Sako « Zorro » ou Malik Coulibaly qui veut l’être. Eux qui ont démissionné pour dénoncer des comportements inacceptables.
Je pense que Mara a été juste un échec pour la jeune génération et qu’il est comptable de tout ce qui se passe actuellement au Mali. Tout le monde sait que le malheur du Mali est dû en grande partie à la corruption, Mara le savait et il ne l’a pas dénoncée quand il était aux affaires.
En brisant l’espoir politique de toute la jeunesse, Mara a été la plus grande déception politique du pays. La corruption a de beaux jours devant elle. Comme dirait l’autre, « il faut remuer au moins sept fois la langue dans la bouche avant de parler ».

Mr Séran Sacko
Source: L'Informateur
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