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Chef de file de l’opposition : L’heure des défis !
Publié le lundi 30 mars 2015  |  Les Echos
Soumaïla
© Autre presse
Soumaïla Cissé, candidat aux dernières élections présidentielles au Mali




L’institution du chef de fil de l’opposition s’accompagne de challenges aussi bien dans la majorité présidentielle qu’au sein de l’opposition elle-même.

Conformément à la loi, l’opposition malienne a désormais un chef de file. L’Union pour la République et la démocratie (URD), la formation de l’opposition la plus représentée à l’Assemblée nationale, vient de désigner l’honorable Soumaïla Cissé comme porte-étendard des opposants au régime IBK.

Si le choix de l’élu de Niafunké n’a pas fait grand bruit au sein de la majorité et de l’opposition politique elle-même, ses prises de position sur les grands dossiers de la nation et ses consignes ne passeront pas désormais inaperçues. Soumaïla Cissé, dont les sorties médiatiques ont déjà fait des milliers de mécontents parmi les courtisans du président de la République, prend plus de grade dans le landernau politique national.

Il a plus d’opportunités de s’affirmer et de s’ériger en véritable contrepoids à Ibrahim Boubacar Kéita. Mais, au-delà de l’ancien ministre d’Alpha, toute l’opposition politique devra se reconnaître en son chef de file, qui parlera et agira au nom de ses camarades du même bord politique. Sur papier, tout semble bien clair, mais la pratique risque de nous réserver des surprises désagréables.

L’institution du chef de file de l’opposition ne se fera pas sans adversités politiques. Dès le vote de la loi sur le statut de l’opposition, la Sadi, un parti de la majorité présidentielle, s’est montrée des plus critiques vis-à-vis du projet de loi contre lequel il a voté à l’hémicycle.

L’honorable Oumar Mariko, son président, avait promis d’user de tous les moyens afin que la loi ne soit pas promulguée. Selon l’élu de Kolondiéba, l’objectif de cette loi est de créer « une sorte de connivence entre le pouvoir et l’opposition, car l’opposition n’aura pas le réflexe nécessaire de porter la parole du peuple et va simplement se contenter de ses prébendes avec le pouvoir ».

Les autres têtes de proue des différents mouvements de la majorité présidentielle n’ont pas officiellement réagi à cette nouvelle trouvaille dans notre démocratie. Cependant, tout porte à croire que cette formule dont l’objectif est de redynamiser et valoriser l’opposition ne sera pas comprise par des leaders politiques de la majorité, plus enclins à plaire à IBK qu’à animer d’authentiques débats démocratiques.



Dissonances
Au Mali, beaucoup de dirigeants politiques n’ont pas encore atteint ce niveau de maturité qui leur permettra d’accepter les critiques, même constructives. L’on voit derrière tout reproche une volonté de nuire. Dans ces conditions, les opposants mettront du temps à faire comprendre à d’autres personnalités du camp présidentiel les objectifs de leurs critiques. C’est pourquoi, le nouveau chef de file de l’opposition a, à plusieurs reprises, souligné que les opposants ne sont pas des « apatrides ».

Ceci est d’autant plus vrai aux yeux de « Soumi Champion » que les observations de l’opposition ne visent qu’à améliorer la gouvernance actuelle et assurer le bien-être social. Aussi se souvient-on que le Rassemblement pour le Mali, le parti au pouvoir, avait sorti l’artillerie lourde en réponse au pamphlet du Parti pour la renaissance nationale (Parena) sur les sept premiers mois de la gouvernance IBK. Sans pour autant opposer des arguments convaincants aux points pertinents soulevés par le parti du Bélier blanc.

Au-delà de la majorité, les partis de l’opposition feront face à eux-mêmes avec l’institution de leur chef de file. En dépit des apparences, la cohésion au sein de l’opposition n’est pas au niveau escompté. Le récent accord d’Alger atteste que l’heure de l’unité dont rêverait tout homme politique épris de paix et de justice n’a pas encore sonné chez les opposants. Si l’URD, le Parena, le PDES, le PIDS ont seulement « pris acte » du document, les Fare/An ka wuli de l’ex-Premier ministre Modibo Sidibé l’ont rejeté à cause de plusieurs « insuffisances ».

Pour justifier ce manque de cohésion au sein de l’opposition, M. Sidibé a déclaré lors de la rentrée politique de son parti à Sélingué le 15 mars dernier que « les Fare ne seront jamais un parti godillot de qui que ce soit ». C’est donc dire que tous les partis de l’opposition ne sont pas sur la même longueur d’onde et que les ego feront souvent obstacle aux décisions supposées communes. Comme l’accord d’Alger, la composition du cabinet du chef de file de l’opposition pourrait accentuer le manque d’homogénéité des partis de l’opposition.

Le choix des collaborateurs du chef de file de l’opposition et le niveau d’implication de chacun des partis qui le composent feront l’objet d’échanges houleux entre les opposants à IBK. Toutefois, s’il est assez clair, le décret fixant la composition du cabinet du chef de l’opposition pourrait épargner l’opposition de clashes inutiles.

Ogopémo Ouologuem

(correspondant aux USA)
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