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Avec le Mnla et Ansar dine… Pourquoi négocier ou ne pas négocier
Publié le mardi 20 novembre 2012  |  Aurore


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© Autre presse par DR
Des rebelles Touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) en 2012


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Dans la foulée des préparatifs de la grande offensive de reconquête du Nord-Mali, les velléités sécessionnistes et intégristes ont pris les allures d’un revirement spectaculaire dans les rangs des assaillants nationaux.


Un groupe d’islamistes armés à Gao, la plus grande ville au nord du Mali, le 21 septembre 2012 (AFP)
Ansar Dine, attaché à la fois à l’intégrité territoriale et à l’intégrisme islamiste, et MNLA, organisation laïque et sécessionniste, étonnent en effet par leurs appels du pied et leur disposition pacifiste, à mesure que se précise la grande opération de nettoyage du Sahel. Ils se bousculent ainsi au portillon du Médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, le président du Faso Blaise Compaoré et tentent chacun de faire bonne figure. Le Mouvement National de Libération de Azawad a voulu donner des preuves concrètes de ses bonnes intentions et de ses dispositions à collaborer, en attaquant vigoureusement les rangs du MUJAO, l’allié d’hier avec lequel il a rompu depuis l’épisode du sanglant affrontement à GAO. Pour une tentative de démontrer son utilité – dans la très imminente opération internationale contre les islamistes – l’audace des combattants touaregs aura tourné court parce qu’elle a été un véritable revers. À en croire des sources concordantes, en effet, l’affrontement, survenu en milieu de semaine dans une zone comprise entre Ménaka et Ansongo, s’est conclu sur une cuisante et nette défaite du MNLA qui compterait dans ses rangs des dizaines de morts et de prisonniers ainsi que des blessés de luxe dont un ancien colonel libyen.

Le Mouvement sécessionniste n’entend point s’y résigner et annonce une contre-offensive de grande envergure dans les jours à venir, en comptant notamment sur le concours de son nouvel allié de sang, Ansar Dine, apparemment désireux à son tour d’apporter des preuves concrètes d’un engagement à se déconnecter des milieux djihadistes.

Mais quel besoin y a-t-il à s’inscrire dans une dynamique de négociation avec le duo Ansar Dine-MNLA ? La question prend de l’ampleur et se répand au point d’être l’objet de tant de discussions dans l’opinion, avec une tendance nettement favorable à l’option d’une guerre totale contre les combattants.

Les autorités de la transition, à en juger par la sortie du Premier Ministre dans les médias internationaux, hier dimanche, viennent de trancher en optant tacitement pour le dialogue avec les deux entités concernées. Il s’agit d’un choix manifestement discutable, et pour cause. Il y a autant de raisons pour négocier qu’il n’en manque pas pour renoncer au dialogue.

L’un des facteurs militant en faveur de la première option est la détention entre les mains des envahisseurs d’une bonne demi-dizaine d’otages originaires du pays qui aura déployé tant d’efforts pour mettre sur orbite le mécanisme de recouvrement de notre intégrité territoriale. Si une négociation pourrait déboucher sur la libération des citoyens français, ce ne sera donc que la juste récompense de l’accompagnement désintéressé de l’Elysée sous l’égide de François Hollande. L’autre raison de négocier est beaucoup plus rationnelle et a trait non seulement au rôle que le duo MNLA-Ansar Dine est susceptible de jouer auprès des forces internationales mais également à la nécessité de récupérer le puissant arsenal d’armements abandonnées par l’armée malienne dans sa débandade. Un arsenal assez important pour que leur libre circulation sème les germes d’une autre menace tout aussi redoutable à la stabilité de la zone même après sa reconquête.

La gestion de l’après-reconquête fait justement partie des facteurs qui comptent dans le choix de ne pas négociation avec le duo Ansar Dine-MNLA. Et pour cause : une option militaire recèle l’avantage d’anticiper l’apaisement des desideratas liés aux circonstances d’invasion des principales villes songhaï, tandis qu’une négociation permettant à leur agresseurs de s’en sortir à bon compte pourrait inciter leurs victimes sédentaires à se faire justice des cas de viols et de pillages imputables. Pour des communautés condamnées à cohabiter sur le même espace géographique, on peut facilement se faire une idée des difficultés à cicatriser les plaies historiques du genre.

Par ailleurs, il y a aussi le fait qu’une négociation pourrait être comprise comme une simple brèche ouverte aux alliés islamistes, en l’occurrence le MUJAO et AQMI, deux vases communicants d’Ansar Dine dont les éléments ne se distinguent du reste par aucune marque d’appartenance à une quelconque entité. Cette probabilité repose sur la solidité des rapports entre Iyad et les djihadistes et fait partie des données pour lesquelles nombre d’observateurs accueillent la main-tendue du chef d’Ansar Dine avec méfiance en la considérant comme une diversion de plus.

Au regard de tous ces paramètres, des enseignements tirés de velléités précédentes ainsi que de la fragilité des accords avec les même acteurs, une négociation parait inopportune pour beaucoup d’observateurs du reste persuadés que le couple MNLA-Ansar Dine ne constitue qu’une minorité de la minorité dont les comportements déviationnistes déteignent sur l’ensemble et la façon dont il est perçu dans la société malienne.


A.Keïta

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