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Le Canard Déchaîné N° 578 du

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Editorial Le double langage du Premier ministre
Publié le mercredi 21 novembre 2012  |  Le Canard Déchaîné




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Du Maroc où, il participait au Forum International Afrique Développement, le Premier ministre Cheick Modibo Diarra avait posé deux conditions pour ouvrir le dialogue avec le MNLA et Ansar Dine. Première condition : « la charia, a t –il, dit ne sera appliquée sur un millimètre carré du territoire national ». Seconde condition : « Il n’y aura ni indépendance, ni autodétermination de qui que ce soit sur un millimètre carré du territoire national ». Et le che du gouvernement de transition de conclure : « Si le MNLA et Ansar Dine sont d’accord avec ces deux conditions, tout le reste est négociable ».

Cette déclaration du Premier ministre a été saluée par l’ensemble du peuple malien. Elle traduit leur opinion, face à ces deux groupes armés qui, à s’y méprendre, se ressemblent comme deux goûttes d’eau.

Déjà chancelante, au sein de l’opinion publique, la côte de popularité de Cheick Modibo Diarra a, à peine, commencé à remonter la pente qu’une autre déclaration, faite depuis Ouaga dimanche dernier, vient contredire celle faite au Maroc.

A l’issue de son audience avec Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAOdans la crise malienne, Cheick Modibo Diarra n’a plus posé de conditions au dialogue avec le MNLA et Ansar Dine. Bien au contraire. A la surprise générale, il trouve même que « dialogue avec le MNLA et Ansar Dine est inévitable ».

Au sein de l’opinion nationale, c’est la consternation. Partout, une seule question sur toutes les lèvres : le Premier ministre a t –il subi des pressions à Ouaga ? En d’autres termes, pourquoi ce revirement à 190°, en moins de 48 heures ?

Surtout, dans ce contexte marqué d’une part, par l’imminence d’une intervention militaire internationale. Et, d’autre part, par deux nouvelles donnes.

Le MNLA est, désormais, aout. Et ses tentatives désespérées de reprendre pied au nord se sont soldées par un échec retentissant. Du moins, face aux combattants du MUJAO, décidés à les poursuivre jusque dans leurs chiottes.

S’agissant d’Ansar Dine, il n’a fait aucune concession, à l’issue de ses discussions avec Blaise Compaoré. Car, renoncer à appliquer la charia à tout le Mali, sauf à Kidal son fief, ne veut rien dire. Contrôle t –il, aujourd’hui, tout le territoire malien ?

Face à ces deux réalités, le Premier ministre devrait maintenir sa déclaration de « Casa ». Mais hélas ! Contre toute attente, il vient de brûler ses ailes à la flamme de deux langages.

Oumar Babi

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