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Gestion du foncier au Mali : Une bombe à retardement !
Publié le lundi 27 avril 2015  |  L’Inter de Bamako




Il n’est plus un secret pour personne que la terre constitue une source d’enrichissement illicite pour des agents véreux de l’Etat qui ne jurent que par la délinquance foncière.
Ainsi, une seule phrase circule à toutes les lèvres au Mali : ils ont vendu toutes les terres, jusqu’aux points verts des villes et des terrains de distractions pour la jeunesse. Cette triste réalité est connue de tous et donc avant tout des autorités de la République du Mali.

L’on se rappelle à cet effet que lorsque Alpha Oumar Konaré s’installait dans son fauteuil de président pour son deuxième et dernier mandat et sans vouloir pointer le moindre doigt accusateur sur des maires encore moins en convoquer devant les tribunaux, il a osé dire à la face des Maliens qu’il ne voulait plus que les maires usent des terres de l’Etat comme moyens d’enrichissement illicite. C’est dire qu’il était informé de la vente illicite des parcelles à usage d’habitation dans nos villes.

On peut simplement constater qu’avec Amadou Toumani Touré, les transactions foncières avaient de plus en plus pris l’allure d’une véritable mafia organisée où les délinquants s’en frottaient toujours les mains aux dépens des Maliennes et des Maliens qui n’ont point de bouche et qui assistent impuissants au détournement de lots à usage d’habitation acquis au cours de longues et périlleuses années de transpiration.

Tous les jours, ce sont de pauvres citoyens en larmes qui s’expriment sur des antennes de radios privées pour exprimer leur détresse réelle et leur impuissance totale face à des maires sans foi ni loi qui attribuent sans vergogne les parcelles des paisibles Maliens qui n’ont commis qu’une seule faute : celle de naitre pauvres et de parents misérables.

Partout, les citoyens se plaignent des maires qui ne jurent que par l’expropriation sans appel de ces Maliens contrains de s’en remettre au bon Dieu. Il n’y a qu’une seule façon de comprendre cet affreux comportement dans notre pays : l’Etat est entièrement et totalement responsable de ces malversations foncières devenues des sources d’enrichissement illicite.

Pire que tout cela, à regarder dans les faubourgs de notre capitale, ce sont chaque jour que Dieu fait, des maisons à étages et de somptueuses villas qui poussent de terre comme des champignons. Acculés dans leur dernier retranchement par la misère humiliante, les populations paysannes des alentours de Bamako se voient contraints de vendre leurs lopins de terre pour des miettes. Ces paysans complètement démunis et dépossédés de leurs champs n’ont plus qu’un seul choix : végéter dans les rues dans les marchés à la recherche de la maigre pitance avec toute l’angoisse du lendemain.

Aujourd’hui, Bamako et Kati ne font plus qu’une seule agglomération : dans les ravins au flanc et sur les cimes des collines rocailleuses, l’on ne perçoit que des maisons en chantier. Il est désormais rare de trouver à Bamako et environs la moindre parcelle non transformée en titre foncier. Tout le long des routes reliant Bamako à Sikasso, Bamako à Ségou et Bamako à Kayes, il n’y a que des bornes tracées par des géomètres et sur ordre des maires qui nourrissent leur famille des terres de l’Etat malien sans s’inquiéter outre mesure.

Mais il ne peut en être autrement quand on sait qu’en République du Mali démocratique, la gabegie, la corruption, le népotisme, la vente illicite des biens publics sont érigés en mode de vie et de gestion des affaires. Il apparait de plus en plus clairement au Mali que cet accaparement illite des terres par agents sans scrupule de l’Etat constitue une véritable bombe à retardement.

En d’autre terme, les attributions illicites et irresponsables des parcelles à usage d’habitation et des champs des paysans constituent indubitablement une des conditions objectives de la prochaine révolution populaire. Il faut le dire, l’Etat pousse les citoyens jusque dans leur dernier retranchement. Cela nous conduit à dire que «la chèvre acculée peut bien mordre». Quand bien même cela ne relève pas de ses habitudes.

La dégradation chaque jour, plus profonde des conditions de vie des citoyens les conduit à l’accumulation progressive des conditions subjectives de la révolution populaire. C’est l’occasion de rappeler que la misère humiliante des masses populaires prépare inéluctablement le terrain aux révolutions populaires, n’en déplaise aux vautours galeux de la République.

Aussi et enfin, les terre cultivables de l’office du Niger appartiennent dans l’essentiel des cas à des bureaucrates et hauts fonctionnaires de l’Etat. Cette injustice flagrante est un moyen de déposséder les paysans de la terre. La suite on la connait : après les récoltes, ces hauts commis de l’Etat, garnissent leurs greniers avant d’exporter le reste de leurs produits dans les pays voisins par les soins de la bourgeoisie compradore aux dépens des consommateurs nationaux.

A ce titre, force est de constater que l’Etat malien est devenu un moyen adéquat d’enrichissement frauduleux, la vache laitière pour les nantis aux dépens des masses laborieuses de notre pays.

On dit que le Mali est un pays à vocation agro-pastorale. Avec les transactions illicites des terres, il n’est pas incongru de se demander où les paysans vont-ils finalement cultiver pour se nourrie et nourrir nos populations ? Où faire paître nos animaux si tout devenait des chantiers de construction ? En tout cas, les élus locaux ont pratiquement vendu toutes les terres. Que dire donc de ce pronostic des experts en développement selon lequel l’avenir appartient à ceux qui ont beaucoup de terres à leur compte ?

En tout compte fait, il est temps et alors grand temps que les délinquants fonciers rendent compte à notre peuple.

Fodé KEITA
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