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IBK lors de la cérémonie de Remise des rapports 2013 et 2014 par le BVG : « La mission du Végal n’est pas la chasse à la délinquance financière »
Publié le mercredi 6 mai 2015  |  L’Indépendant
Remise
© aBamako.com par A S
Remise du rapport 2013-2014 du Vérificateur Général au Président de la république
Bamako, le 4 Mai 2015, le Vérificateur Général a remis son rapport 2013-2014 au Président de la République SEM Ibrahim Boubacar Keita




Après plusieurs reports pour raison d’agenda du chef de l’Etat, la cérémonie de remise des rapports annuels exercices 2013 et 2014 du Bureau du Vérificateur général (BVG) s’est déroulée, lundi 4 mai 2015, au palais de Koulouba. Et, comme refroidi dans ses ardeurs à lutter efficacement contre la corruption, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita a, au cours de cette rencontre, déclaré que le Vérificateur général n’est pas le père fouettard. » Sa mission n’est pas la chasse à la délinquance financière… « . Tenus par IBK, apparu comme le champion de la bonne gouvernance qui avait promis, lors son investiture en septembre 2013, l’enfer aux prévaricateurs des deniers publics, ces propos sontpour le moins surprenants.

Le chef de l’Etat a-t-il abdiqué dans sa volonté de freiner le fléau de la corruption qui annihile les efforts de développement du pays ? IBK a-t-il démissionné dans son ambition de sévir contre les indélicatesses financières qui plombent la gestion des ressources publiques ? L’on est tenté de répondre par l’affirmative à ces questions. Le discours qu’IBK a tenu, le lundi dernier à Koulouba, lors de la cérémonie de remise des rapports 2013 et 2014 du Bureau du Vérificateur général, incite à cette lecture de la situation.

En effet, dans son intervention, le locataire du palais de Koulouba, comme un aveu d’impuissance, a exprimé son incompréhension face à la montée de la corruption dans le pays. IBK est apparu comme un dirigeant dépassé par l’ampleur du phénomène- ou plutôt du fléau- et qui tend vers la résignation. « Il y a des aspects scandaleux dans la gestion des affaires publiques au Mali « , a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’il faut sanctionner.

Or, la sanction fait partie simplement d’une volonté politique. Et celle-ci doit clairement émaner des plus hautes autorités du pays. Quelle sincérité ont les propos du premier dirigeant du pays qui estime « qu’il faut sanctionner « au moment où de présumés coupables dans certains dossiers sulfureux sont promus ou simplement mutés ? Lequel des ministres dont les noms ont été abondamment cités dans la scabreuse affaire de l’avion présidentiel a, à ce jour, rendu gorge ? Lequel de ces présumés responsables mouillés dans l’affaire de l’achat des équipements militaires a subi les foudres de la justice? On a beau gloser sur l’indépendance de la justice, nul n’ignore que le chef de l’Etat est le président du Conseil supérieur de la magistrature ; que son ministre de la Justice possède une influence réelle sur le fonctionnement de la machine judiciaire. Malgré le principe de la séparation des pouvoirs, que peuvent de vaillantss magistrats si les plus hautes autorités s’évertuent à couvrir d’éventuels prévaricateurs des deniers publics ? Rien !

Pour le président de la République, il faut un changement de comportement de tous. Et de souligner, comme pour hélas refroidir les ardeurs du BVG, que « la mission du Vérificateur général n’est pas la chasse à la délinquance financière. Le Vérificateur général n’est pas le père fouettard, mais il doit agir dans le sens de la responsabilité « . Un discours qui doit réjouir les cadres que le Végal Amadou Ousmane Touré et son équipe empêchent de dormir après qu’ils eurent détourné ou dissipé l’argent du pauvre contribuable.

Ainsi, IBK s’est contenté de dire que la corruption a pris une telle proportion qu’il faut que les Maliens se conscientisent face à la situation actuelle où « le vol devient un signe de bravoure, d’efficacité’’. « Cet incivisme concerne tous les domaines. Toute chose qui était contraire à nos valeurs anciennes « , constate simplement IBK. Avant de critiquer les cadres de l’Etat qui n’hésitent pas à emporter les biens de l’Etat après leur perte de fonctions.

Rappelons que la présidence de la République a, depuis longtemps, fait état de l’engorgement de l’agenda du chef de l’Etat pour ne pas réceptionner à temps le rapport 2013 du BVG. Ce qui a poussé à coupler la remise des deux rapports cette année. Et laisse perplexe sur la détermination du pouvoir à sévir contre les corrompus et les détourneurs des fonds publics.

Bruno D SEGBEDJI





Rapports 2013 et 2014 du BVG : 153 milliards F CFA de manque à gagner à l’Etat malien

Pour le Vérificateur général Amadou Ousmane Touré, les vérifications menées durant l’année 2013 ont permis de révéler un préjudice financier à l’Etat de l’ordre de 80,21 milliards de nos francs, dont 12,28 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion.

Pour l’année 2014, ce sont 72,97 milliards F CFA qui sont compromis. Sur ce montant, 33,95 milliards F CFA relèvent sur la fraude et 39,02 milliards de la mauvaise gestion. Ce qui fait un manque à gagner total de 153 milliards F CFA pour l’Etat malien en seulement deux petites années.

Pour le Végal, ces situations concernent, pour certains cas, des montants » irrécouvrables « . Sans compter qu’il existe de nombreux cas de corruption, de détournements de fonds publics que les radars des structures de contrôle et de vérification n’ont pas détectés.
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